MEDEF Actu-Eco de la semaine du 30 janvier au 3 février 2012

FRANCE

1. Conditions d’octroi de crédit aux entreprises au 4ème trimestre 2011 : durcissement confirmé

2. Crédits aux sociétés non financières en décembre 2011 : progression ralentie des encours

3. Dépenses de consommation des ménages en décembre 2011 : repli de -0,7%

EUROPE

4. Marché du travail en Allemagne fin 2011 – début 2012 : de record en record

5. Dettes souveraines dans la zone euro début février 2012 : détente des taux d’intérêt à 10 ans… mais pas dans tous les pays

INTERNATIONAL

6. Croissance américaine au 4ème trimestre 2011 : nouvelle accélération

Selon la dernière enquête trimestrielle de la Banque de France auprès des établissements de crédit (décembre 2011),  les conditions d’octroi de crédit ont continué de se durcir au 4ème trimestre 2011 (un peu plus fortement pour les grandes entreprises que pour les PME), conformément à ce les banques avaient annoncé dans l’enquête de septembre 2011. Quasiment identique à celui enregistré dans la zone euro, ce resserrement devrait se poursuivre au 1er trimestre 2012, mais avec moins d’intensité.

Deux types de facteurs expliquent ce resserrement des conditions d’octroi de crédits aux entreprises par les banques au 4ème trimestre :

  • d’une part, des facteurs liés à la situation des banques, qu’il s’agisse de leur position de liquidité ou de leur accès aux financements de marché, jugés plus contraignants à la fin 2011 ;
  • d’autre part, des facteurs liés à l’évolution de la situation économique, qu’il s’agisse de leurs anticipations globales ou de celles sur l’activité d’un secteur ou d’une entreprise. Dans les deux cas, les banques envisagent une détérioration de la conjoncture.


Les encours de crédits aux sociétés non financières ont continué de ralentir en
décembre 2011
(+4,4% sur un an, après 5,7% en octobre et +4,8% en novembre), pour atteindre 814,8 milliards d’euros.

Ce ralentissement est principalement imputable à celui des encours de crédits pour trésorerie : leur rythme de croissance est tombé de +8,8% sur un an en novembre à +3,8% en décembre 2011, donnant un coup d’arrêt à l’accélération enregistrée depuis novembre 2009. Ce ralentissement peut être relié, pour partie, au durcissement par les banques des conditions d’octroi de crédits au second semestre 2011.

Par ailleurs,   la croissance des encours des crédits à l’investissement a un peu ralenti (+4,2% sur un an en décembre, après +4,7% en novembre). Au-delà des évolutions mensuelles, ce rythme de croissance se maintient autour de +4,5% depuis deux ans.


La consommation des ménages en biens s’est contractée de -0,7% (en volume) en décembre 2011 (+0,1% en novembre), notamment en raison du repli des dépenses dans l’énergie (météo exceptionnellement douce). Sur un an, elle s’est réduite de -3,1%.

Au quatrième trimestre 2011, elle est restée quasiment stable par rapport au 3ème trimestre 2011 (+0,2% l’an, -2% sur un an). Cette stagnation du 4ème trimestre recouvre :

  • une accélération des dépenses liées à l’automobile (+18,1% l’an) ;
  • une hausse des achats textile-cuir (+5%) ;
  • une quasi – stabilisation de ceux en équipement du logement (-0,1%) et en produits alimentaires (-0,3%) ;
  • une forte contraction des dépenses énergétiques (-13,7%).

Cette évolution des dépenses des ménages en biens suggère une stagnation voire une légère contraction du PIB au 4ème trimestre 2011, la consommation étant un moteur important de la croissance française.

Pour l’ensemble de l’année 2011, les dépenses des ménages en biens se sont légèrement contractées (-0,5%), après une hausse de +1,4% en 2010. Cette baisse est plus importante que celles enregistrées en 2008 (-0,2%) et en 2009 (-0,4%).


Le marché du travail en Allemagne continue d’évoluer favorablement en cette fin 2011 – début 2012.

En décembre 2011, l’emploi total (y compris armée et temps partiel) a augmenté de +50 000 (+43 000 en octobre et +47 000 en novembre). Sur un an, la hausse a été de +567 000 (+1,4%).

En janvier 2012, le taux de chômage a de nouveau reculé pour atteindre 6,7% de la population active (contre 7,4% en janvier 2011). Ce niveau historiquement bas du chômage  depuis la réunification est en cohérence avec le niveau historiquement élevé de l’emploi (41,3 millions).
En deux ans, l’Allemagne aura ainsi créé un million d’emplois et réduit son taux de chômage de 8% à 6,7%.

Néanmoins, au vu de la quasi-stagnation du PIB allemand attendue pour 2012 (+0,3% selon les prévisions en janvier 2012 du FMI), les créations d’emploi devraient mécaniquement ralentir dans les prochains mois, voire s’interrompre.


Depuis la fin de l’année 2011, les tensions sur les dettes souveraines de la
zone euro se réduisent, en liaison avec l’injection de liquidités par la BCE le
21 décembre 2011 en faveur du système bancaire
, ce qui correspond dans les faits à une politique de « quantitative easing ». Cette accalmie bienvenue ne signifie pas la fin de la crise, dont la résolution suppose des réformes budgétaires significatives.

Il y a deux exceptions à ce constat :

  • le taux de rendement des obligations d’Etat à dix ans en Grèce plafonne à 33% depuis début décembre, mais sans parvenir à amorcer la moindre baisse ;
  • le taux d’intérêt sur la dette du Portugal s’est fortement redressé au cours de la deuxième quinzaine de janvier. C’est la traduction par les marchés d’une crainte de risque de défaut sur la dette portugaise, crainte accentuée par une économie qui s’enfonce toujours plus dans la récession.

En revanche, la détente observée est particulièrement notable sur la dette de l’Irlande, et de manière plus significative sur celles de l’Italie et de l’Espagne.

Les taux sur les obligations d’Etat baissent également en France et en Allemagne, à partir de niveaux beaucoup plus bas que dans les autres pays. Le taux allemand est revenu sous la barre des 2%.  La forte baisse du taux français  le 2 février l’a ramené sous la barre des 3%. L’écart avec le taux allemand s’est ainsi  réduit à 105 points de base, sans commune mesure avec l’écart constaté pour les autres pays de la zone (369 points de base pour le taux italien, 1 295 points de base pour le taux portugais, etc.). Il reste que c’est une prime de risque, qui n’existait pas avant la crise de 2008, et qui pénalise l’économie française pour les finances publiques et pour le financement des investissements privés (ménages entreprises). La résorption de cette prime de risque par rapport à l’Allemagne suppose une politique claire et crédible d’assainissement des finances publiques et de réformes structurelles pour redresser la compétitivité et la croissance de l’économie française.


Une première estimation du PIB américain pour le 4ème trimestre 2011 vient d’être publiée : +2,8% l’an (+1,6% sur un an). Ce chiffre confirme la tendance d’une nette accélération de l’économie américaine tout au long de l’année 2011 (+0,4% au 1er trimestre, +1,3% au 2ème trimestre, +1,8% au 3ème trimestre) et l’embellie conjoncturelle que laissait envisager l’enquête auprès des directeurs d’achat (ISM) en décembre 2011.

Cette accélération de la croissance au 4ème trimestre 2011 résulte :

  • d’une hausse des stocks des entreprises (contribution à l’évolution de PIB de +1,94 point) ;
  • d’une consommation privée toujours dynamique (+2% après +1,7% au 3ème trimestre) ;
  • d’une nette accélération de l’investissement dans le logement (+10,9% après +1,3% au 3ème trimestre), comme l’a montré l’évolution des mises en chantier en fin d’année.

Une petite déception provient du ralentissement de l’investissement productif (+1,7% après +15,7% au 3ème trimestre).

Sur l’ensemble de l’année 2011, en moyenne annuelle, la croissance du PIB a été
de +1,7% entre 2010 et 2011
, contre +3% en 2010. Pour l’année 2012, le FMI prévoit une croissance de +1,8%.
Ce dynamisme de l’économie américaine devrait être soutenu notamment par le niveau élevé des marges des entreprises, favorable aux investissements, par la poursuite du redressement des mises en chantier et par une politique monétaire toujours accommodante de la FED. Il reste que le pouvoir d’achat des ménages sera impacté par la hausse des prix des produits de base importés (énergie, matières premières).


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