19 mai 2011

Attractivité fiscale : la France toujours à la traîne
Selon l’enquête européenne sur la fiscalité des entreprises réalisée par Ipsos pour la CCIP et pour l’Observatoire européen de la fiscalité des entreprises (OEFE), la France, qui reste en queue de classement, est toujours considérée par les 700 chefs d’entreprise interrogés comme le pays le moins attractif fiscalement, indique LA TRIBUNE (pages 2-3). L’Hexagone occupe la 10ème place sur la liste des 10 pays interrogés.
En tête de ce classement, la Pologne, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont toujours les plus compétitifs aux yeux des entrepreneurs européens, alors que la Belgique, l’Italie et la France ferment la marche. A noter toutefois que si à la fin 2010, 48 % des chefs d’entreprise interrogés considéraient le niveau de prélèvements obligatoires « très élevé » en France, ils étaient 59 % fin 2009. Le problème c’est que dans toute l’Europe, les Etats sont aussi engagés dans une course à la baisse des impôts. Résultat, les réformes de la taxe professionnelle et du crédit d’impôt recherche ne compensent le poids des charges sociales. « Ces réformes sont significatives mais portent sur des montants marginaux par rapport à la masse des prélèvements obligatoires, lesquels pâtissent de l’inertie des charges sociales », analyse Mirko Hayat, secrétaire général de l’OEFE. « Sur 888 milliards de PO en France, la moitié est composée de charges sociales. Si vous prenez le Danemark, où le poids des prélèvements est supérieur à la France, tout est financé par l’impôt sur le revenu et la TVA ». Or, la question des charges sociales est le premier aspect que regardent les patrons français au moment de s’implanter à l’étranger et c’est le troisième pour l’ensemble des chefs d’entreprise européens.
« Les cotisations salariales et patronales françaises sont parmi les plus élevées au monde », indique Franck Van Hassel, avocat associé Ernst & Young, interrogé dans le cadre de ce dossier. Au total, « d’après une étude que nous avons récemment réalisée sur l’impôt sur le revenu et les charges sociales au sein de 13 Etats, il ressort que, parmi ces pays, la France supporte le poids le plus élevé de prélèvements fiscaux et sociaux », précise Franck Van Hassel. Pour lui, « c’est un frein à la compétitivité des entrepreneurs français qui doivent ensuite compenser ce handicap par plus d’innovation et de dynamisme. Par conséquent, ils sont souvent amenés à développer de nouvelles activités plutôt à l’étranger ».
LA TRIBUNE cite également les propos tenus par Laurence Parisot. « Les prélèvements obligatoires sur les entreprises françaises sont les plus élevées au monde », a déclaré le 6 décembre 2007 la présidente du Mouvement des Entreprises de France.

L’UIMM tient aujourd’hui sa convention annuelle
L’UIMM tient aujourd’hui sa convention annuelle sur le thème de la compétitivité. LES ECHOS page 4.


Les créations d’entreprises en recul
Les créations d’entreprises ont reculé en avril de 18,3 % sur un mois et de 7,7 % sur un an, indique l’Insee. « Malgré cette baisse, 43 000 entreprises ont été créées en avril. C’est encore deux fois plus qu’avant 2009 et la loi de modernisation des entreprises », qui a créé le statut d’autroentrepreneur, souligne le cabinet de Frédéric Lefebvre.

Le fléchissement par rapport à l’an dernier, année record avec 622 000 créations d’entreprises, pourrait s’expliquer par une baisse des entrées dans le régime d’autoentreprise. Le redémarrage des créations d’emplois salariés (+ 59 000 au premier trimestre) pourrait être un autre facteur d’explication de la baisse des créations d’entreprises. Selon une étude de l’APCE (Agence pour la création d’entreprise), 40 % des créateurs d’entreprises sont des chômeurs. LES ECHOS page 3, LE FIGARO page 21.


Restructuration de la dette grecque : l’Europe divisée
Alors que Jean-Claude Juncker, qui préside l’Eurogroupe, est partisan d’une « restructuration en douceur » de la dette grecque, l’Allemagne, la France et la BCE soutiennent une ligne plus dure. Le seul point qui fait consensus en Europe est d’accroître la pression sur la Grèce pour qu’elle accélère la mise en œuvre de son plan de privatisation. Poul Thomsen, le chef de la mission actuelle du FMI en Grèce, a surenchéri hier en estimant que, sans une accélération « significative » des réformes structurelles, le programme de redressement financier du pays risquait de « dérailler ». Il a dénoncé en particulier les agences publiques « au personnel pléthorique et trop payé ». LES ECHOS page 7.


Retraite, vacances : Angela Merkel critique le dispositif « trop généreux » des pays d’Europe du Sud
« Il faudrait que dans les pays comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal, on ne parte pas à la retraite plus tôt qu’en Allemagne, que tous fassent un peu les mêmes efforts, c’est important », a déclaré la chancelière allemande mardi soir au cours d’une manifestation de son parti, la CDU. « Nous ne pouvons pas avoir une monnaie commune et certains avoir beaucoup de vacances et d’autres très peu, à la longue cela ne va pas. Nous ne pouvons pas simplement être solidaires et dire que ces pays peuvent continuer comme si de rien n’était. Oui, l’Allemagne aide. Mais elle n’aide que si les autres font aussi des efforts palpables », a-t-elle ajouté. Outre-Rhin, la durée légale des congés annuels est fixée à un minimum de 20 jours. L’âge de la retraite a été porté à 67 ans.
Les pays concernés ont fait part de leur colère à Berlin. En Allemagne, le patron du parti social-démocrate (SPD), Sigmar Gabriel, a accusé Angela Merkel « d’attiser le sentiment antieuropéen ». LES ECHOS page 22.


Luc Ferry dans LE FIGARO : « trois axes pour une campagne »
Dans sa chronique hebdomadaire publiée par LE FIGARO (page 17), l’ancien ministre détaille les « trois axes fédérateurs » qui, selon lui, « permettraient de donner cohérence à un grand projet ».
Tout d’abord, « il est urgent d’expliquer aux Français ce qu’est véritablement la mondialisation, de leur faire enfin comprendre que l’entrée de l’Inde et de la Chine dans la compétition mondiale bouleverse la donne de fond en comble pour nos entreprises comme pour nos systèmes de protection sociale », juge Luc Ferry. Et « il est temps que les électeurs perçoivent clairement que ce n’est pas un problème droite/gauche ».
Deuxième axe : « il est crucial de s’attaquer intelligemment, là aussi sans démagogie, aux inégalités », poursuit Luc Ferry. En ce sens, « la prime de 1 000 euros est une mauvaise réponse, mal préparée, à une vraie question : celle de l’intéressement et de la participation », affirme l’ancien ministre. « C’est un sujet technique, extraordinairement complexe, sur lequel il faut travailler en profondeur pour construire avec des experts sérieux, non pas un gadget électoral qui réconcilie contre lui le MEDEF et la CFDT, mais une véritable troisième voie qui structure la politique en matière d’égalité pour les décennies qui viennent ».
Enfin, « il faut mettre en place une authentique politique de la jeunesse », souligne Luc Ferry. Pour la première fois en Europe, note-t-il, « la situation des jeunes régresse : il faut en prendre acte et faire des propositions aux familles qui commencent par être saisies par une réelle inquiétude ».