Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,
en France :
1. Trésorerie des grandes entreprises en mai 2011 : influence défavorable du prix du pétrole
2. Dépenses de consommation en biens manufacturés en avril 2011 : +2,3% sur un an au cours des trois derniers mois connus
3. Taux de chômage au 1er trimestre 2011 : quasi-stagnation depuis un an
4. Prix des appartements anciens au 1er trimestre 2011 : +14,5% par rapport à son point bas de 2009 (+27,8% à Paris)
à l’étranger :
5. Industrie manufacturière de la zone euro en mai 2011 : nouvelle dégradation des perspectives de production
6. Marché automobile européen au début 2011 : baisse des immatriculations
7. Construction de logements aux Etats-Unis au début 2011 : un marché toujours sinistré

* Selon les trésoriers des grandes entreprises dans l’enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode en mai 2011 :
- situation de trésorerie d’exploitation jugée toujours aisée mais indicateur inférieur à sa moyenne des années 2005-2007.
Sur ce point, deux observations :
. inquiétudes persistantes sur l’impact négatif de la hausse du prix du pétrole sur les trésoreries;
. pas d’influence négative attendue sur les trésoreries du taux de change actuel de l’euro, compte tenu du fait que son appréciation vient amortir le surenchérissement en dollars de l’énergie et des matières premières;
- interruption de la remontée quasi-continue des marges de crédits bancaires depuis mars 2010 ;
- début de tension sur les délais de paiement depuis mars, qui reste très modéré.

* Les dépenses des ménages en biens de consommation se sont repliées de 1,8% en avril 2011 en euros constants (après -1% en mars), sous l’effet notamment de la baisse des achats d’automobiles (-10,2%). En glissement annuel, le recul a été de -0,1% (+1,2% pour les seuls biens manufacturés).
* Les trois derniers mois connus (février-mars-avril) s’inscrivent en baisse de -0,6% par rapport aux trois mois précédents et en hausse de 1,3% sur un an.
Cette évolution globale recouvre :
- une baisse des dépenses en biens énergétiques (-5,4% sur un an);
- une progression de 2,3% sur un an des dépenses en produits manufacturés (près de 90% du total), avec un rythme particulièrement soutenu dans le textile-cuir (+3,8%), dans l’automobile (+4%) et dans l’équipement du logement (+5,9%).

* Le taux de chômage, au sens du BIT, s’est à peine réduit entre le 4ème trimestre 2010 (9,3%) et le 1er trimestre 2011, pour s’établir à 9,2%, soit 2,6 millions de chômeurs (France métropolitaine). Cette quasi-stagnation depuis un an contraste avec la baisse marquée du taux de chômage en Allemagne, depuis le 3ème trimestre 2009 (7,3% au 1er trimestre 2011 au plus bas depuis 1992).
* Par tranche d’âge :
- léger redressement du taux de chômage des jeunes (15-24 ans) au 1er trimestre 2011 à 22,8%, taux un peu inférieur à la moyenne des sept trimestres précédents;
- quasi-stabilité du taux de chômage des 25-49 ans (8,3%) et de celui des 50 ans et plus (6,3%).

* Au 1er trimestre 2011, les prix des appartements anciens en France ont augmenté de 2,9% par rapport au 4ème trimestre 2010, hausse largement due à celle des prix à Paris (+5,6%), où le prix au m² a atteint 7 780 euros.
* Depuis le 2ème trimestre 2009, point bas de la crise, la remontée des prix des appartements anciens à Paris (+27,8%) a été quasiment deux fois plus rapide que celle enregistrée en France (+14,5%). Ceci confirme que la divergence s’accroît entre le marché immobilier à Paris et celui en province.
* Ces évolutions traduisent notamment :
- un effet de rattrapage, après la baisse, même légère, des prix pendant la crise, mais qui est loin de justifier à lui seul la hausse récente ;
- surtout, le déséquilibre persistant entre l’offre et la demande de logements.

* L’enquête de mai 2011 de la Commission européenne dans l’industrie manufacturière de la zone euro met en évidence une détérioration des perspectives de production, en baisse pour le troisième mois consécutif.
Si le niveau des stocks est jugé anormalement bas, les carnets de commandes commenceraient à se détériorer.
* De fait, l’indice des commandes à l’industrie manufacturière de la zone euro, en moyenne mobile sur trois mois, a marqué le pas en février et mars 2011 (dernier mois connu) et se trouve à un niveau inférieur de 8% au point haut du 1er trimestre 2008. Le mouvement est notable en France et en Allemagne, qui représentent respectivement 15% et 34% de l’industrie manufacturière de la zone euro. Ceci laisse craindre un ralentissement de l’activité industrielle en Europe dans les prochains mois.

* Les immatriculations de voitures particulières au sein de la zone euro se sont réduites de 5,7% entre mars et avril 2011. Au cours des trois derniers mois connus, elles ont baissé de -4% sur les trois mois précédents (-2,7% sur un an) et restent inférieures de 12% à leur moyenne de longue période.
* Cette baisse globale recouvre une réduction des immatriculations en Allemagne et en France (fin de la prime à la casse) qui a plus que compensé le redressement dans d’autres pays (Espagne, Pays-Bas).

Le marché du logement américain reste déprimé avec des mises en chantier qui stagnent depuis deux ans : 566 000 en rythme annualisé pour la moyenne des quatre premiers mois de 2011.
Ce chiffre appelle trois observations :
- il est non seulement plus bas que celui atteint lors de la crise immobilière du début des années 90, mais aussi le plus bas jamais atteint depuis la dernière guerre ;
- il est très inférieur au besoin moyen estimé de constructions (1 à 1,5 million de logements), compte tenu de la hausse du nombre de ménages (+1% par an, soit +1 100 000 ménages) et des besoins de renouvellement du parc ;
- tous les indicateurs font craindre une poursuite de cette dépression (contraction des ventes de logements anciens, alourdissement des stocks de logements à vendre, baisse des prix), ce qui ne manquera pas de peser sur la croissance américaine à venir.
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MEDEF Actu-Eco de la semaine du 30 mai 2011
Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,
en France :
1. Trésorerie des grandes entreprises en mai 2011 : influence défavorable du prix du pétrole
2. Dépenses de consommation en biens manufacturés en avril 2011 : +2,3% sur un an au cours des trois derniers mois connus
3. Taux de chômage au 1er trimestre 2011 : quasi-stagnation depuis un an
4. Prix des appartements anciens au 1er trimestre 2011 : +14,5% par rapport à son point bas de 2009 (+27,8% à Paris)
à l’étranger :
5. Industrie manufacturière de la zone euro en mai 2011 : nouvelle dégradation des perspectives de production
6. Marché automobile européen au début 2011 : baisse des immatriculations
7. Construction de logements aux Etats-Unis au début 2011 : un marché toujours sinistré
* Selon les trésoriers des grandes entreprises dans l’enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode en mai 2011 :
- situation de trésorerie d’exploitation jugée toujours aisée mais indicateur inférieur à sa moyenne des années 2005-2007.
Sur ce point, deux observations :
. inquiétudes persistantes sur l’impact négatif de la hausse du prix du pétrole sur les trésoreries;
. pas d’influence négative attendue sur les trésoreries du taux de change actuel de l’euro, compte tenu du fait que son appréciation vient amortir le surenchérissement en dollars de l’énergie et des matières premières;
- interruption de la remontée quasi-continue des marges de crédits bancaires depuis mars 2010 ;
- début de tension sur les délais de paiement depuis mars, qui reste très modéré.
* Les dépenses des ménages en biens de consommation se sont repliées de 1,8% en avril 2011 en euros constants (après -1% en mars), sous l’effet notamment de la baisse des achats d’automobiles (-10,2%). En glissement annuel, le recul a été de -0,1% (+1,2% pour les seuls biens manufacturés).
* Les trois derniers mois connus (février-mars-avril) s’inscrivent en baisse de -0,6% par rapport aux trois mois précédents et en hausse de 1,3% sur un an.
Cette évolution globale recouvre :
- une baisse des dépenses en biens énergétiques (-5,4% sur un an);
- une progression de 2,3% sur un an des dépenses en produits manufacturés (près de 90% du total), avec un rythme particulièrement soutenu dans le textile-cuir (+3,8%), dans l’automobile (+4%) et dans l’équipement du logement (+5,9%).
* Le taux de chômage, au sens du BIT, s’est à peine réduit entre le 4ème trimestre 2010 (9,3%) et le 1er trimestre 2011, pour s’établir à 9,2%, soit 2,6 millions de chômeurs (France métropolitaine). Cette quasi-stagnation depuis un an contraste avec la baisse marquée du taux de chômage en Allemagne, depuis le 3ème trimestre 2009 (7,3% au 1er trimestre 2011 au plus bas depuis 1992).
* Par tranche d’âge :
- léger redressement du taux de chômage des jeunes (15-24 ans) au 1er trimestre 2011 à 22,8%, taux un peu inférieur à la moyenne des sept trimestres précédents;
- quasi-stabilité du taux de chômage des 25-49 ans (8,3%) et de celui des 50 ans et plus (6,3%).
* Au 1er trimestre 2011, les prix des appartements anciens en France ont augmenté de 2,9% par rapport au 4ème trimestre 2010, hausse largement due à celle des prix à Paris (+5,6%), où le prix au m² a atteint 7 780 euros.
* Depuis le 2ème trimestre 2009, point bas de la crise, la remontée des prix des appartements anciens à Paris (+27,8%) a été quasiment deux fois plus rapide que celle enregistrée en France (+14,5%). Ceci confirme que la divergence s’accroît entre le marché immobilier à Paris et celui en province.
* Ces évolutions traduisent notamment :
- un effet de rattrapage, après la baisse, même légère, des prix pendant la crise, mais qui est loin de justifier à lui seul la hausse récente ;
- surtout, le déséquilibre persistant entre l’offre et la demande de logements.
* L’enquête de mai 2011 de la Commission européenne dans l’industrie manufacturière de la zone euro met en évidence une détérioration des perspectives de production, en baisse pour le troisième mois consécutif.
Si le niveau des stocks est jugé anormalement bas, les carnets de commandes commenceraient à se détériorer.
* De fait, l’indice des commandes à l’industrie manufacturière de la zone euro, en moyenne mobile sur trois mois, a marqué le pas en février et mars 2011 (dernier mois connu) et se trouve à un niveau inférieur de 8% au point haut du 1er trimestre 2008. Le mouvement est notable en France et en Allemagne, qui représentent respectivement 15% et 34% de l’industrie manufacturière de la zone euro. Ceci laisse craindre un ralentissement de l’activité industrielle en Europe dans les prochains mois.
* Les immatriculations de voitures particulières au sein de la zone euro se sont réduites de 5,7% entre mars et avril 2011. Au cours des trois derniers mois connus, elles ont baissé de -4% sur les trois mois précédents (-2,7% sur un an) et restent inférieures de 12% à leur moyenne de longue période.
* Cette baisse globale recouvre une réduction des immatriculations en Allemagne et en France (fin de la prime à la casse) qui a plus que compensé le redressement dans d’autres pays (Espagne, Pays-Bas).
Le marché du logement américain reste déprimé avec des mises en chantier qui stagnent depuis deux ans : 566 000 en rythme annualisé pour la moyenne des quatre premiers mois de 2011.
Ce chiffre appelle trois observations :
- il est non seulement plus bas que celui atteint lors de la crise immobilière du début des années 90, mais aussi le plus bas jamais atteint depuis la dernière guerre ;
- il est très inférieur au besoin moyen estimé de constructions (1 à 1,5 million de logements), compte tenu de la hausse du nombre de ménages (+1% par an, soit +1 100 000 ménages) et des besoins de renouvellement du parc ;
- tous les indicateurs font craindre une poursuite de cette dépression (contraction des ventes de logements anciens, alourdissement des stocks de logements à vendre, baisse des prix), ce qui ne manquera pas de peser sur la croissance américaine à venir.
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