MEDEF Actu-Eco de la semaine du 16 mai 2011

Six points :
-    Croissance française au 1er trimestre 2011 : le PIB a retrouvé son niveau du printemps 2008
-    Salaires au 1er trimestre 2011 : accélération en valeur, contraction en pouvoir d’achat
-    Comptes des sociétés en 2010 : un redressement très insuffisant pour retrouver les niveaux de 2007
-    Commandes dans l’industrie en mars 2011 : tassement depuis le début de l’année
-    Créations d’entreprise en avril 2011 : +0,5% hors auto-entrepreneurs au cours des trois derniers mois connus sur un an
-   Prévisions 2011-2012 de la Commission européenne : situations toujours très hétérogènes dans la zone euro


* La croissance du PIB s’est accélérée au 1er trimestre 2011 en France (comme dans la zone euro ainsi qu’en Allemagne) : +3,9% l’an après +1,4% l’an au trimestre précédent. Entre le 1er trimestre 2010 et le 1er trimestre 2011, la croissance française s’est établie à +2,2% (+2,5% pour l’économie européenne, +4,8% pour l’économie allemande).

* Le PIB français a ainsi retrouvé son niveau du printemps 2008, ce qui n’est pas encore le cas pour l’ensemble de la zone euro, à l’exception notable de l’Allemagne.


* Selon la Dares, les chiffres encore provisoires font état d’une hausse nominale de +0,7%, qu’il s’agisse du salaire mensuel de base (SMB) ou du salaire horaire de base des ouvriers (SHBO). Dans les deux cas, cette hausse s’est accélérée depuis l’été 2010. Sur un an, ils ont enregistré une hausse de +2,0%.

* Malgré cette accélération nominale des salaires et compte tenu de la hausse plus rapide de l’indice des prix à la consommation (+0,8% au 1er trimestre 2011, après +0,6% au 4ème trimestre 2010  et +0,2% au 3ème trimestre 2010), le pouvoir d’achat salarial s’est légèrement contracté au début de l’année 2011.

Sur un an, le pouvoir d’achat salarial a quasiment stagné (+0,1% pour la SHBO, +0,2% concernant le SMB).


* D’après les comptes nationaux publiés par l’INSEE, il y a eu une amélioration des comptes des sociétés non financières entre 2009 et 2010. En effet, leur marge brute, leur autofinancement (épargne brute) et leurs profits distribuables après impôt (autofinancement et distribution nette) se sont accrus, nettement plus vite que la valeur ajoutée.

* Ce redressement n’a pas été suffisant pour retrouver les niveaux de 2007. Alors que la valeur ajoutée a à peine augmenté entre 2007 et 2010,

-    les salaires et traitements bruts ont augmenté de 4,4%, tandis que la marge brute s’est réduite de 4,2% ;

-    les profits distribuables après impôt sont en baisse (légère progression des dividendes, contraction de l’autofinancement) ;

-    compte tenu d’un recul des investissements moins important que celui de l’épargne brute, le taux d’autofinancement (épargne brute / FBCF) a baissé de 5 points entre 2007 et 2010, pour s’établir à 78,7%.


* L’indice de commandes en valeur reçues dans l’industrie manufacturière (hors matériel de transport autres qu’automobile) a baissé de -1,2% en mars 2011, après une hausse de 0,7% en février. Il s’inscrit en baisse de 3,5% par rapport au point haut de décembre 2010.

* En moyenne, les commandes totales du 1er trimestre 2011 se sont accrues de +2,4% par rapport au trimestre précédent, grâce à la vigueur des commandes étrangères (+5%). Sur un an, elles ont progressé de 18%, mais restent inférieures de 7,7% à leur niveau moyen du 1er semestre 2008.


* Les créations d’entreprises ont baissé en avril 2011 après deux mois de hausse, qu’il s’agisse des créations avec ou hors auto-entrepreneurs.

* Sur un an, les trois derniers mois connus (février-mars-avril) s’inscrivent en hausse de 0,5% pour les créations hors auto-entrepreneurs mais en baisse de -19% avec auto-entrepreneurs. Cette baisse a concerné tous les grands secteurs, à l’exception des activités immobilières où les créations (3,4% du total en 2011) ont augmenté de +8,9%.

* Malgré leur tassement,  les créations hors auto-entrepreneurs des trois derniers mois connus dépassent encore de 20% le niveau moyen de 2000-2002.


La Commission Européenne vient de publier ses prévisions pour 2011 et 2012 (« Spring 2011 Forecast », 13 mai 2011), concernant notamment la croissance et les finances publiques.

* Les prévisions sur la croissance du PIB confirment trois points :

-    la reprise de la zone euro fait preuve d’une lourdeur certaine au regard de celle aux Etats-Unis, après une récession plus violente qu’outre-Atlantique ;

-    l’Allemagne se distingue des autres pays européens avec une croissance nettement plus soutenue que la moyenne de la zone euro, suivie par la France dans le palmarès de croissance 2011-2012 ;

-    les pays « périphériques » (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) ainsi que  et Italie restent à la traîne : en 2012, ils seront encore loin d’avoir retrouvé leur niveau d’activité de 2008. 2011 sera la troisième année consécutive de récession en Grèce et verra une nouvelle récession pour le Portugal, qui devrait se prolonger en, 2012.

* Si une réduction des déficits publics est engagée partout au sein de la zone euro, des écarts considérables demeurent d’un pays membre à l’autre (-1,2% en Allemagne en 2012, -9,3% en Grèce).

S’agissant de la France, le déficit public prévu en 2012 serait plus élevé :

- que celui de la moyenne de la zone euro malgré une croissance légèrement plus forte ;

- que celui prévu par le gouvernement dans la Programmation des finances publiques pour 2011-2014 : -4,6% avec une hypothèse de croissance de 2,5%, supérieure à celle de la Commission européenne. C’est dire l’urgence des réformes à engager pour respecter l’objectif gouvernemental d’un déficit public de 3% du PIB en 2013.

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