Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,
en France :
1. Déficit commercial au 3èmetrimestre 2011 : réduction de 6 milliards par rapport au deuxième trimestre, grâce au redémarrage des exportations
2. Production industrielle en septembre 2011 – un benchmark France-Allemagne : baisse dans les deux pays
3. Hausse des prix à la consommation en octobre 2011 : accélération (+2,4% sur 12 mois, +3,4% l’an sur 3 mois), revalorisation du SMIC de 2,1% au 1er décembre
4. Budgets d’investissement annoncés dans l’industrie en octobre 2011 : +11% en 2011, +4% en 2012
en Europe
5. « Prévisions d’automne » de la Commission européenne : quasi-stagnation en 2012 dans la zone euro.

Le déficit commercial FAB-FAB s’est creusé en septembre 2011, passant de -4,3 milliards d’euros en août à -6,3 milliards d’euros, niveau atteint en juillet. Cette dégradation résulte d’un repli des exportations (baisse des ventes aéronautiques) un peu plus marqué que celui des importations.
Au-delà des aléas mensuels, les échanges ont redémarré au cours du 3ème trimestre 2011 après leur stagnation du printemps. Les exportations se sont accrues de 4,6% par rapport au trimestre précédent (ventes de machines industrielles et agricoles et de biens intermédiaires particulièrement dynamiques), et dépassent désormais leur niveau d’avant la crise. La progression des importations a été moins vive sur la période (+2,4%). D’où une réduction du déficit commercial de annualisé de -74,9 à -67,8 milliards d’euros entre le 2ème et le 3ème trimestre 2011.
Il reste que le déficit des neuf premiers mois 2011 (-54 milliards d’euros) dépasse déjà de 3 milliards celui de toute l’année 2010, et de 16 milliards celui des neuf premiers mois 2010 (-38 milliards d’euros).
En données CAF-FAB (qui permettent de suivre les échanges par marchés), ce creusement de 16 milliards d’euros de notre déficit commercial s’explique :
- au plan sectoriel, à hauteur de 53% par la dégradation des échanges de produits manufacturés :

- au plan géographique, à hauteur de 37% par la dégradation des échanges avec l’Union européenne (90% au titre de la zone euro), dégradation qui contraste avec la quasi stabilité de notre déficit avec l’Asie (inférieur de 20% à celui avec l’Union européenne) :


En France comme en Allemagne, la production dans l’industrie manufacturière s’est contractée entre août et septembre 2011, de respectivement -1,6% et -3%. En Allemagne, il s’agit du deuxième mois consécutif de baisse, après, il est vrai, une forte hausse de juillet.
Entre le deuxième et le troisième trimestre 2011, l’activité industrielle française s’est accrue de +0,5% (+2% l’an), la plus forte hausse étant enregistrée dans le secteur de l’équipement (+2,2%). Dans le même temps, la production manufacturière allemande a augmenté de +2%. (+8% l’an).
Sur un an, la production moyenne du 3ème trimestre a augmenté de 4,2% en France, mais reste inférieure de 10% à son point haut du 1er trimestre 2008. En Allemagne, la hausse a été de 9,6%, et la production industrielle a retrouvé son niveau d’avant crise.

L’indice des prix à la consommation, en données CVS, a augmenté de +0,3% en octobre, après +0,1% en septembre. Sur un an, la hausse a été de +2,4%, après 2,3% en septembre, 2,2% en août et 2% en juillet. L’INSEE explique cette hausse de l’indice par la fin des soldes d’été et des promotions (habillement, chaussure, alimentation).

Sur trois mois, la hausse des prix est nettement plus vive (+3,4% l’an), l’accélération recouvrant : une poussée des prix des produits énergétiques (+23,5% l’an pour les produits pétroliers), un fort accroissement des prix des produits alimentaires (notamment les produits alimentaires frais) et des produits manufacturés, et au contraire une légère baisse des prix des services.
La hausse des prix hors tarifs publics, énergie et produits frais (inflation « sous-jacente »), de +0,2% en octobre, s’accélère depuis le mois d’août (+1,3% sur un an, +2% l’an sur trois mois).
L’indice des prix d’octobre servant au calcul de la revalorisation du SMIC* a augmenté de 2,1% par rapport à celui de novembre 2010 (référence pour la dernière revalorisation légale intervenue au 1er janvier 2011). Le système de revalorisation automatique s’enclenchant dès que cette hausse dépasse 2%, le SMIC sera donc relevé de 2,1% dès le 1er décembre 2011, pour atteindre 9,19 euros bruts (7,22 euros nets) de l’heure, et 1 393,82 euros bruts (1094,58 euros nets) par mois, en progression de 3,6% par rapport à décembre 2010. Cette revalorisation automatique ne remet pas en cause la revalorisation légale prévue chaque année au 1er janvier.
* Indice des prix des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé hors tabac

L’INSEE a publié cette semaine l’enquête trimestrielle d’octobre auprès des chefs d’entreprise de l’industrie manufacturière sur leurs budgets d’investissement pour 2011 et 2012* : + 11% en 2011 et +4% en 2012.
*L’investissement dans l’industrie représente un peu moins de 25% de l’investissement productif total.
Quatre enseignements de cette enquête:
- La révision à la baisse de la prévision pour 2011 entre l’enquête de juillet (+14%) et celle d’octobre (+11%) reste modérée, compte tenu de la violence de la crise intervenue entre les deux ;
- La hausse des budgets beaucoup plus limitée annoncée pour 2012 était prévisible, au vu des enquêtes de conjoncture sur les marchés (dégradation des perspectives de demande, baisse des intentions de commandes des grossistes de biens d’équipement), et les conditions de financement (accès au crédit plus difficile). Elle demeure par ailleurs fragile, la prévision d’octobre sur l’année suivante donnant lieu souvent à d’importantes révisions en cours d’année ;
- Plus de la moitié des investissements sont destinés au renouvellement des équipements et à leur modernisation/rationalisation, alors que la faible part destinée au développement des capacités de production (13%, inférieure à la moyenne de longue période) contribue à affaiblir encore le tissu industriel en France;
- Même si ces prévisions se confirment, les budgets d’investissement dans l’industrie seraient en 2012 encore inférieurs de 8% à leur niveau de 2008, et de 14% à celui de 2000…

La Commission Européenne vient de publier ses prévisions pour 2011, 2012 et 2013 (« Autumn 2011 Forecast », 10 novembre 2011). Il en ressort:

Trois remarques sur 2012 :
- une divergence entre les Etats-Unis (croissance 2012 analogue à celle de 2011, où le PIB dépasse son niveau d’avant la récession), et la zone euro (quasi-stagnation en 2012, sans avoir retrouvé son niveau de production d’avant la récession) ;
des divergences d’impact de la détérioration au sein de la zone euro : selon la prévision, si aucun pays ne sera épargné par les ralentissement, certains continueront de s’enfoncer dans la récession (Grèce, Portugal), ou de stagner (Italie), d’autres enregistreront un sérieux coup de frein par rapport à 2011 et par rapport aux prévisions officielles les plus récentes (0,5% en France, et 0,8% en Allemagne, en deçà de la prévision de 1% que viennent d’annoncer les gouvernements) ;
- un risque de cercle vicieux qui pourrait compromettre ces perspectives de croissance: le ralentissement mondial, touchant les débiteurs de dette souveraine, pourrait fragiliser encore le secteur financier alors incapable de soutenir la croissance.

Le redressement des finances publiques a progressé dans tous les pays en 2011, à des rythmes variables. Il se poursuivrait en 2012, mais plus lentement que prévu, au risque de contraindre les Etats à davantage d’efforts pour maîtriser leurs comptes.
Que montrent en outre ces tableaux ?
- la situation de la zone euro considérée globalement est nettement plus favorable que celle des Etats-Unis, comme de celle du Japon ou du Royaume-Uni ;
- les objectifs annoncés ne seraient pas atteints (équilibre retrouvé en Allemagne en 2013, déficit de 4,5% PIB en 2012 et de 3% en 2013 en France) ;
- plusieurs pays dégageront un excédent primaire (avant charges d’intérêt de la dette) dès 2012 (Allemagne, mais aussi Italie, ou 2013 (Grèce, Portugal);
- Le déficit français resterait au-dessus de 5% du PIB en 2012 et 2013, dont 40% de déficit primaire. D’où un alourdissement de la dette de 85,4% du PIB en 2011 à 89,2% en 2012 et 91,7% en 2013. Dans le même temps, la dette allemande poursuivrait sa baisse amorcée en 2011 (81,7%) à 79,9% en 2013.
Ce décalage explique l’écart grandissant de taux d’intérêt sur les obligations d’Etat à 10 ans entre la France (où ils montent) et l’Allemagne (où ils baissent) pour atteindre en cette fin de semaine plus de 150 points de base : les marchés continuent de s’interroger sur la trajectoire de la consolidation des finances publiques françaises.
MEDEF Actu-Eco de la semaine du 7 au 11 novembre 2011
Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,
en France :
1. Déficit commercial au 3èmetrimestre 2011 : réduction de 6 milliards par rapport au deuxième trimestre, grâce au redémarrage des exportations
2. Production industrielle en septembre 2011 – un benchmark France-Allemagne : baisse dans les deux pays
3. Hausse des prix à la consommation en octobre 2011 : accélération (+2,4% sur 12 mois, +3,4% l’an sur 3 mois), revalorisation du SMIC de 2,1% au 1er décembre
4. Budgets d’investissement annoncés dans l’industrie en octobre 2011 : +11% en 2011, +4% en 2012
en Europe
5. « Prévisions d’automne » de la Commission européenne : quasi-stagnation en 2012 dans la zone euro.
Le déficit commercial FAB-FAB s’est creusé en septembre 2011, passant de -4,3 milliards d’euros en août à -6,3 milliards d’euros, niveau atteint en juillet. Cette dégradation résulte d’un repli des exportations (baisse des ventes aéronautiques) un peu plus marqué que celui des importations.
Au-delà des aléas mensuels, les échanges ont redémarré au cours du 3ème trimestre 2011 après leur stagnation du printemps. Les exportations se sont accrues de 4,6% par rapport au trimestre précédent (ventes de machines industrielles et agricoles et de biens intermédiaires particulièrement dynamiques), et dépassent désormais leur niveau d’avant la crise. La progression des importations a été moins vive sur la période (+2,4%). D’où une réduction du déficit commercial de annualisé de -74,9 à -67,8 milliards d’euros entre le 2ème et le 3ème trimestre 2011.
Il reste que le déficit des neuf premiers mois 2011 (-54 milliards d’euros) dépasse déjà de 3 milliards celui de toute l’année 2010, et de 16 milliards celui des neuf premiers mois 2010 (-38 milliards d’euros).
En données CAF-FAB (qui permettent de suivre les échanges par marchés), ce creusement de 16 milliards d’euros de notre déficit commercial s’explique :
En France comme en Allemagne, la production dans l’industrie manufacturière s’est contractée entre août et septembre 2011, de respectivement -1,6% et -3%. En Allemagne, il s’agit du deuxième mois consécutif de baisse, après, il est vrai, une forte hausse de juillet.
Entre le deuxième et le troisième trimestre 2011, l’activité industrielle française s’est accrue de +0,5% (+2% l’an), la plus forte hausse étant enregistrée dans le secteur de l’équipement (+2,2%). Dans le même temps, la production manufacturière allemande a augmenté de +2%. (+8% l’an).
Sur un an, la production moyenne du 3ème trimestre a augmenté de 4,2% en France, mais reste inférieure de 10% à son point haut du 1er trimestre 2008. En Allemagne, la hausse a été de 9,6%, et la production industrielle a retrouvé son niveau d’avant crise.
L’indice des prix à la consommation, en données CVS, a augmenté de +0,3% en octobre, après +0,1% en septembre. Sur un an, la hausse a été de +2,4%, après 2,3% en septembre, 2,2% en août et 2% en juillet. L’INSEE explique cette hausse de l’indice par la fin des soldes d’été et des promotions (habillement, chaussure, alimentation).
Sur trois mois, la hausse des prix est nettement plus vive (+3,4% l’an), l’accélération recouvrant : une poussée des prix des produits énergétiques (+23,5% l’an pour les produits pétroliers), un fort accroissement des prix des produits alimentaires (notamment les produits alimentaires frais) et des produits manufacturés, et au contraire une légère baisse des prix des services.
La hausse des prix hors tarifs publics, énergie et produits frais (inflation « sous-jacente »), de +0,2% en octobre, s’accélère depuis le mois d’août (+1,3% sur un an, +2% l’an sur trois mois).
L’indice des prix d’octobre servant au calcul de la revalorisation du SMIC* a augmenté de 2,1% par rapport à celui de novembre 2010 (référence pour la dernière revalorisation légale intervenue au 1er janvier 2011). Le système de revalorisation automatique s’enclenchant dès que cette hausse dépasse 2%, le SMIC sera donc relevé de 2,1% dès le 1er décembre 2011, pour atteindre 9,19 euros bruts (7,22 euros nets) de l’heure, et 1 393,82 euros bruts (1094,58 euros nets) par mois, en progression de 3,6% par rapport à décembre 2010. Cette revalorisation automatique ne remet pas en cause la revalorisation légale prévue chaque année au 1er janvier.
* Indice des prix des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé hors tabac
L’INSEE a publié cette semaine l’enquête trimestrielle d’octobre auprès des chefs d’entreprise de l’industrie manufacturière sur leurs budgets d’investissement pour 2011 et 2012* : + 11% en 2011 et +4% en 2012.
*L’investissement dans l’industrie représente un peu moins de 25% de l’investissement productif total.
Quatre enseignements de cette enquête:
La Commission Européenne vient de publier ses prévisions pour 2011, 2012 et 2013 (« Autumn 2011 Forecast », 10 novembre 2011). Il en ressort:
Trois remarques sur 2012 :
des divergences d’impact de la détérioration au sein de la zone euro : selon la prévision, si aucun pays ne sera épargné par les ralentissement, certains continueront de s’enfoncer dans la récession (Grèce, Portugal), ou de stagner (Italie), d’autres enregistreront un sérieux coup de frein par rapport à 2011 et par rapport aux prévisions officielles les plus récentes (0,5% en France, et 0,8% en Allemagne, en deçà de la prévision de 1% que viennent d’annoncer les gouvernements) ;
Le redressement des finances publiques a progressé dans tous les pays en 2011, à des rythmes variables. Il se poursuivrait en 2012, mais plus lentement que prévu, au risque de contraindre les Etats à davantage d’efforts pour maîtriser leurs comptes.
Que montrent en outre ces tableaux ?
Ce décalage explique l’écart grandissant de taux d’intérêt sur les obligations d’Etat à 10 ans entre la France (où ils montent) et l’Allemagne (où ils baissent) pour atteindre en cette fin de semaine plus de 150 points de base : les marchés continuent de s’interroger sur la trajectoire de la consolidation des finances publiques françaises.