Les chiffrages du COR montrent que des mesures d’âge et de durée de cotisation sont absolument nécessaires

Sur la base des neuf scénarii étudiés et afin de garantir la viabilité de notre système par répartition, il apparaît que le relèvement de la borne d’âge de 60 ans aurait un impact fort, y compris à court terme, tandis que l’allongement de la durée de cotisation produirait des effets significatifs seulement à partir de 2030. L’allongement de la durée de cotisation ne jouerait pas pour les générations, qui partiront à la retraite dans les 15 prochaines années.

Le système de retraite français permet de combiner à la fois un critère d’âge avec un critère de durée de cotisation. Faire évoluer l’un plutôt que l’autre ne nous permettrait pas de tenir compte pleinement des gains d’espérance de vie. En revanche, la combinaison des deux mesures permettrait un traitement équitable, sans  privilégier une génération ni même une catégorie de la population. En effet, en termes d’équité, l’allongement de durée de cotisation seule pénaliserait particulièrement ceux qui ont des carrières heurtées (par exemple les femmes qui connaissent des interruptions de carrière liées à l’éducation des enfants) et ceux qui ont fait des études longues ainsi que ceux qui ont eu du mal à s’insérer sur le marché du travail. Alors que le relèvement de l’âge serait plus particulièrement défavorable pour ceux qui ont commencé à travailler tôt.

Les scénarii les plus volontaristes permettraient de couvrir jusqu’à 70 % des besoins de financement de la Cnav à l’horizon 2030 et jusqu’à 60 % à l’horizon 2050. Ils correspondent à un relèvement progressif des bornes d’âge de la retraite de 60 et 65 ans à, respectivement, 65 et 70 ans à l’horizon 2035, à raison d’un trimestre par an.

Ces scénarii indiquent clairement qu’il convient de trouver des sources de financement supplémentaires. Mais tout financement qui se traduirait par une augmentation des prélèvements obligatoires mettrait à mal la croissance potentielle de la France, sa compétitivité et donc le financement de son système de protection sociale.

Pour Laurence Parisot, Présidente du Medef, « de la réforme des retraites dépend largement l’avenir économique de notre pays. Les données sont mathématiques. Ne nous enfermons pas dans une approche symbolique et continuons à rechercher le consensus de toutes les parties prenantes ».

Par-delà le débat sur la combinaison des paramètres permettant de sauvegarder notre système par répartition auquel nous sommes collectivement attachés, il conviendrait d’examiner les différentes pistes de développement des systèmes par capitalisation, en complément de la répartition, afin de préserver le niveau de vie à la retraite des jeunes générations comme l’ont fait la Suède avec une part de capitalisation obligatoire ou l’Allemagne en démocratisant l’accès à la capitalisation. Le Medef fera des propositions concrètes sur le sujet dans les semaines à venir.

Pour Jean-François Pilliard, Président de la commission Protection sociale du Medef, « la solution doit venir d’une combinaison d’actions pour sauvegarder notre système par répartition ».