MEDEF Actu-Eco de la semaine du 21 mars 2011

Six points :

- Comptes des sociétés : nouvel affaiblissement des profits en 2010

- Moral des ménages en mars 2011 : crainte d’une accélération de l’inflation

- Climat des affaires en mars 2011 : nouveau redressement dans l’industrie, les services et le commerce de gros

- Rendements des obligations d’Etat à 10 ans dans la zone euro : nouvelles tensions au sein des pays dits « périphériques »

- Cours de l’or : une aversion au risque toujours présente malgré une reprise de la croissance mondiale

- Quels impacts économiques des catastrophes naturelles sur l’économie japonaise ?


L’INSEE vient de publier les résultats détaillés des comptes des sociétés pour le 4ème trimestre 2010, ce qui permet d’avoir une première estimation des résultats pour l’année 2010.

Il ressort de ces chiffres que le partage de la valeur ajoutée a de nouveau été défavorable aux entreprises : les rémunérations se sont accrues, en 2010, deux fois plus vite que la valeur ajoutée par rapport à 2009 (+2,6% contre +1,3%), alors que la marge brute a augmenté un peu moins vite que la valeur ajoutée (+1,1%) et que les profits distribuables après impôt (autofinancement et distribution nette) ont continué de baisser (-2,5%).

Ainsi, en % de la valeur ajoutée, les principaux ratios d’exploitation des sociétés non financières ont continué de se dégrader entre 2009 et 2010 :

  • la rémunération du travail poursuit sa hausse, du fait, pour l’essentiel, de la hausse des salaires et traitements bruts ;
  • le taux d’autofinancement, en 2010 (62,3%), est au plus bas depuis 1985.

Selon la dernière enquête de l’INSEE (mars 2011), dégradation du moral des ménages en mars 2011 concernant la situation économique. Cette constatation globale recouvre des situations diverses :

  • pessimisme légèrement moindre qu’en février sur le chômage ;
  • légère dégradation de l’opinion sur leur situation financière personnelle future ;
  • crainte d’une accélération de l’inflation (solde d’opinion au plus haut depuis juillet 1995).

Selon les enquêtes de conjoncture de l’INSEE, l’indicateur du climat des affaires en France (tous secteurs confondus) poursuit sa progression en mars 2011. Il a retrouvé son niveau de mars 2008 et est supérieur à sa moyenne de long terme pour le septième mois consécutif.

Cette amélioration globale du climat des affaires recouvre des situations sectorielles différentes :

  • nouvelle amélioration du climat des affaires dans l’industrie manufacturière (hausse des carnets de commandes, progression des perspectives personnelles) ;
  • interruption du redressement du climat des affaires dans le bâtiment au mois de mars, se fixant à un niveau inférieur à celui qui prévalait avant la crise (stabilisation de l’activité prévue, carnets de commandes jugés inférieurs à la normale, taux d’utilisation des capacités de production quasiment stable).
  • poursuite de l’amélioration du climat dans les services (révision à la hausse des anticipations d’activité, ralentissement de l’emploi hors intérim dans les prochains mois) ;
  • repli du climat des affaires dans le commerce de détail pour le deuxième mois consécutif, tout en restant supérieur à sa moyenne de longue période (redressement des ventes prévues, repli des intentions de commandes, quasi stabilité du rythme de créations d’emploi dans les prochains mois) ;
  • forte amélioration du climat des affaires dans le commerce de gros (redressement des intentions de commandes, hausse des effectifs prévus).

Nouvelles tensions sur les dettes souveraines dans les pays dits « périphériques », pouvant s’accroître au Portugal, compte tenu du rejet par le Parlement du nouveau plan d’austérité présenté par le gouvernement.

Poursuite de la remontée des taux longs en Allemagne et en France (+40% en 7 mois).


Malgré le dynamisme de l’économie mondiale fin 2010 et début 2011, l’or sert toujours de valeur refuge, dans un contexte international très perturbé (Afrique du Nord, Moyen-Orient, Japon notamment). Le cours de l’or vient d’atteindre le niveau historique de 1440 dollars l’once. Entre fin janvier 2011 et le 23 mars 2011, il s’est accru de 8,5%. Depuis la mi-2009, il a augmenté de plus de 50%.


Le séisme et le tsunami du mois de mars au Japon auront des conséquences plus importantes que le tremblement de terre de Kobe en 1995. Cependant, il est trop tôt pour en faire un chiffrage.

Cette situation s’est déroulée dans une économie japonaise peu allante et avec une situation des finances publiques difficile.

Quels impacts économiques peut-on d’ores et déjà discerner ?

  • un coût de reconstruction, selon le cabinet du premier ministre japonais, compris entre 130 et 217 milliards d’euros, soit représentant entre 3 et 5% du PIB japonais ;
  • une quasi-stagnation du PIB en 2011 (entre 0 et +1%), et ceci malgré l’activité de reconstruction qui va se développer ;
  • une remontée du yen, au moins jusqu’à l’été, liée, semble-t-il, aux rapatriements de capitaux opérés, pour l’essentiel, par des compagnies d’assurance.