MEDEF Actu-Eco de la semaine du 9 au 13 janvier 2012

FRANCE

- Chiffre d’affaires dans l’industrie manufacturière en octobre 2011 : niveau de l’été 2008 quasiment retrouvé

- Production industrielle en novembre 2011 : rebond inattendu

- Déficit commercial en novembre 2011 : une réduction qui ne modifie pas la tendance

- Prix à la consommation en décembre 2011 : nouvelle poussée de l’inflation

ZONE EURO

- Marché interbancaire de la zone euro début 2012 : toujours plus de défiance au vu des dépôts auprès de la BCE

INTERNATIONAL

- Marché de l’emploi aux Etats-Unis en décembre 2011 : +200 000 postes, progression plus forte que prévue

- Palmarès des 15 premières économies mondiales en 2010 : la France au 9ème rang derrière le Brésil

Le chiffre d’affaires des entreprises dans l’industrie manufacturière s’est accru de +1,2% entre septembre et octobre 2011 (+8,2% sur un an). A l’exportation, la hausse a été de +2,3%.

En moyenne mobile sur trois mois, le chiffre d’affaires des industriels a enregistré une hausse de +0,4% par rapport aux trois mois précédents (+0,1% concernant le chiffre d’affaires à l’exportation).

Ainsi, globalement,  le chiffre d’affaires dans l’industrie manufacturière a quasiment retrouvé son niveau de l’été 2008. A l’exportation, il lui est encore inférieur de 3,5%.


Contrairement à ce que l’on pouvait attendre au vu des dernières enquêtes de conjoncture, la production dans l’industrie manufacturière* s’est accrue de +1,3% en novembre 2011 (+0,2% en octobre). Cette hausse se retrouve dans l’ensemble des grands secteurs. Sur un an, elle a été de +2,2%.

*L’indice de production industrielle reflète l’évolution de l’activité industrielle en quantités produites et non en euros, comme c’est le cas pour la valeur ajoutée ou le chiffre d’affaires. On ne peut donc pas rapprocher l’évolution de l’indice de celle notamment du chiffre d’affaires dans l’industrie.

En moyenne mobile, l’effritement de la production manufacturière se poursuit. En effet, l’indice des trois derniers mois connus (septembre – octobre – novembre) s’inscrit en baisse de -0,7% par rapport à celui des trois mois précédents (+2,2% sur un an).

Cette baisse résulte notamment de la forte contraction dans la construction automobile (-6,1% sur les trois mois précédents, -3,8% sur un an), conséquence de plusieurs facteurs (notamment forte baisse des marchés d’Europe latine et politique du « zéro stock » en fin d’année). La production dans la « cokéfaction et raffinage » s’est accrue de +1,3% (+15,3% sur un an, la production d’octobre 2010 était très faible en raison des grèves), celle dans les équipements s’est légèrement réduite (-0,4% sur les trois mois précédents, +3,1% sur un an).

L’activité industrielle des trois derniers mois reste encore inférieure de 8% à son niveau de l’été 2008.


Le déficit commercial FAB-FAB s’est réduit de 1,2 milliard d’euros entre octobre
et novembre 2011
, passant de -5,6 à -4,4 milliards d’euros.  Cette baisse résulte du rebond des exportations (+3,3%) lié à celui des livraisons de matériels de transport (aéronautique notamment) mais aussi au redressement dans d’autres secteurs (biens intermédiaires, produits pharmaceutiques, équipements mécaniques, etc.). Dans le même temps, les  importations ont stagné (+0,1%).

Au-delà de cet aléa, en moyenne mobile sur trois mois, la progression de nos échanges s’est modérée, qu’il s’agisse des exportations (+2,3% par rapport aux trois mois précédents, après +5,1% en octobre) ou des importations (+1,4% après +2,8%).

En glissement sur douze mois, le déficit commercial FAB-FAB a dépassé 70
milliards d’euros en novembre 2011
, contre 50,3 milliards d’euros un an plus tôt. En données CAF-FAB*, le déficit est de 87,7 milliards d’euros, soit +21 milliards en un an, dont 9,5 milliards d’euros pour le seul déficit industriel (-36,5 milliards d’euros).

*Importations CAF (Coût, Assurance, Fret) : les importations en France sont valorisées avec les coûts d’acheminement (transport et assurance) jusqu’à la frontière française. C’est la définition retenue par les Douanes pour suivre le détail des importations au plan géographique et sectoriel.


L’indice des prix à la consommation s’est accru, entre novembre et décembre 2011, de +0,4% en données brutes, mais de +0,3% en données CVS, rythme déjà enregistré en octobre et en novembre. Sur un an, la hausse a été de +2,5%, comme en novembre.

Sur trois mois, en données CVS, la hausse des prix s’est accélérée : +3,8% l’an après +1,8% en septembre et +0,6% en juin. Il s’agit de sa plus forte hausse depuis le printemps 2008. Cette accélération provient notamment de celle des prix dans les services (+2,4% l’an), et des prix des produits alimentaires frais (+3,2% l’an). Les prix des produits énergétiques restent, quant à eux, en hausse de +16,2% l’an.

La hausse des prix hors tarifs publics, énergie et produits frais (inflation « sous-jacente ») s’accélère également (+3,2% l’an sur trois mois, après +1,8%).


Les dépôts des banques de la zone euro auprès de la Banque Centrale Européenne ont atteint, le 6 janvier 2012, un nouveau record (463 milliards d’euros) alors qu’ils étaient redevenus quasiment nuls au printemps 2011. Ils dépassent ainsi largement le pic de juin 2010.

Conséquence d’une crise qui n’en finit pas dans la zone euro, ceci est le signe :

  • d’une surliquidité du marché monétaire : l’eonia* (0,4%) se situe à un niveau inférieur à celui du taux d’appel d’offres de la BCE (1%) ;
  • mais d’une surliquidité qui peine à s’employer signe de la méfiance des banques de la zone euro entre elles : l’euribor** à trois mois reste proche des 1,3%, niveau supérieur à celui du taux d’appel d’offres.

*L’EONIA (Euro Overnight Index Average) : taux d’intérêt au jour le jour des échanges entre banques.
**L’EURIBOR (Euro Interbank Offered Rate) : taux de référence sur le marché interbancaire de la zone euro.

Par ailleurs, dans ce contexte de tension monétaire au sein de la zone euro et d’une crise persistante des dettes souveraines, le rendement des obligations d’Etat à 10 ans au sein de la zone euro demeure sous tension : à titre d’exemple, le taux italien reste proche des 7%, le spread entre le taux français (3,19% le 11 janvier 2012) et le taux allemand (1,82%) est de 137 points de base.


En décembre 2011, l’économie américaine a créé 200 000 postes dans le secteur
non agricole
, nombre deux fois plus élevé que celui de novembre. Ce dynamisme est le fait du seul secteur privé (+212 000 emplois entre novembre et décembre), puisque le secteur public en a supprimés 12 000. Sur un an, l’économie américaine aura ainsi créé 1,6 million d’emploi. Il reste que les effectifs à la fin 2011 sont encore inférieurs de 4,4% à leur niveau de janvier 2008.

Simultanément,  le taux de chômage  s’est réduit en décembre, pour le quatrième mois consécutif. A 8,5%, il est à son plus bas niveau depuis février 2009.

Cette tendance favorable de l’emploi confirme que l’embellie de l’économie américaine prend corps. Elle devrait se poursuivre, au moins à court terme, au vu des dernières enquêtes sur les perspectives des entreprises.


En retenant le Produit Intérieur Brut en dollars constants et parité de pouvoir d’achat, le classement des économies mondiales met en évidence des évolutions importantes entre 1990 et 2010, période qui a vu l’émergence, sur la scène économique mondiale, des « économies continents » (BRIC). Il ressort de la comparaison entre ces deux années que :

  • les Etats-Unis et le Japon sont restés dans le peloton de tête ;
  • la plupart des pays européens ont été déclassés, à l’exception du Royaume-Uni (7ème rang). Si l’Allemagne est passée de la 3ème à la 5ème place, la France* est passée de la 5ème à la 9ème ;
  • les BRIC sont montés en puissance : la Chine en 2ème position, l’Inde en 4ème et le Brésil à la 8ème, devançant ainsi la France.

*Plus précisément, la France s’est maintenue à la 5ème place entre 1990 et 2000. C’est à partir de 2000 qu’elle a perdu du terrain

En termes de niveau de vie (PIB par habitant), le classement n’a pratiquement pas changé au cours des vingt dernières années, même si les écarts se sont réduits entre économies développées et économies émergentes. Les BRIC figurent encore en queue de peloton.

L’évolution comparée du PIB par habitant entre 1990 et 2010 appelle trois remarques :

  • la croissance enregistrée dans les BRIC a été très forte mais inégale (multiplication par 6 en Chine, par 2,5 en Inde et 1,4 au Brésil) ;
  • parmi les pays européens du classement, c’est le Royaume-Uni qui a enregistré la plus forte progression ;
  • le PIB par habitant en France a progressé deux fois moins vite qu’en Allemagne entre 2000 et 2010, et ce, malgré une croissance du PIB total légèrement plus rapide, conséquence d’une démographie plus dynamique.


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