MEDEF Actu-Eco de la semaine du 28 novembre au 2 décembre 2011

FRANCE

  • Dégradation du marché de l’emploi en octobre 2011 : 2 814 900 demandeurs d’emploi (+1,2% sur septembre)
  • Dépenses de consommation des ménages en octobre 2011 : stabilisation après un léger recul en septembre
  • Moral des ménages en novembre 2011 : de plus en plus inquiets
  • Crédit aux entreprises secteur privé (encours) en octobre 2011 : poursuite du redressement des crédits pour trésorerie

INTERNATIONAL

  • Croissance du PIB mondiale au 3ème trimestre 2011 : accélération
  • Prévisions de croissance de l’OCDE pour 2012 : forte révision à la baisse, mais aucune zone ne sera en récession
  • Marché interbancaire fin novembre 2011 : méfiance accrue entre les banques

Le taux de chômage au sens du BIT pour la France métropolitaine s’est accru  de 9,1% au 2ème trimestre à 9,3% au 3ème trimestre 2011, après trois trimestres consécutifs de très léger recul. 

La situation a continué de se dégrader depuis la rentrée. En octobre 2011, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A* s’est accru de +1,2% par rapport à septembre (soit +34 400 personnes), pour atteindre 2 814 900 (France métropolitaine). C’est le niveau le plus élevé depuis fin 1999. En un an, il a augmenté +130 700 personnes (+4,9%).

*Catégorie A (notion la plus utilisée) = personne sans emploi tenue de faire des actes positifs de recherche

Cette hausse sur un an concerne toutes les catégories de demandeurs d’emploi, les femmes et les seniors étant les plus affectés :

  • +6,9% pour les femmes, contre +3% pour les hommes ;
  • +15,5% pour les personnes de 50 ans et plus, contre +2,7% pour celles de 25 à 49 ans et +1,2% pour les moins de 25 ans.

Si l’on tient compte des personnes en activité réduite, le nombre total de demandeurs d’emploi (catégories A, B, C), a enregistré, en octobre, son 6ème mois consécutif de hausse (+0,4% par rapport à septembre, soit +17 200 chômeurs). Sur un an, il s’est accru de 207 000 personnes (+5,2%).

Compte tenu de la dégradation de la situation économique et des perspectives de recrutement orientées à la baisse, la situation devrait encore se dégrader. C’est l’hypothèse retenue par l’OCDE, prévoyant un taux de chômage de 10,4% fin 2012.


La consommation des ménages en biens est restée stable en octobre 2011, après avoir reculé de 0,2% en septembre. Sur un an, elle s’est réduite de 0,9%.

En moyenne mobile sur trois mois (août, septembre, octobre), elle a augmenté de +0,2%, (soit +0,8% en rythme annualisé) confirmant ainsi l’impression de stagnation depuis le début de l’été.
Cette évolution de la consommation au cours des trois derniers mois recouvre des évolutions diverses :

  • +2,6% l’an pour les dépenses en biens durables (+7,6% pour les achats liés à l’automobile, -4,1% pour les dépenses d’équipement du logement) ;
  • +2% l’an pour celles en énergie ;
  • -7,5% l’an pour les achats de textile-cuir.

Plusieurs indicateurs vont dans le sens d’une lourdeur persistante de la consommation des ménages dans les prochains mois : dégradation du marché de l’emploi, inquiétudes des ménages sur leur avenir.


L’indicateur synthétique de confiance des ménages s’est replié en novembre 2011, après un rebond en octobre. Il se situe à son plus bas niveau depuis février 2009.

D’origines multiples (crise des dettes souveraines, conjoncture incertaine dans la zone euro, chômage élevé, pétrole qui se maintient autour de 110 dollars le baril, etc.), ce pessimisme en novembre recouvre :

  • un recul de l’opinion des ménages sur leur situation financière future (solde au plus bas depuis le début de l’enquête en 1972). Ils jugent qu’il est un peu moins opportun de faire des achats importants et d’épargner ;
  • un plafonnement des anticipations de chômage, solde étant le plus haut depuis juin 2010 (mais toujours en deçà du pic de juin 2009) ;
  • une hausse des anticipations en matière d’inflation.


Les encours de crédits totaux aux sociétés non financières se sont accrus de +5,9% entre octobre 2010 et octobre 2011, poursuivant ainsi leur redressement entamé début 2010.

Ce redressement est imputable à celui des encours de crédits pour trésorerie, dont leur rythme de croissance a été de +10,6% sur un an en octobre 2011. Mais leur niveau est encore inférieur de 13% à ce qu’il était avant la crise.

Les encours de crédits pour investissements ont, de leur côté, continué d’augmenter. Entre octobre 2010 et octobre 2011, ils se sont accrus de +4,3%. 


La croissance du PIB « mondial » (agrégation du PIB de 53 pays par Coe-Rexecode) s’est accélérée au 3ème trimestre 2011 : +3,9% l’an après +2,9% l’an au 2ème trimestre. Ce rebond résulte pour l’essentiel de celui enregistré aux Etats-Unis (+2,0% l’an après +1,3% l’an au 2ème trimestre) ainsi qu’au Japon (+6% l’an après -1,3% l’an, rebond technique après la chute liée aux catastrophes de mars).

Tout laisse penser que la dynamique va se poursuivre aux Etats-Unis au 4ème trimestre, ce qui n’est pas le cas du Japon. Dans le même temps, la croissance de la zone euro a continué de quasiment stagner, tandis qu’en Chine, elle s’est très légèrement décélérée, tout en restant soutenue.

Sur un an, le rythme de la croissance (+3,8%) a été du même ordre que celui du 2ème trimestre, et que celui des dix dernières années précédant la crise (+3,7%).


L’OCDE vient de publier ses nouvelles prévisions de croissance pour 2012, avec un scénario de référence reposant sur plusieurs hypothèses somme toute favorables:

  • une politique monétaire toujours « très accommodante » ;
  • des problèmes des dettes souveraines et du secteur bancaire dans la zone euro qui seront contenus ;
  • « un resserrement budgétaire excessif [qui] sera évité ».

L’OCDE revoit nettement à la baisse ses prévisions par rapport à celles du mois de mai : la croissance mondiale devrait être de +3,8% cette année (au lieu des +4,2% prévus) et de +3,4% en 2012 (au lieu de +4,6%). Néanmoins, aucune grande zone ne devrait être en récession.
 

 
Ces dernières prévisions, qui dépendent largement de l’évolution de la crise de la zone euro, mettent une nouvelle fois en évidence une triple hétérogénéité :

  • entre pays développés et pays émergents : +1,6% pour les pays de l’OCDE en 2012, contre par exemple +8,5% en Chine, +7,2% en Inde et  +4,1% en Russie…;
  • entre Etats-Unis et zone euro : la croissance américaine s’accélérerait en 2012 (+2% après +1,7% en 2011), alors que l’économie européenne serait en quasi-stagnation (+0,2% après +1,6% en 2011) ;
  • entre pays de la zone euro : de 1 à 1,5% en Irlande et en Finlande, croissance à peine positive ailleurs, à l’exception de trois pays en récession (-3,2% au Portugal, -3% en  Grèce, -0,5% en Italie).

Focus sur la France : l’OCDE a fortement révisé à la baisse la croissance française pour 2012 : +0,3% (+2,1% dans la prévision de mai), prévision plus pessimiste que celle de la Commission européenne, qui table sur +0,6% (Autumn forecast, novembre 2011).

« Compte tenu du ralentissement économique et de la charge croissante de la dette », l’OCDE souligne qu’atteindre l’objectif d’un déficit de 4,5% du PIB en 2012 « exigerait de nouvelles mesures de consolidation budgétaire ». Elle chiffre ce nouvel effort à 8 milliards d’euros (0,4 point de PIB).  Il en va, selon elle, de la « crédibilité » des engagements français sur son objectif de déficit.

C’est sans compter les effets dépressifs d’un nouveau resserrement budgétaire sur une conjoncture déjà atone…


Télécharger le pdf