MEDEF Actu-Eco de la semaine du 8 août 2011

Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,

• en France :

1. Croissance du PIB au 2ème trimestre 2011 : stagnation par rapport au 1er trimestre, +1,6% sur un an
2. Production industrielle en juin 2011 : -1,9% dans le secteur manufacturier, -0,1% dans la construction
3. Emploi salarié marchand au 2ème trimestre 2011 : créations nettes dans tous les secteurs pour le 2ème trimestre consécutif
4. Commerce extérieur au 1er semestre 2011 : un déficit record de -46 milliards d’euros
5. Immatriculations de véhicules neufs en juillet 2011 : quasi-stabilité pour le 3ème mois consécutif
6. Prix à la consommation en juillet 2011 : baisse de -0,1% sur un mois, +2% sur un an

• A l’étranger :

7. Croissance américaine au 2ème trimestre 2011 : +0,3% et +1,6% sur un an
8. Taux sur les dettes souveraines durant la 1ère quinzaine d’août 2011 : repli à l’exception notable de la Grèce

Croissance du PIB au 2ème trimestre 2011 : stagnation par rapport au 1er trimestre, +1,6% sur un an

Les « Premiers résultats » que vient de publier l’INSEE sur les comptes du 2ème trimestre 2011 font état d’une stagnation du PIB (0%). Entre le 2ème trimestre 2010 et le 2ème trimestre 2011, il aura augmenté de 1,6%. Cette stagnation fait suite à une croissance anormalement forte au premier trimestre (+0,9%, soit +3,6% l’an), qui correspondait à un rattrapage après une fin d’année 2010 médiocre et a été la plus forte depuis le deuxième trimestre 2006. Par rapport au 4ème trimestre 2010, le PIB du deuxième trimestre s’inscrit en progression de 1,8% l’an, conforme à la croissance moyenne des 8 années précédant la crise.

* Cette stagnation de la croissance au 2ème trimestre 2011 appelle trois types de remarques :

- Evolution sectorielle contrastée :

.recul de la production dans l’industrie manufacturière (-0,6% après +2,9% au 1er trimestre), notable dans toutes les branches à l’exception des IAA ;

.décélération dans les services, notamment les services aux entreprises (+0,5% après +1,9%), et recul dans les transports ;

.accélération dans la construction (+0,5%, après +0,1% au premier trimestre et -0,9% au dernier trimestre 2010).

- Evolution également contrastée du côté de la demande :

.baisse de la consommation (-0,7% après +0,4%), imputable pour l’essentiel au recul des achats de produits manufacturés;

.légère décélération des investissements, dans les entreprises comme dans les administrations publiques;

.tassement des échanges extérieurs, avec une stabilisation des exportations en volume et une contraction des importations, toujours en volume.

Croissance du PIB au 2ème trimestre 2011

- Au total, contributions à la croissance nulle du deuxième trimestre 2011:
. demande intérieure hors stocks : -0,2
. variation des stocks : +0,0
. commerce extérieur : -0,3


Production industrielle en juin 2011 : -1,9% dans le secteur manufacturier, -0,1% dans la construction

* La baisse de la production manufacturière en juin 2011, annule la hausse enregistrée en mai : -1,9%, après +1,4%. En revanche, la production dans la construction est restée quasiment stable (-0,1%).

* L’activité manufacturière du deuxième trimestre 2011 s’inscrit en retrait sur son niveau du premier (-0,4%), interrompant ainsi le redressement des trimestres précédents. La production dans la construction, quant à elle, ne parvient toujours pas à décoller. Elle a baissé de -1,5% au 2ème trimestre 2011, après +5,9% au 1er trimestre 2011.

Sur un an, la production manufacturière s’est accrue de +3,8% au deuxième trimestre, notamment grâce au secteur des équipements et machines (+6,6%) qui représente 17% de la production manufacturière totale. Dans la construction, la production a été quasiment stable sur un an (+0,6%).

* Ce tassement de l’activité industrielle, qui explique pour une bonne part la stagnation du PIB au 2ème trimestre, devrait se poursuivre dans les prochains mois au vu des dernières enquêtes de conjoncture : effritement des carnets de commandes dans l’industrie manufacturière, tout en restant bien garnis ; carnets de commandes toujours inférieurs à la normale dans l’industrie du bâtiment.


Emploi salarié marchand au 2ème trimestre 2011 : créations nettes dans tous les secteurs pour le 2ème trimestre consécutif

 L’INSEE vient de publier une première estimation de l’emploi salarié dans le secteur marchand non agricole au 2ème trimestre 2011.

* Globalement, les créations d’emploi dans les entreprises ont continué d’accélérer: +68 300 postes (+0,4%) contre +58 200 au 1er trimestre et + 48 300 4ème trimestre 2010. Il s’agit de la plus forte hausse depuis le 1er trimestre 2007.

Sur un an, l’emploi a augmenté de +210 600, après +181 700 au 1er trimestre 2011, et + 141 300 au 4ème trimestre 2010.

* Tous les secteurs ont contribué à cette accélération des créations d’emploi au 2ème trimestre, malgré la stagnation du PIB :

- créations nettes de 49 700 postes dans le tertiaire marchand hors intérim (soit près de 75% des créations totales) après + 48 000 au 1er trimestre;

- créations nettes d’emploi dans l’industrie pour le 2ème trimestre consécutif (+6 600 postes après +1 300 au 1er trimestre 2011) ;

- créations nettes d’emploi dans la construction pour le 2ème trimestre consécutif (+4 500 postes après +3 000) ;

- poursuite de la modération du recours à l’intérim : +7 500 après +5 900 postes au 1er trimestre (+24 300 en moyenne par trimestre en 2010)


Commerce extérieur au 1er semestre 2011 : un déficit record  de -46 milliards d’euros

* Le déficit commercial FAB-FAB s’est légèrement réduit en juin 2011, passant de -6,4 milliards d’euros en mai à -5,6 milliards d’euros. Cette amélioration ponctuelle tient exclusivement à un important recul des importations en valeur (énergie et aéronautique notamment). Dans le même temps, les exportations se sont tassées.

* Au-delà de ces variations mensuelles, le déficit FAB-FAB cumulé s’est creusé de quelque 13 milliards d’euros depuis un an, passant de -24,6 milliards d’euros au 1er semestre 2010 à -37,5 milliards d’euros au 1er semestre 2011.

En données CAF-FAB1 , le déficit cumulé des six premiers mois 2011 a déjà atteint 46 milliards d’euros, dépassant de plus de 13 milliards celui du 1er semestre 2010. L’année 2011 devrait donc enregistrer un déficit commercial record.

Cette dégradation entre le 1er semestre 2010 et le 1er semestre 2011 est imputable :

- à une hausse plus rapide des importations (+14,8%) que des exportations (+10,2%) ;

- sur le plan sectoriel, autant à l’alourdissement de la facture énergétique qu’au creusement du déficit industriel devenu depuis plusieurs années quasi structurel.

- sur le plan géographique, à la dégradation de la balance de nos échanges avec le continent américain mais aussi avec nos partenaires de la zone euro, nouvelle confirmation de l’affaiblissement de la compétitivité de la France.

1Seule nomenclature dans laquelle sont détaillés les échanges par secteur et par zone géographique.


– Immatriculations de véhicules neufs en juillet 2011 : quasi-stabilité pour le 3ème  mois consécutif

Les immatriculations de véhicules neufs ont baissé de -0,1% en juillet 2011 (-2,1% sur un an), confirmant ainsi la quasi-stabilité enregistrée en mai et juin, à un niveau annualisé un peu supérieur à 2 millions. Après la fin de la prime à la casse (31 décembre 2010) et les offres spéciales de reprise pour les anciens véhicules par les constructeurs automobiles au premier trimestre 2011, les trois derniers mois connus (mai-juin-juillet), ont baissé de -11,4% sur les trois mois précédents. Les immatriculations sont désormais à un niveau très proche de leur moyenne de longue période.


Prix à la consommation en juillet 2011 : baisse de -0,1% sur un mois, +2% sur un an

L’indice général des prix à la consommation a baissé de -0,1% en juillet 2011, après être resté stable en juin. La baisse de -0,7% des prix des produits manufacturés liée aux soldes d’été (habillement et chaussures notamment) a été largement neutralisée par la hausse de +0,2% du prix des services (notamment dans le secteur du tourisme) et de +0,5% des prix des produits alimentaires. Les prix des produits énergétiques ont augmenté de +0,1%.

Sur trois mois, l’indice a baissé de -0,3% l’an, baisse résultant des évolutions suivantes:

. prix des produits énergétiques : -13%
. prix des produits manufacturés : -3,2%
. prix des produits alimentaires : +6,7%
. prix des services : +2%

Sur un an, l’indice des prix s’est accru de +2%, chiffre confirmant la stabilisation enregistrée depuis avril.

* Hors énergie et produits frais, la hausse des prix (« inflation sous-jacente ») s’est fortement modérée : +0,1% l’an en juillet, après +2,2% en juin. Sur un an, elle a été de +0,9%, après 1,2% en mai et juin.

* La baisse des cours du pétrole et des matières premières depuis quelques semaines ne peut que favoriser la poursuite de ce mouvement de désinflation, et donc soutenir le pouvoir d’achat, en France comme d’ailleurs dans les autres pays.


Croissance américaine au 2ème trimestre 2011 : +0,3% et +1,6% sur un an

La croissance du PIB américain a été de +0,3% (1,3% l’an) au 2ème trimestre 2011, après un 1er trimestre médiocre (+0,4% l’an). Deux observations:

- le chiffre du 1er trimestre 2011 a été fortement révisé à la baisse : +0,4% l’an contre +1,7% l’an initialement annoncé ;

- le petit rebond du 2ème trimestre ne marque en rien un raffermissement réel de la croissance, ce qui est confirmé par le nouveau ralentissement de la croissance sur un an (1,6%), très inférieure à celle de longue période (3%).

* Rien ne laisse envisager à brève échéance une accélération de la croissance américaine au vu des enquêtes de conjoncture les plus récentes sur les perspectives d’activité.


Taux sur les dettes souveraines durant la 1ère quinzaine d’août 2011 : repli à l’exception notable de la Grèce

Cinq observations :

- après la baisse qui a suivi immédiatement l’annonce du plan de soutien à la Grèce, le taux des obligations à 10 ans dans ce pays reste sous tension, à plus de 15%. En revanche, ceux sur les dettes souveraines de l’Irlande et du Portugal continuent de se détendre ;

- en Espagne et en Italie, les taux poursuivent leur baisse, grâce aux interventions de la BCE (elle achète de la dette italienne et espagnole), qui redonnent confiance aux investisseurs ;

- malgré la tourmente actuelle, les taux sur les obligations d’Etat à 10 ans en France continuent de baisser, à l’instar de ceux sur les obligations de l’Allemagne, où le mouvement a été toutefois plus marqué ;

- aux Etats-Unis, le taux de rendement a continué de baisser pour atteindre 2,06%, niveau le plus bas depuis 1990 (date de début de la série), signe que les obligations américaines restent un placement sûr pour les investisseurs ;

- le jeudi 11 août a vu une remontée des taux allemand et surtout américain.


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