MEDEF Actu-Eco de la semaine du 23 mai 2011

Sept points :
-    Croissance mondiale au 1er trimestre 2011 : ralentissement
-    Crise du surendettement de la zone euro : des taux d’intérêt toujours plus élevés dans les pays périphériques
-    Climat des affaires en Allemagne en mai 2011 :indice à leurs plus hauts niveaux depuis vingt ans
-    Climat des affaires en France en mai 2011 : pause dans l’amélioaration
-    Hausse des prix en avril 2011 : accélération sur trois mois (hors énergie et produits frais)
-    Demandeurs d’emploi en avril 2011: recul pour le 4ème mois consécutif
-    Confiance des ménages en mai 2011: un léger mieux, mais…

* La croissance mondiale1 s’est modérée au 1er trimestre 2011 par rapport au trimestre précédent : +3,5% l’an après +4,9% l’an au 4ème trimestre 2010. Ce chiffre confirme le ralentissement enregistré depuis fin 2009-début 2010 (+5,9%).

Cette modération de la croissance mondiale au début de l’année résulte de :

- la contraction de l’économie japonaise (-3,7% l’an au 1er trimestre 2011) ;

- la modération de la croissance du PIB chinois (+8,7% l’an après 12,5% l’an) ;

- du ralentissement de la croissance américaine (+1,7% l’an au 1er trimestre 2011 après +3,1% l’an au trimestre précédent).

* Deux observations sur ce ralentissement :

- le rythme de croissance sur un an (+4,2%) reste très supérieur à celui des   dix dernières années précédant la crise (+3,7%) ;

- la décélération de l’activité mondiale explique la détente des cours des    matières premières (hors pétrole et métaux précieux) que l’on observe depuis la     fin de l’hiver (-7% entre début février et  mi-mai, en dollars), évolution favorable à la    réduction des pressions inflationnistes dans le monde.

1Croissance du PIB mondial résultant de l’agrégation par Coe-Rexecode de ceux de 53 pays.



* Contraintes de financement résultant des plans de redressement budgétaire, tensions politiques dans plusieurs pays et crise de gouvernance au niveau européen amplifient le scepticisme des investisseurs vis-à-vis des économies « périphériques » où les taux de rendement des obligations d’Etat à 10 ans vont de record en record : ils avoisinent désormais 17% en Grèce, 11% en Irlande et 10% au Portugal.

* En revanche, les taux longs se détendent depuis la mi-avril en Allemagne et en France, où ils ont retrouvé leurs niveaux de mi-novembre 2010.



L’indice IFO synthétique du climat des affaires en Allemagne est resté stable, en mai 2011, évolution recouvrant :

- une poursuite de la hausse de l’indice concernant la situation instantanée, au plus haut depuis la réunification, qui est à rapprocher de la forte croissance du PIB allemand au 1er trimestre 2011 (+6% l’an) ;

- un nouvel effritement de l’indice concernant la situation future, à partir du niveau record atteint en février.



Selon l’INSEE, l’amélioration de l’indicateur de climat des affaires en France (tous secteurs confondus) a marqué le pas en mai 2011, tout en restant supérieur à sa moyenne de longue période :

- léger repli dans l’industrie manufacturière un niveau élevé (tassement des    carnets de commandes toujours jugés garnis) ainsi que dans les services (révision à la   baisse des anticipations d’activité) et dans le commerce de gros (repli des intentions   de commandes, toujours élevées) ;

- interruption du redressement dans le bâtiment après deux mois de hausse (carnets   de commandes qui restent jugés inférieurs à la normale) ;

- stabilité dans le commerce de détail pour le troisième mois consécutif (tassement    des ventes prévues et des intentions de commandes, stabilité de l’emploi).



* En avril 2011, l’indice des prix à la consommation a augmenté de +0,2%, après +0,5% en mars 2011 (fin des soldes d’hiver, hausse des prix alimentaires hors produits frais). Sur un an, la hausse a été de +2,1%.

* Sur trois mois, la hausse a ralenti (+3,1% l’an en avril 2011 après +3,7% l’an en mars), suite à la modération sensible des prix des produits énergétiques, pour l’essentiel des produits pétroliers (+18,5% l’an en avril après +45,5% l’an en mars).

En revanche, pour les autres produits, les trois derniers mois connus ont enregistré une accélération des prix, qu’il s’agisse des produits manufacturés (+1,4% l’an en avril après -0,8% l’an en mars), des produits alimentaires hors produits frais (+4,5% l’an en avril après +2,5% l’an en mars) ou des services (+3,2% l’an en avril après +2,6% l’an en mars).

D’où une nouvelle accélération de l’inflation sous-jacente (hors énergie et produits frais), de +0,1% l’an sur trois mois en janvier à +2,9% l’an en avril, hausse la plus forte depuis septembre 2009. Sur 12 mois, toutefois, cette inflation sous-jacente reste très modérée (+1,1% en avril).

* L’accélération des prix au début de l’année 2011 explique l’érosion du pouvoir d’achat salarial (salaire mensuel de base, salaire horaire de base des ouvriers) enregistrée au premier trimestre 2011.


* Le nombre des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi a baissé de -10 900 en avril, pour s’établir à 2 669 100 (catégorie A, France métropolitaine), et de -53 400 depuis le début de l’année (-2%). Sur un an, il a crû de +0,2%.

* Cette baisse des derniers mois:

. est corrélative de l’amélioration de la conjoncture (croissance de 1% au premier trimestre 2011) ;

. concerne d’une part les hommes (-2,4% sur un an en avril) plus que les femmes (+3,1%), d’autre part les jeunes de moins de 25 ans (-7,1% sur un an), et les actifs de 25 à 49 ans (-1,3%), alors que le nombre des demandeurs de plus de 50 ans continue d’augmenter (+13%) ;

. fait suite à une très forte remontée liée à la crise (+729 000 entre avril 2008 et décembre 2010) qui demandera du temps pour être effacée.



* L’indicateur synthétique de confiance des ménages s’est un peu redressé en mai, confirmant la stabilisation des deux mois précédents. Il reste très inférieur à sa moyenne de longue période.

* Les ménages apparaissent, au vu de l’enquête de mai :

. moins nombreux à anticiper une augmentation du chômage (l’indicateur est revenu à sa moyenne de longue période) et moins préoccupés par les perspectives d’inflation (baisse sensible de l’indicateur après une progression continue depuis le printemps 2009, mais toujours supérieur à sa moyenne de longue période) ;

. un peu moins pessimistes sur leur situation financière future (mais nettement plus que la moyenne de longue période) ;

. mais toujours très prudents : l’indicateur sur l’opportunité de faire des achats importants continue de baisser et celui sur l’opportunité d’épargner reste élevé.

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