Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine :
1. Commerce extérieur au début 2011 : une dégradation du déficit de 31 milliards;d’euros sur un an imputable pour les deux tiers à la balance industrielle
2. Parts de marché de la France : recul plus marqué pour les exportations de services que pour les exportations de biens en 10 ans
3. Emploi salarié au 1er trimestre 2011 : des résultats meilleurs que ceux de la première estimation dans tous les secteurs à l’exception de l’intérim
4. Dépenses des ménages : une accélération de la consommation en 2010 permise par une baisse du taux d’épargne
5. Production industrielle des 4 premiers mois de 2011 : +5,7% sur un an

* Les chiffres douaniers d’avril 2011 indiquent une nouvelle dégradation du solde commercial FAB-FAB, passant d’un déficit mensuel moyen de 6,2 milliards d’euros au 1er trimestre 2011 à un déficit de 7,1 milliards d’euros. Ceci tient notamment à une hausse des importations, particulièrement dans deux postes (acquisition de deux Boeings, augmentation des achats de produits pétroliers raffinés), et à un repli des exportations. Sur les quatre premiers mois de 2011, le déficit s’est élevé à 77,1 milliards d’euros en rythme annualisé contre -47,2 milliards d’euros un an plus tôt (+63,5%).
* En données CAF-FAB1, en moyenne mobile sur quatre mois, le déficit a atteint -93,8 milliards d’euros, soit 30,7 milliards d’euros de plus qu’il y a un an.
Cette dégradation s’explique notamment :
- sur le plan sectoriel, par celle de la balance industrielle, passée de -25,1 milliards d’euros à -44,6 milliards d’euros en un an, expliquant les deux tiers de la dégradation globale ;
- sur le plan géographique, par l’accroissement de 14 milliards d’euros du déficit des échanges avec l’ensemble des pays européens , soit plus qu’avec l’Asie et l’Amérique réunies (11 milliards d’euros).
1Seule nomenclature dans laquelle sont détaillés les échanges par secteur et par zone géographique.
2Europe au sens large, c’est-à-dire Union Européenne à 26 et Europe hors UE.

* La perte de parts de marché de la France est logique au plan mondial avec l’émergence de nouveaux acteurs dans le commerce international (pays émergents), mais elle ne l’est pas quand il s’agit de ses échanges vis-à-vis des pays de la zone euro.
* La part des exportations françaises de biens dans celles de la zone euro, marchés européens et extra-européens confondus, s’est réduite de façon continue depuis 10 ans, passant de 16,6% en 2000 à 13,3% en 2010 (-20%).
* Simultanément, la part des exportations françaises de services dans celles de la zone euro a davantage baissé, passant de 16,9% en 2000 à 11,9% en 2010 (-30%). Ce phénomène, moins connu, est d’autant plus important à souligner que les exportations de services représentent un peu plus de 20% des exportations totales de biens et services.
* Les performances à l’exportation de l’Allemagne n’expliquent pas tout : en effet, la part de la France dans les exportations de la zone euro hors Allemagne a baissé dans des proportions voisines, pour les échanges de services comme pour les échanges de biens.

* Les chiffres de l’emploi salarié dans le secteur marchand non agricole que l’INSEE vient de publier début juin pour le 1er trimestre 2011, sont très proches de ceux de la première estimation de début mai (+58 200 postes après +58 800).
Mais ceci ne doit pas masquer la révision à la hausse des chiffres dans l’industrie (+1 300 après +600), la construction (+3 000 après +1 400) et le tertiaire marchand hors intérim (+48 000 après +43 300). Seul le secteur de l’intérim enregistre une révision à la baisse de ses créations d’emplois (+5 900 postes après +13 500).
* Ces nouveaux résultats confirment les deux remarques que nous avions faites dans l’Actu-Eco du 13 mai 2011, à savoir :
o redressement de l’emploi salarié qui concerne de plus en plus des emplois directs ;
o créations nettes d’emploi dans l’industrie pour la première fois depuis le 1er trimestre 2001, et dans la construction pour la première fois depuis l’été 2008.

* En 2010, la croissance de la consommation totale des ménages s’est accélérée (+1,3% après +0,1% en 2009) alors que celle de leur pouvoir d’achat a ralenti (+0,8% après +1,3% en 2009). Pour soutenir leur consommation, les ménages ont donc puisé dans leur épargne, qui est passée de 16,5% du revenu disponible brut en 2009 à 16,0% en 2010.
* Plus précisément, cette baisse tient à celle du taux d’épargne financière (passant de 7,3% en 2009 à 6,9% en 2010). Il a continué de s’effriter au cours de l’année 2010, pour atteindre 6,7% au 4ème trimestre. Il reste néanmoins supérieur de 1,4 point à sa moyenne des vingt dernières années (1988-2008), ce qui représente un potentiel de quelque 1,3 point de consommation.

* Cependant, les ménages font preuve d’une grande prudence au 1er semestre 2011. Selon l’enquête de mai, ils jugent, en effet, que le moment est plus opportun pour épargner que pour faire des achats importants (meubles, électroménager, matériels électroniques ou informatiques, etc.).
* Compte tenu de l’accélération de la hausse des prix et de l’érosion des crédits à la consommation, le principal soutien à la croissance de la consommation est à trouver du côté des revenus d’activité via la hausse de l’emploi. De fait, la situation du marché du travail s’améliore de façon certes lente mais réelle (créations nettes d’emploi dans tous les secteurs, perspectives de recrutement bien orientées).
3L’épargne des ménages se décompose en deux parties distinctes : l’épargne financière (acquisition de monnaie et de produits financiers par les ménages à partir de leur revenu) et l’épargne non financière (partie du revenu qui permet de financer les investissements en logement).

* En avril 2011, l’indice de la production manufacturière s’est accru de 0,2%, après -1,1% en mars. En moyenne, sur les quatre premiers mois de l’année 2011, l’activité industrielle a augmenté de 3,2% par rapport aux quatre mois précédents, notamment grâce au rattrapage de la production dans la « Cokéfaction et raffinage » (+10,8%), qui avait été perturbée en octobre 2010 par les grèves. Sur un an, la production industrielle s’est accrue de +5,7% (+13,0% en Allemagne).
* Depuis le début de l’année 2010, le rythme de la croissance industrielle, en moyenne mobile sur trois mois, est de l’ordre de 5% sur un an.
Trois remarques :
- ce rythme de la croissance industrielle depuis début 2010 est largement plus élevé que celui des années précédant la « grande récession » (+0,9% sur un an pour la moyenne 1998-2008) ;
- en Allemagne, depuis début 2010, le rythme de croissance de la production industrielle est de l’ordre de 12% sur un an, en moyenne, soit deux fois et demi plus rapide qu’en France (+5% sur un an) ; - dans les deux cas, ces rythmes de croissance n’ont pas encore été suffisants pour retrouver le niveau de production qui prévalait à l’été 2008 (niveau inférieur de 6,8% pour la France et de 2,3% pour l’Allemagne).
Consulter l’Actu-Eco au format PDF
MEDEF Actu-Eco de la semaine du 6 juin 2011
Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine :
1. Commerce extérieur au début 2011 : une dégradation du déficit de 31 milliards;d’euros sur un an imputable pour les deux tiers à la balance industrielle
2. Parts de marché de la France : recul plus marqué pour les exportations de services que pour les exportations de biens en 10 ans
3. Emploi salarié au 1er trimestre 2011 : des résultats meilleurs que ceux de la première estimation dans tous les secteurs à l’exception de l’intérim
4. Dépenses des ménages : une accélération de la consommation en 2010 permise par une baisse du taux d’épargne
5. Production industrielle des 4 premiers mois de 2011 : +5,7% sur un an
* Les chiffres douaniers d’avril 2011 indiquent une nouvelle dégradation du solde commercial FAB-FAB, passant d’un déficit mensuel moyen de 6,2 milliards d’euros au 1er trimestre 2011 à un déficit de 7,1 milliards d’euros. Ceci tient notamment à une hausse des importations, particulièrement dans deux postes (acquisition de deux Boeings, augmentation des achats de produits pétroliers raffinés), et à un repli des exportations. Sur les quatre premiers mois de 2011, le déficit s’est élevé à 77,1 milliards d’euros en rythme annualisé contre -47,2 milliards d’euros un an plus tôt (+63,5%).
* En données CAF-FAB1, en moyenne mobile sur quatre mois, le déficit a atteint -93,8 milliards d’euros, soit 30,7 milliards d’euros de plus qu’il y a un an.
Cette dégradation s’explique notamment :
- sur le plan sectoriel, par celle de la balance industrielle, passée de -25,1 milliards d’euros à -44,6 milliards d’euros en un an, expliquant les deux tiers de la dégradation globale ;
- sur le plan géographique, par l’accroissement de 14 milliards d’euros du déficit des échanges avec l’ensemble des pays européens , soit plus qu’avec l’Asie et l’Amérique réunies (11 milliards d’euros).
1Seule nomenclature dans laquelle sont détaillés les échanges par secteur et par zone géographique.
2Europe au sens large, c’est-à-dire Union Européenne à 26 et Europe hors UE.
* La perte de parts de marché de la France est logique au plan mondial avec l’émergence de nouveaux acteurs dans le commerce international (pays émergents), mais elle ne l’est pas quand il s’agit de ses échanges vis-à-vis des pays de la zone euro.
* La part des exportations françaises de biens dans celles de la zone euro, marchés européens et extra-européens confondus, s’est réduite de façon continue depuis 10 ans, passant de 16,6% en 2000 à 13,3% en 2010 (-20%).
* Simultanément, la part des exportations françaises de services dans celles de la zone euro a davantage baissé, passant de 16,9% en 2000 à 11,9% en 2010 (-30%). Ce phénomène, moins connu, est d’autant plus important à souligner que les exportations de services représentent un peu plus de 20% des exportations totales de biens et services.
* Les performances à l’exportation de l’Allemagne n’expliquent pas tout : en effet, la part de la France dans les exportations de la zone euro hors Allemagne a baissé dans des proportions voisines, pour les échanges de services comme pour les échanges de biens.
* Les chiffres de l’emploi salarié dans le secteur marchand non agricole que l’INSEE vient de publier début juin pour le 1er trimestre 2011, sont très proches de ceux de la première estimation de début mai (+58 200 postes après +58 800).
Mais ceci ne doit pas masquer la révision à la hausse des chiffres dans l’industrie (+1 300 après +600), la construction (+3 000 après +1 400) et le tertiaire marchand hors intérim (+48 000 après +43 300). Seul le secteur de l’intérim enregistre une révision à la baisse de ses créations d’emplois (+5 900 postes après +13 500).
* Ces nouveaux résultats confirment les deux remarques que nous avions faites dans l’Actu-Eco du 13 mai 2011, à savoir :
o redressement de l’emploi salarié qui concerne de plus en plus des emplois directs ;
o créations nettes d’emploi dans l’industrie pour la première fois depuis le 1er trimestre 2001, et dans la construction pour la première fois depuis l’été 2008.
* En 2010, la croissance de la consommation totale des ménages s’est accélérée (+1,3% après +0,1% en 2009) alors que celle de leur pouvoir d’achat a ralenti (+0,8% après +1,3% en 2009). Pour soutenir leur consommation, les ménages ont donc puisé dans leur épargne, qui est passée de 16,5% du revenu disponible brut en 2009 à 16,0% en 2010.
* Plus précisément, cette baisse tient à celle du taux d’épargne financière (passant de 7,3% en 2009 à 6,9% en 2010). Il a continué de s’effriter au cours de l’année 2010, pour atteindre 6,7% au 4ème trimestre. Il reste néanmoins supérieur de 1,4 point à sa moyenne des vingt dernières années (1988-2008), ce qui représente un potentiel de quelque 1,3 point de consommation.
* Cependant, les ménages font preuve d’une grande prudence au 1er semestre 2011. Selon l’enquête de mai, ils jugent, en effet, que le moment est plus opportun pour épargner que pour faire des achats importants (meubles, électroménager, matériels électroniques ou informatiques, etc.).
* Compte tenu de l’accélération de la hausse des prix et de l’érosion des crédits à la consommation, le principal soutien à la croissance de la consommation est à trouver du côté des revenus d’activité via la hausse de l’emploi. De fait, la situation du marché du travail s’améliore de façon certes lente mais réelle (créations nettes d’emploi dans tous les secteurs, perspectives de recrutement bien orientées).
3L’épargne des ménages se décompose en deux parties distinctes : l’épargne financière (acquisition de monnaie et de produits financiers par les ménages à partir de leur revenu) et l’épargne non financière (partie du revenu qui permet de financer les investissements en logement).
* En avril 2011, l’indice de la production manufacturière s’est accru de 0,2%, après -1,1% en mars. En moyenne, sur les quatre premiers mois de l’année 2011, l’activité industrielle a augmenté de 3,2% par rapport aux quatre mois précédents, notamment grâce au rattrapage de la production dans la « Cokéfaction et raffinage » (+10,8%), qui avait été perturbée en octobre 2010 par les grèves. Sur un an, la production industrielle s’est accrue de +5,7% (+13,0% en Allemagne).
* Depuis le début de l’année 2010, le rythme de la croissance industrielle, en moyenne mobile sur trois mois, est de l’ordre de 5% sur un an.
Trois remarques :
- ce rythme de la croissance industrielle depuis début 2010 est largement plus élevé que celui des années précédant la « grande récession » (+0,9% sur un an pour la moyenne 1998-2008) ;
- en Allemagne, depuis début 2010, le rythme de croissance de la production industrielle est de l’ordre de 12% sur un an, en moyenne, soit deux fois et demi plus rapide qu’en France (+5% sur un an) ; - dans les deux cas, ces rythmes de croissance n’ont pas encore été suffisants pour retrouver le niveau de production qui prévalait à l’été 2008 (niveau inférieur de 6,8% pour la France et de 2,3% pour l’Allemagne).
Consulter l’Actu-Eco au format PDF