3 octobre 2011

Jacques de Larosière : « l’effondrement de la valeur boursière des banques défie la raison »
Dans une interview aux ECHOS (page 14), l’ancien gouverneur de la Banque de France affirme avoir « analysé en détail le bilan des banques européennes ». Et sa « conclusion est claire : la plupart d’entre elles n’ont pas de problèmes de fonds propres ». Selon les chiffres de l’Institut de finance internationale, l’exposition des banques françaises à l’ensemble des dettes souveraines « s’élève à 3 000 milliards d’euros environ, ce qui représente un peu moins de 8 % de leurs actifs », précise Jacques de Larosière. Selon lui, si l’ensemble des titres de dettes souveraines détenus par les banques était comptabilisé à la valeur de marché actuelle, l’impact sur le ratio de solvabilité « dur » (fonds propres par rapport aux prêts) serait de 1 point. Jacques de Larosière estime que cette perte « serait rattrapable en moins d’une année de bénéfices de ces banques ». En conséquence, « l’effondrement de leur valeur boursière défie manifestement la raison ».
En outre, fait observer Jacques de Larosière, la situation des banques européennes n’est pas spécialement plus mauvaise que celle de leurs homologues américaines, dont l’exposition à la dette souveraine est moindre, mais qui sont beaucoup plus engagées dans les prêts hypothécaires, un marché en crise outre-Atlantique.


Salaires : le budget de nouveau revu à la baisse
Selon une étude du cabinet Mercer, menée avant l’été puis à la rentrée, la crise estivale de marché inciterait les entreprises à revoir leurs prévisions de hausse des salaires en 2012, qui repasserait en moyenne de 3 % à environ 2,5 %. « Il y a un regain de prudence mais pas de signe de panique », affirme le cabinet. Selon son enquête, seules 2 % des entreprises envisageraient de geler le salaire de tout ou partie de leurs employés en 2012.
Dans ce contexte, juge Mercer, les entreprises devront aussi s’adapter aux nouvelles incertitudes économiques en « développant une approche plus globale de la rémunération dans les négociations annuelles obligatoires ». En développant notamment la participation et l’intéressement. LES ECHOS page 5.


Eric Besson lance un label « Intelligence économique »
Le ministre de l’Industrie va mettre en place un label « Intelligence économique » à destination des pôles de compétitivité. Parmi les conditions pour l’obtenir, les entreprises doivent mettre en place des formations sur ce thème et renforcer leur système d’information. Parallèlement, Eric Besson va créer un marquage « confidentiel entreprise », censé protéger le « secret des affaires » et sanctionner les atteintes à celui-ci. Cette mesure fera l’objet d’un projet de loi. Objectif : « renforcer les chances de notre industrie dans la mondialisation » et faire de l’intelligence économique « un des leviers de notre reconquête industrielle », précise Eric Besson dans un communiqué. LA TRIBUNE page 6.
Interrogé dans ce cadre par le quotidien, Christian Harbulot, directeur de l’Ecole de guerre économique, prône davantage de lucidité sur les rapports de force qui régissent le monde. « L’entreprise a le plus grand mal à faire état des attaques dont elle peut être l’objet devant une juridiction (…) Nous sommes dans un pays où la prise en compte de l’agression subie par une entreprise n’est pas perçue comme un problème à régler », déplore le directeur de l’Ecole de guerre économique. « On ne sait pas juger l’espionnage industriel en France ! »
Les Américains veulent-ils la mort de l’euro ? Christian Harbulot indique faire partie des gens qui « s’interrogent sur la déstabilisation de l’euro ». Les Etats-Unis, estime-t-il, « ne peuvent pas se permettre de voir l’Europe prendre une importance économique plus forte que la leur. Ils n’arrivent pas à faire face à la Chine et ne veulent pas se battre sur deux fronts ». Quant à la Chine, elle « représente pour nous un marché de consommateurs énorme et une capacité d’exportation phénoménale ». Mais cette vision « est complètement erronée. La Chine ne fonctionne pas comme nous », affirme le directeur de l’Ecole de guerre économique. « Elle a compris que c’est par l’économie qu’il fallait rentrer dans le jeu des puissances. Pour cela elle ne respecte en rien les lois du marché telles que nous les connaissons. Son objectif n’est pas d’améliorer le niveau de vie de sa population, c’est d’avoir une place déterminante sur l’échiquier mondial (…) et que les autres pays deviennent dépendants de sa production ». C’est pourquoi « il n’y aura aucun cadeau à attendre des Chinois ».


« Sauver l’Italie du déclin » : le manifeste des patrons italiens
Diego Della Valle, le patron de Tod’s, a publié samedi une lettre ouverte dans les grands quotidiens italiens pour dénoncer « le spectacle indécent, irresponsable et intolérable » de la classe politique. « Votre comportement, attentif aux seuls intérêts personnels, nous conduit au désastre et porte irrémédiablement dommage à la réputation de l’Italie », s’insurge Diego Della Valle. La veille, les organisations patronales avaient, de leur côté, décidé de faire bloc. Très préoccupées par la menace d’une nouvelle récession, la Confindustria (Confederazione Generale dell’Industria Italiana) et Rete Imprese Italia ont rendu public un « manifeste pour la croissance » destiné à « sauver l’Italie du déclin ». « Le temps presse et impose des décisions immédiates et courageuses », écrivent les organisations patronales.
Les chefs d’entreprise demandent une réforme immédiate des retraites, jugeant indispensable de porter à 65 ans l’âge légal de départ des femmes dans le privé dès 2012. Ils se déclarent également en faveur d’un impôt sur le patrimoine à taux « restreint » et préconisent de nouvelles exonérations de taxe professionnelle ainsi que la baisse de l’impôt sur le revenu pour les plus défavorisés. Enfin, le patronat suggère de plafonner à 500 euros les transactions en espèces. LES ECHOS page 8, LE FIGARO page 23.