Laurence Parisot sur FRANCE 5 Invitée samedi sur FRANCE 5, la présidente du Mouvement des Entreprises de France a évoqué la proposition de François Fillon de repousser à terme, comme en Allemagne, l’âge de départ à la retraite à 67 ans.
Pour Laurence Parisot, il est indispensable que « la France et l’Allemagne aient une approche économique et sociale de plus en plus similaire, pas forcément identique mais similaire et ce que veut dire le mot ‘convergence’, c’est réduire les divergences ». Certes, « cela ne veut pas dire que l’âge doit être exactement le même » mais « il est évident que l’on doit de part et d’autre du Rhin tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie, de l’évolution démographique (…) et il est fort possible qu’en France on ne pourra pas s’arrêter à 62 ans ».
Alors que l’Unedic prévoit une dégradation du marché du travail, Laurence Parisot appelle « tous les chefs d’entreprise à essayer de garder leurs projets, de garder leur sang-froid face à la situation actuelle ». Si le MEDEF n’observe pas pour le moment un resserrement du crédit, « nous sommes très vigilants. Nous sommes inquiets pour nos TPE et nos PME même s’il n’y a pas de signes objectifs », indique sa présidente. Avant de mettre en garde contre des décisions prises en matière de régulation financière, notamment les règles de Bâle III qui sont « des règles très nocives pour le tissu des PME et TPE ».
Autre sujet d’actualité : la mise en place d’une taxation sur les transactions financières. « Personnellement, j’y suis assez favorable si on arrive à l’installer à l’échelle internationale, mondiale », affirme Laurence Parisot. En revanche, souligne-t-elle, « si on ne le faisait que dans une zone géographique restreinte (…) la crise financière dans cette zone géographique s’aggraverait immédiatement car les capitaux quitteraient rapidement cette zone ».
Auparavant, la présidente de l’Ifop a été interrogée sur son ouvrage « Le piège bleu Marine ». A cette occasion, Laurence Parisot a expliqué sa démarche : « si nous avons voulu publier ce livre maintenant c’est parce que nous ne sommes pas dans n’importe quelle période. On est non seulement à la veille d’une élection présidentielle mais aussi dans une période de très grande trouble, d’une crise économique très dure », une situation favorable au « populisme, nationalisme, à la recherche permanente de boucs-émissaires ». Bref, « tout ce que l’on a vu dans les années 30 ».
Michel Barnier : « ne pas tomber dans le catastrophisme » Dans une interview croisée, Michel Barnier et Jean-Pierre Jouyet donne à LA TRIBUNE (page 11) leur vision de la crise.
« Nous sommes confrontés à de grands problèmes de fond, mais aucun n’est insurmontable », affirme le commissaire européen au Marché intérieur. Toutefois, « il nous faut affirmer une détermination européenne. Les marchés nous testent sur notre capacité à parler d’une seule voix », estime-t-il en affirmant que « ce sont les déclarations erratiques qui entretiennent la crise ». S’agissant de la zone euro, « nous devons nous attaquer aux déséquilibres structurels, c’est-à-dire aux problèmes de positionnement concurrentiel de nos différentes économies ». Pour Michel Barnier, « c’est la première source de nos déficits et de nos dettes ». C’est pourquoi « nous devons créer (…) une union économique », « coordonner nos politiques budgétaires mais aussi mutualiser une plus grande partie de nos dépenses en dépensant mieux et plus collectivement ».
« Rien n’est insoluble, mais il faut aller vite », insiste pour sa part le président de l’AMF. « Nous avons le choix entre laisser la souveraineté aux marchés ou partager au niveau européen notre souveraineté ». En zone euro, « la priorité est à une action coordonnée sur les déséquilibres culturels, à une meilleure coordination en amont de nos politiques budgétaires », juge Jean-Pierre Jouyet. Quant à la BCE, elle doit « continuer d’alimenter en liquidités les marchés ». En résumé, « il faut un saut fédéral dans le domaine économique et financier qui soit fort ».
Interrogé sur le financement des PME, Michel Barnier rappelle que ce sujet est « la première mesure de l’Acte pour le marché unique » adoptée par la Commission en avril. Mais « nous travaillons aussi sur l’idée d’une Bourse européenne pour les PME ». Parallèlement, « nous devons faire mieux fonctionner le marché unique pour aller chercher les 3 ou 4 % de croissance qui s’y trouvent ». Enfin, il l’assure, « nous allons délivrer dans quelques mois le brevet européen, attendu depuis trente ans ». Rappelant que « l’activité, le maintien de l’emploi en Europe sont le fait de PME », le président de l’AMF plaide, lui, pour « un vrai régime européen spécifique aux PME ».
L’appel des économistes allemands et français pour sauver l’euro LES ECHOS (page 17) publie le « point de vue » de dix économistes français et allemands « pour sauver l’euro ».
Convaincus qu’ « un allègement significatif de la dette souveraine grecque est maintenant essentielle pour rétablir la situation financière », les économistes français et allemands estiment que « les détenteurs d’obligations doivent accepter une baisse d’environ moitié de leurs créances vis-à-vis de l’Etat grec ».
26 septembre 2011
Laurence Parisot sur FRANCE 5
Invitée samedi sur FRANCE 5, la présidente du Mouvement des Entreprises de France a évoqué la proposition de François Fillon de repousser à terme, comme en Allemagne, l’âge de départ à la retraite à 67 ans.
Pour Laurence Parisot, il est indispensable que « la France et l’Allemagne aient une approche économique et sociale de plus en plus similaire, pas forcément identique mais similaire et ce que veut dire le mot ‘convergence’, c’est réduire les divergences ». Certes, « cela ne veut pas dire que l’âge doit être exactement le même » mais « il est évident que l’on doit de part et d’autre du Rhin tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie, de l’évolution démographique (…) et il est fort possible qu’en France on ne pourra pas s’arrêter à 62 ans ».
Alors que l’Unedic prévoit une dégradation du marché du travail, Laurence Parisot appelle « tous les chefs d’entreprise à essayer de garder leurs projets, de garder leur sang-froid face à la situation actuelle ». Si le MEDEF n’observe pas pour le moment un resserrement du crédit, « nous sommes très vigilants. Nous sommes inquiets pour nos TPE et nos PME même s’il n’y a pas de signes objectifs », indique sa présidente. Avant de mettre en garde contre des décisions prises en matière de régulation financière, notamment les règles de Bâle III qui sont « des règles très nocives pour le tissu des PME et TPE ».
Autre sujet d’actualité : la mise en place d’une taxation sur les transactions financières. « Personnellement, j’y suis assez favorable si on arrive à l’installer à l’échelle internationale, mondiale », affirme Laurence Parisot. En revanche, souligne-t-elle, « si on ne le faisait que dans une zone géographique restreinte (…) la crise financière dans cette zone géographique s’aggraverait immédiatement car les capitaux quitteraient rapidement cette zone ».
Auparavant, la présidente de l’Ifop a été interrogée sur son ouvrage « Le piège bleu Marine ». A cette occasion, Laurence Parisot a expliqué sa démarche : « si nous avons voulu publier ce livre maintenant c’est parce que nous ne sommes pas dans n’importe quelle période. On est non seulement à la veille d’une élection présidentielle mais aussi dans une période de très grande trouble, d’une crise économique très dure », une situation favorable au « populisme, nationalisme, à la recherche permanente de boucs-émissaires ». Bref, « tout ce que l’on a vu dans les années 30 ».
Michel Barnier : « ne pas tomber dans le catastrophisme »
Dans une interview croisée, Michel Barnier et Jean-Pierre Jouyet donne à LA TRIBUNE (page 11) leur vision de la crise.
« Nous sommes confrontés à de grands problèmes de fond, mais aucun n’est insurmontable », affirme le commissaire européen au Marché intérieur. Toutefois, « il nous faut affirmer une détermination européenne. Les marchés nous testent sur notre capacité à parler d’une seule voix », estime-t-il en affirmant que « ce sont les déclarations erratiques qui entretiennent la crise ». S’agissant de la zone euro, « nous devons nous attaquer aux déséquilibres structurels, c’est-à-dire aux problèmes de positionnement concurrentiel de nos différentes économies ». Pour Michel Barnier, « c’est la première source de nos déficits et de nos dettes ». C’est pourquoi « nous devons créer (…) une union économique », « coordonner nos politiques budgétaires mais aussi mutualiser une plus grande partie de nos dépenses en dépensant mieux et plus collectivement ».
« Rien n’est insoluble, mais il faut aller vite », insiste pour sa part le président de l’AMF. « Nous avons le choix entre laisser la souveraineté aux marchés ou partager au niveau européen notre souveraineté ». En zone euro, « la priorité est à une action coordonnée sur les déséquilibres culturels, à une meilleure coordination en amont de nos politiques budgétaires », juge Jean-Pierre Jouyet. Quant à la BCE, elle doit « continuer d’alimenter en liquidités les marchés ». En résumé, « il faut un saut fédéral dans le domaine économique et financier qui soit fort ».
Interrogé sur le financement des PME, Michel Barnier rappelle que ce sujet est « la première mesure de l’Acte pour le marché unique » adoptée par la Commission en avril. Mais « nous travaillons aussi sur l’idée d’une Bourse européenne pour les PME ». Parallèlement, « nous devons faire mieux fonctionner le marché unique pour aller chercher les 3 ou 4 % de croissance qui s’y trouvent ». Enfin, il l’assure, « nous allons délivrer dans quelques mois le brevet européen, attendu depuis trente ans ». Rappelant que « l’activité, le maintien de l’emploi en Europe sont le fait de PME », le président de l’AMF plaide, lui, pour « un vrai régime européen spécifique aux PME ».
L’appel des économistes allemands et français pour sauver l’euro
LES ECHOS (page 17) publie le « point de vue » de dix économistes français et allemands « pour sauver l’euro ».
Convaincus qu’ « un allègement significatif de la dette souveraine grecque est maintenant essentielle pour rétablir la situation financière », les économistes français et allemands estiment que « les détenteurs d’obligations doivent accepter une baisse d’environ moitié de leurs créances vis-à-vis de l’Etat grec ».