Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine :
1. Consommation des ménages en biens mai 2011 : en recul pour le troisième mois consécutif
2. Résultats des entreprises au premier trimestre 2011 : redressement des profits bruts, affaiblissement des profits nets avant distribution
3. Opinion des industriels sur leur situation financière au second semestre 2011 : amélioration attendue de la trésorerie et des résultats d’exploitation
4. Coût horaire de la main d’œuvre au premier trimestre 2011 : 11% de plus en France qu’en Allemagne.
5. Echanges bilatéraux France – Allemagne depuis 2000 : recul de la France sur le marché allemand, maintien de l’Allemagne sur le marché français

La consommation des ménages en biens a reculé de -0,8% au mois de mai après -1,4% en avril et -0,9% en mars. En moyenne mobile sur ces trois mois, elle recule de -7,7% l’an par rapport aux trois mois précédents.
* S’agissant des seuls achats en biens manufacturés, ils reculent en moyenne mobile de -7,2% l’an. Ce net repli tient à deux facteurs circonstanciels principaux :
– La fin de la prime à la casse (chute des achats de voitures de 31,4% l’an en moyenne mobile sur trois mois)
– L’attentisme avant les soldes de juin (repli important des ventes de cuir et textiles : -11,2% l’an)
* La hausse sur un an de la consommation des seuls produits manufacturés (+0,6%) confirme le ralentissement en cours depuis février, revenant à son « plus bas » depuis fin 2009.
* Un raffermissement des achats de biens n’est pas envisageable à court terme au vu de l’enquête de l’INSEE sur la confiance des ménages (juin 2011) qui montre une propension plus faible de ces derniers à faire des « achats importants » et une propension plus forte à épargner.
Profit brut = (autofinancement + revenus distribués + impôts directs)/ valeur ajoutée
Profit net avant distribution = profit brut – (impôts directs/valeur ajoutée)
* La part des profits bruts avant distribution dans la valeur ajoutée des sociétés non financières a augmenté de 8,7% depuis le point le plus bas à la hausse du deuxième trimestre 2009 : elle est passée de 24,1% à 26,2% au premier trimestre 2011 se rapprochant nettement de sa moyenne des dix années précédant la crise (26,9%).
* Les profits nets avant distribution sont en léger redressement après trois trimestres de baisse. Cette dernière est liée à la remontée du taux de pression fiscale qui avait fortement diminué en 2009 (mesures exceptionnelles du plan de relance). Ce taux (12,4%) qui reste encore inférieur à sa moyenne de long terme (14,6%) continuera de remonter dans les prochains trimestres ce qui freinera à nouveau le redressement du taux de profit net.
L’INSEE interroge chaque semestre les industriels sur leur trésorerie et leur résultat d’exploitation. Trois points significatifs ressortent de l’enquête de juin 2011.
* Au premier semestre 2011 : la situation des trésoreries s’est légèrement dégradée, mais est jugée plus aisée que la situation moyenne d’avant crise. Une telle dégradation, malgré l’augmentation des ventes, est un phénomène habituel en période de reprise : reconstitution des stocks, hausse des dépenses d’équipement et tension sur les crédits clients ont pesé sur les trésoreries, déjà mises à mal par ailleurs par la hausse du prix des approvisionnements depuis le début de l’année.
* Au second semestre 2011 : les industriels envisagent à la fois une amélioration de leur trésorerie et la poursuite de celle de leur résultat d’exploitation.
Ils anticipent en effet une détente des cours des matières premières et une évolution toujours soutenue des ventes grâce à la demande étrangère qui, au vu des commandes telles qu’elles ressortent de l’enquête trimestrielle de juin dans l’industrie, restera bien orientée.
Les indices trimestriels du coût de la main d’œuvre que vient de publier Eurostat pour le premier trimestre 2011 permettent d’estimer le niveau du coût horaire de la main d’œuvre au début de l’année à partir des résultats de l’enquête quadriennale de 2008.
* Le coût horaire du travail dans le secteur marchand non agricole s’est élevé à 34,3 euros au 1er trimestre 2011 (31 euros en Allemagne, 27,7 euros pour la moyenne de la zone euro). Il a augmenté de 1,1% sur un trimestre (1,7% en Allemagne), et de 3,9% sur un an, nettement plus qu’en Allemagne. Il représente désormais près de 111% du coût allemand (109,7% en 2008 et 92,7% en 2000).
Dans la seule industrie manufacturière, le coût horaire a atteint 35,4 euros (35,1 euros en Allemagne et 29,5 euros pour la zone euro). Il a augmenté de 0,8% sur le trimestre précédent (1,6% en Allemagne), et de 4,1% sur un an (3% en Allemagne). Le coût du travail français dans l’industrie représente 101% du coût allemand (99,4% en 2008, 84,3% en 2000).
* Ces données appellent deux remarques :
- La dérive du coût horaire en France par rapport à celui de l’Allemagne ne tient pas d’abord à la hausse des salaires eux-mêmes: le taux des charges annexes a atteint 50,2% du salaire brut au premier trimestre 2011, après 49,8% en 2010, 49,4% en 2009 et 49,3% en 2008.
- Un coût salarial dans l’industrie du même ordre en France qu’en Allemagne ne signifie pas que le coût du travail en France dans l’industrie soit aussi compétitif qu’en Allemagne : d’une part, il lui était inférieur de plus de 15% en 2000, et sa dérive à la hausse depuis dix ans n’a pas été compensée en France par des surplus équivalents de gains de productivité par rapport à l’Allemagne ; d’autre part, l’écart de coût du travail dans l’ensemble du secteur marchand tient à celui dans les autres secteurs, notamment les services qui sont de plus en plus « consommés » par l’industrie (externalisation), et dont la hausse des coûts est répercutée soit sur les prix de vente soit sur les marges de l’industrie, au détriment dans les deux cas de sa compétitivité.
*Les données douanières sur les échanges de marchandises entre la France et l’Allemagne témoignent d’une évolution asymétrique depuis 2000.
* En moyenne mobile sur 12 mois :
- la part des produits français dans les importations allemandes a baissé de plus de 30% entre début 2000 (10,2%) et début 2011 (7,6%)
- la part des produits allemands dans les importations françaises est restée quasiment stable autour de 17%.
* Ces chiffres sont une nouvelle illustration de la perte de compétitivité de l’économie française par rapport à l’Allemagne. Le coût de la main d’œuvre en est un déterminant important mais pas exclusif : il ne doit pas occulter l’insuffisance de la capacité d’offre française relativement à la capacité d’offre allemande.
* Son insuffisance de compétitivité empêche notre économie de tirer tout le parti du dynamisme actuel de la demande intérieure allemande.
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MEDEF Actu-Eco de la semaine du 4 juillet 2011
Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine :
1. Consommation des ménages en biens mai 2011 : en recul pour le troisième mois consécutif
2. Résultats des entreprises au premier trimestre 2011 : redressement des profits bruts, affaiblissement des profits nets avant distribution
3. Opinion des industriels sur leur situation financière au second semestre 2011 : amélioration attendue de la trésorerie et des résultats d’exploitation
4. Coût horaire de la main d’œuvre au premier trimestre 2011 : 11% de plus en France qu’en Allemagne.
5. Echanges bilatéraux France – Allemagne depuis 2000 : recul de la France sur le marché allemand, maintien de l’Allemagne sur le marché français
La consommation des ménages en biens a reculé de -0,8% au mois de mai après -1,4% en avril et -0,9% en mars. En moyenne mobile sur ces trois mois, elle recule de -7,7% l’an par rapport aux trois mois précédents.
* S’agissant des seuls achats en biens manufacturés, ils reculent en moyenne mobile de -7,2% l’an. Ce net repli tient à deux facteurs circonstanciels principaux :
– La fin de la prime à la casse (chute des achats de voitures de 31,4% l’an en moyenne mobile sur trois mois)
– L’attentisme avant les soldes de juin (repli important des ventes de cuir et textiles : -11,2% l’an)
* La hausse sur un an de la consommation des seuls produits manufacturés (+0,6%) confirme le ralentissement en cours depuis février, revenant à son « plus bas » depuis fin 2009.
* Un raffermissement des achats de biens n’est pas envisageable à court terme au vu de l’enquête de l’INSEE sur la confiance des ménages (juin 2011) qui montre une propension plus faible de ces derniers à faire des « achats importants » et une propension plus forte à épargner.
Profit brut = (autofinancement + revenus distribués + impôts directs)/ valeur ajoutée
* La part des profits bruts avant distribution dans la valeur ajoutée des sociétés non financières a augmenté de 8,7% depuis le point le plus bas à la hausse du deuxième trimestre 2009 : elle est passée de 24,1% à 26,2% au premier trimestre 2011 se rapprochant nettement de sa moyenne des dix années précédant la crise (26,9%).
* Les profits nets avant distribution sont en léger redressement après trois trimestres de baisse. Cette dernière est liée à la remontée du taux de pression fiscale qui avait fortement diminué en 2009 (mesures exceptionnelles du plan de relance). Ce taux (12,4%) qui reste encore inférieur à sa moyenne de long terme (14,6%) continuera de remonter dans les prochains trimestres ce qui freinera à nouveau le redressement du taux de profit net.
L’INSEE interroge chaque semestre les industriels sur leur trésorerie et leur résultat d’exploitation. Trois points significatifs ressortent de l’enquête de juin 2011.
* Au premier semestre 2011 : la situation des trésoreries s’est légèrement dégradée, mais est jugée plus aisée que la situation moyenne d’avant crise. Une telle dégradation, malgré l’augmentation des ventes, est un phénomène habituel en période de reprise : reconstitution des stocks, hausse des dépenses d’équipement et tension sur les crédits clients ont pesé sur les trésoreries, déjà mises à mal par ailleurs par la hausse du prix des approvisionnements depuis le début de l’année.
* Au second semestre 2011 : les industriels envisagent à la fois une amélioration de leur trésorerie et la poursuite de celle de leur résultat d’exploitation.
Ils anticipent en effet une détente des cours des matières premières et une évolution toujours soutenue des ventes grâce à la demande étrangère qui, au vu des commandes telles qu’elles ressortent de l’enquête trimestrielle de juin dans l’industrie, restera bien orientée.
Les indices trimestriels du coût de la main d’œuvre que vient de publier Eurostat pour le premier trimestre 2011 permettent d’estimer le niveau du coût horaire de la main d’œuvre au début de l’année à partir des résultats de l’enquête quadriennale de 2008.
* Le coût horaire du travail dans le secteur marchand non agricole s’est élevé à 34,3 euros au 1er trimestre 2011 (31 euros en Allemagne, 27,7 euros pour la moyenne de la zone euro). Il a augmenté de 1,1% sur un trimestre (1,7% en Allemagne), et de 3,9% sur un an, nettement plus qu’en Allemagne. Il représente désormais près de 111% du coût allemand (109,7% en 2008 et 92,7% en 2000).
Dans la seule industrie manufacturière, le coût horaire a atteint 35,4 euros (35,1 euros en Allemagne et 29,5 euros pour la zone euro). Il a augmenté de 0,8% sur le trimestre précédent (1,6% en Allemagne), et de 4,1% sur un an (3% en Allemagne). Le coût du travail français dans l’industrie représente 101% du coût allemand (99,4% en 2008, 84,3% en 2000).
* Ces données appellent deux remarques :
- La dérive du coût horaire en France par rapport à celui de l’Allemagne ne tient pas d’abord à la hausse des salaires eux-mêmes: le taux des charges annexes a atteint 50,2% du salaire brut au premier trimestre 2011, après 49,8% en 2010, 49,4% en 2009 et 49,3% en 2008.
- Un coût salarial dans l’industrie du même ordre en France qu’en Allemagne ne signifie pas que le coût du travail en France dans l’industrie soit aussi compétitif qu’en Allemagne : d’une part, il lui était inférieur de plus de 15% en 2000, et sa dérive à la hausse depuis dix ans n’a pas été compensée en France par des surplus équivalents de gains de productivité par rapport à l’Allemagne ; d’autre part, l’écart de coût du travail dans l’ensemble du secteur marchand tient à celui dans les autres secteurs, notamment les services qui sont de plus en plus « consommés » par l’industrie (externalisation), et dont la hausse des coûts est répercutée soit sur les prix de vente soit sur les marges de l’industrie, au détriment dans les deux cas de sa compétitivité.
*Les données douanières sur les échanges de marchandises entre la France et l’Allemagne témoignent d’une évolution asymétrique depuis 2000.
* En moyenne mobile sur 12 mois :
- la part des produits français dans les importations allemandes a baissé de plus de 30% entre début 2000 (10,2%) et début 2011 (7,6%)
- la part des produits allemands dans les importations françaises est restée quasiment stable autour de 17%.
* Ces chiffres sont une nouvelle illustration de la perte de compétitivité de l’économie française par rapport à l’Allemagne. Le coût de la main d’œuvre en est un déterminant important mais pas exclusif : il ne doit pas occulter l’insuffisance de la capacité d’offre française relativement à la capacité d’offre allemande.
* Son insuffisance de compétitivité empêche notre économie de tirer tout le parti du dynamisme actuel de la demande intérieure allemande.
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