Pour une bonne coordination internationale les acteurs du secteur privé doivent être en mesure d’exprimer leur opinion

Beaucoup d’ international à l’ordre du jour de la conférence de presse de juin. Notamment la préparation du B20 qui va se tenir à Cannes les 1er, 2 et 3 novembre prochains.

« Désormais, à chaque conférence de presse qui nous sépare de la date du B20, nous ferons un point de l’état d’avancement. De quoi s’agit-il ? Nous savons que, aujourd’hui, les enjeux sont tellement complexes sur le plan économique et financier que les décisions ne peuvent se prendre exclusivement entre chefs d’Etat. Et qu’en réalité, pour atteindre l’objectif que tout le monde souhaite d’une bonne coopération et d’une bonne coordination internationale, il est essentiel que les acteurs du secteur privé soient également en mesure d’exprimer leur opinion, leur diagnostic et leur recommandation. C’est dans cet esprit – permettez-moi de faire un tout petit peu d’histoire – qu’ en 2007 est né, c’était une première étape, le principe d’un B8. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’avant les réunions des chefs d’Etat du G8, les organisations représentatives des entreprises du secteur privé de ces 8 mêmes pays, se réunissent pour émettre un certain nombre de recommandations. Le B8 est né en Allemagne en 2007. Et puis, à l’initiative du Medef, quand les chefs d’Etat ont décidé de transformer la gouvernance mondiale avec l’instauration de réunions régulières du niveau 20, c’était au sommet de Pittsburg en 2009, nous avons, nous, Medef, proposé à nos homologues du B8 de transformer le B8 en B20. De cette proposition, qui a fait l’objet de beaucoup de débats entre les organisations patronales, plusieurs d’entre elles étaient assez réticentes, sont nées plusieurs tentatives d’organisation de B20.  A Londres, il y a eu une rencontre avec Gordon Brown quand le Sommet du G20 s’est tenu à Londres. Plus tard, à Toronto, il y a eu d’autres formats de rencontres et puis plus tard encore à Séoul, d’autres formats encore. J’en viens à notre actualité et à notre engagement, aujourd’hui le G20 est, comme vous le savez, sous présidence française, et c’est dans ce cadre que la présidence française du G20 a demandé au Medef d’organiser un B20. Nous avons bien sûr déjà entamé le travail. Nous sommes actuellement en train de travailler avec 20 organisations patronales représentatives des secteurs privés des 20 pays sur 11 thématiques, 8 étant rattachées à l’agenda officiel du G20, 3 ayant été ajoutées sur la proposition du Medef. Ces 11 thématiques concernent premièrement les politiques économiques qu’il convient de suivre, deuxièmement la régulation financière, troisièmement la réforme du système monétaire international, quatrièmement, l’accès aux matières premières, cinquièmement, les enjeux de développement, sixièmement, l’emploi et les questions sociales, septièmement, la lutte contre la corruption, huitièmement, le commerce et l’investissement, neuvièmement, l’innovation sous toutes ses formes, dixièmement, la gouvernance mondiale, et onzièmement, l’énergie, thème qui a été rajouté à la suite de la catastrophe de Fukushima.

Les experts des différentes organisations patronales ont finalisé récemment des synthèses sur ces différentes thématiques. Et en ce moment, sont en train de se constituer des groupes de travail associant à la fois les fédérations professionnelles et des chefs d’entreprises, d’entreprises emblématiques sur les différentes problématiques évoquées. Ceci permettra d’aboutir à des premiers jets de recommandations qui feront ensuite l’objet d’échanges en juillet à l’occasion de deux réunions, l’une qui se tiendra début juillet avec les sherpas des chefs d’Etat à Paris et l’autre qui se tiendra fin juillet avec les ministres de l’Economie et des Finances des pays du G20. Dans la préparation du B20, nous avons deux pôles : un pôle très économique, et c’est Frédéric Sanchez qui anime la réflexion économique du B20, et un pôle social que nous avons confié à Bernard Spitz. Frédéric Sanchez est président de la Commission Commerce International, Bernard Spitz est membre du Bureau du Medef et par ailleurs président de la Fédération des sociétés d’assurances. Car, si d’un côté, il y a toutes les problématiques économiques telles que je viens de les énumérer, il y a également un autre objectif que s’assigne  la présidence française du G20 et la présidence française du B20. Cet autre objectif serait, et ce serait une première, d’organiser une rencontre de haut niveau entre les représentants du B20, donc la communauté d’affaires internationale et une représentation syndicale internationale. L’enjeu est ambitieux et il serait notamment d’aboutir à une déclaration commune sur la responsabilité sociale internationale des entreprises. Vous voyez que nous avons avec ce projet B20 des objectifs de haut niveau, très difficiles à atteindre, je ne vous le cache pas, car il s’agit de mettre d’accord à la fois les représentants du secteur privé américain, japonais, européen, mais aussi des pays émergents et déjà très puissants économiquement comme l’Inde ou la Chine. Mais néanmoins, nous avons, nous ici au Medef aujourd’hui, décidé sans ambiguïté de nous engager totalement pour la réussite d’un tel projet. Nous pensons que c’est d’autant plus important que peut-être,  le G20 est l’amorce d’une véritable nouvelle gouvernance mondiale. Et si cela devait être le cas, si dans les années à venir ou peut-être dès le prochain G20 de Cannes il apparaissait clairement que le G20 est l’embryon d’une nouvelle gouvernance mondiale, eh bien, dès lors, il est très important que les intérêts des entreprises privées, dans le bon sens du terme, et les intérêts des salariés représentés par leurs organisations syndicales puissent avoir une voix claire dans cette nouvelle gouvernance mondiale. D’ailleurs, ces travaux se font en coordination avec l’OIT. Je terminerais sur cette question du B20 en précisant qu’il y aura dans le premier groupe de travail consacré aux politiques économiques, une orientation très claire, déjà choisie, déjà adoptée par les différentes organisations membres du B20, une orientation en faveur des petites et moyennes entreprises. Ce qui est tout-à-fait frappant, c’est qu’il y a unanimité,  – c’est peut-être le seul sujet sur lequel l’unanimité est aussi claire, aussi intense – de la part de toutes les organisations patronales du B20 pour dire que la création d’emplois dans les années à venir, dans tous nos pays, passera par les TPE et les PME. Que vous soyez représentant de l’US Chamber of Commerce de Washington ou bien de l’organisation patronale de New Delhi ou que vous soyez la présidente du Medef, c’est la même chose : l’avenir en matière de créations d’emplois passe par les TPE et les PME. »

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