MEDEF Actu-Eco de la semaine du 25 avril 2011

Six points :

-    Défaillances d’entreprise au 1er trimestre 2011 : la baisse ralentit
-    Demandeurs d’emploi en mars 2011 : en baisse pour le 3ème mois consécutif
-    Moral des ménages en avril 2011 : inquiétudes persistantes pour l’emploi et le niveau de vie
-    Conditions d’octroi de crédit aux ménages au 1er trimestre 2011 : statu quo pour les crédits à la consommation, durcissement pour les crédits à l’habitat
-    Conditions d’octroi de crédit aux entreprises au 1er trimestre 2011 : assouplissement pour les grandes entreprises, durcissement pour les PME
-    Taux d’autofinancement des sociétés non financières : -20% en France, +12% en Allemagne en 15 ans


* Selon l’Observatoire des créations et défaillances de la Coface, les défaillances d’entreprise ont continué de reculer au 1er trimestre 2011 par rapport au 1er trimestre 2010 (-4,2%), mais à un rythme plus modéré que le trimestre précédent (-9% sur un an).

* Cette baisse globale des défaillances recouvre des évolutions hétérogènes selon la taille de l’entreprise : -9,2% pour les PME, -4,4% pour les TPE et +37,5% pour les grandes entreprises (ces dernières, il est vrai, représentent moins de 1% du total des défaillances d’entreprises).

* Ce sont les TPE qui représentent l’essentiel des faillites (quasiment 9 sur 10).

* Près d’un tiers des défaillances sont celles d’entreprises nouvelles (moins de 3 ans).


* Le taux de chômage en France au 1er trimestre 2011 (9,5%) a confirmé la baisse amorcée depuis le début de l’année 2010. Cette baisse contraste néanmoins avec celle plus marquée du taux de chômage en Allemagne.

* En niveau absolu, le nombre de demandeurs d’emploi de la catégorie A inscrits à Pôle emploi a baissé en mars 2011 pour le troisième mois consécutif, s’établissant à 2,68 millions de personnes (+0,7% sur un an). Le mouvement est analogue si l’on considère les demandeurs d’emploi dans leur acception la plus large (catégories A, B, C, D, E) 1.

* Cette évolution globale recouvre des situations différentes :

- selon le sexe : sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru chez les femmes tandis qu’il s’est réduit chez les hommes ;

- selon l’âge : le nombre de demandeurs d’emploi a baissé de façon sensible chez les moins de 25 ans mais s’est fortement accru chez les 50 ans et plus.

1 catégorie A : actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ; catégorie B : actes positifs de recherche d’emploi, en activité réduite courte ; catégorie C : actes positifs de recherche d’emploi, en activité réduite longue ; catégorie D : sans actes positifs  de recherche d’emploi, sans emploi ; catégorie E : sans actes positifs de recherche d’emploi, en emploi


* En avril 2011, l’indicateur synthétique d’opinion des ménages sur la situation économique est resté stable par rapport au mois de mars, ce qui recouvre :

- des perspectives un peu plus favorables pour leur situation financière ;

- une légère hausse des anticipations de chômage ;

- une légère modération des craintes d’accélération de l’inflation.

* Au-delà de ces variations mensuelles, le moral des ménages traduit la persistance d’inquiétudes : les indicateurs sur les prix et sur leur situation financière sont à des niveaux les plus dégradés depuis six ans. S’agissant du chômage, l’indicateur s’est un peu infléchi par rapport à ses points hauts de 2008 mais reste très supérieur à sa moyenne de longue période.


Selon la dernière enquête trimestrielle de la Banque de France auprès des établissements de crédit sur la distribution du crédit aux ménages, les évolutions ont été différentes selon l’objet des crédits :

- crédits à la consommation : stabilité des conditions d’octroi et de la demande de crédit ;

- crédits à l’habitat : durcissement des conditions d’octroi et baisse de la demande de crédit notamment (perspectives moins favorables sur le marché du logement notamment).


* Selon la même enquête de la Banque de France auprès des établissements de crédit mais cette fois-ci sur la distribution du crédit aux entreprises,  les conditions d’octroi de crédit aux entreprises (toutes tailles confondues) sont restées inchangées entre le 4ème trimestre 2010 et le 1er trimestre 2011. Ce constat global recouvre deux réalités distinctes :

- un léger resserrement pour les PME ;

- une poursuite de l’assouplissement pour les grandes entreprises, mais de façon moins marquée que les deux trimestres précédents.

A noter que les conditions d’octroi de crédit aux entreprises en France sont similaires à celles constatées pour la moyenne de la zone euro.

* La demande de crédit aux entreprises, PME et grandes entreprises, est jugée toujours bien orientée au 1er trimestre 2011, en liaison avec la reprise de l’investissement alors que la demande de crédit a baissé pour d’autres financements (gestion de stocks, fusion-acquisition et restructuration d’entreprise).


Proches de 80% en 1995, les taux d’autofinancement (épargne brute / investissement) des sociétés non financières allemandes et françaises ont suivi des trajectoires opposées entre 1995 et 2009.

* Le taux d’autofinancement en France n’a cessé de s’effriter, atteignant le niveau historiquement bas de 63,6% en 2009. Ceci est le résultat d’une baisse du taux d’épargne qui n’a pas empêché les entreprises de poursuivre leur effort d’investissement au prix d’un alourdissement de leur dette.

* Cette situation contraste avec celle de l’Allemagne, dont le taux d’autofinancement oscillait autour de 100% depuis le milieu des années 2000, jusqu’à la crise. Ceci résulte d’un taux d’épargne qui a progressé et d’un effort d’investissement qui s’est un peu réduit.

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