MEDEF Actu-Eco de la semaine du 14 au 18 novembre 2011

Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,

en France :

1. Croissance du PIB au 3ème trimestre 2011 : rebond de +1,6% l’an

2.Emploi salarié dans le secteur marchand au 3ème trimestre 2011 : redressement interrompu

3. Créations d’entreprise en octobre 2011 : -15,3% (-25% hors auto-entrepreneurs)

4. Trésorerie des grandes entreprises en novembre 2011 : dégradation interrompue

A l’international :

5. Croissance de la zone euro au 3ème trimestre 2011 : quasi-nulle

6. Marché des matières premières à la mi-novembre 2011 : stabilisation des cours

7. Marché des obligations d’Etat à 10 ans à la mi-novembre 2011 : la zone euro toujours dans l’œil du cyclone

L’INSEE vient de publier une première estimation de la croissance du PIB au 3ème trimestre 2011 : +0,4% (+1,6% l’an), après -0,1% au deuxième trimestre (0% dans l’estimation précédente). Entre le 3ème trimestre 2010 et le 3ème trimestre 2011, il a augmenté de 1,6%. C’est le rythme moyen des années 2000-2008.

Ces chiffres appellent trois types de remarques :

  • selon l’INSEE, la révision en baisse du deuxième trimestre résulte de celle de la production industrielle.
  • le rebond tient à plusieurs évolutions positives :
    • redressement de la consommation des ménages (+0,3% après -0,8%) qui concerne les achats énergétiques, en automobiles et en services ;
    • accélération des exportations de biens (recul des exportations de services) ; 
    • modération des investissements (+0,4% après +0,6%) : légère accélération des investissements des ménages (logements), décélération des investissements publics, baisse des investissements des entreprises (essentiellement du fait des matériels de transports, notamment les voitures de sociétés…) ;
  • +1,7% entre les 3 premiers trimestres 2010 et les 3 premiers trimestres 2011 ;


Selon une première estimation de l’INSEE, les effectifs salariés du secteur marchand non agricole se sont quasiment stabilisés au 3ème trimestre 2011 : +7 400 postes contre +33 200 au 2ème trimestre et + 78 300 au 1er trimestre.

Cette stabilisation de l’emploi au 3ème trimestre  recouvre :

  • une légère modération des créations dans le tertiaire marchand hors intérim : +28 000 après + 31 900 au 2ème trimestre;
  • des créations nettes dans l’industrie (+2 100 postes) ;
  • des réductions dans l’intérim : -19 700 après +200 postes au 2ème trimestre et +16 700 au 1er trimestre, et dans une moindre mesure, dans la construction (-3 000 postes) après deux mois de créations nettes.

Depuis le début de l’année, il y  a eu 118 900 emplois nouveaux (109 600 dans le tertiaire, 5 900 dans le BTP et 3400 dans l’industrie).

A noter : les créations d’emploi enregistrées depuis le 4ème trimestre 2009 (+250 800 postes) n’ont compensé que 43% des pertes d’emploi constatées pendant la crise (-582 800).

L’emploi salarié ne devrait pas être mieux orienté dans les prochains mois, au vu des dernières enquêtes de conjoncture concernant les perspectives d’embauche, en baisse dans tous les secteurs depuis l’été.


Les créations d’entreprise totales (données brutes) se sont réduites de 15,3% entre septembre et octobre 2011. Hors auto-entrepreneurs (données CVS), la baisse a été encore plus marquée (-25%).

Au-delà des variations mensuelles, les créations d’entreprise des trois derniers mois connus (août-septembre-octobre) ont baissé de 10,7% sur un an : -4,7% pour les créations hors auto-entrepreneurs, -15,5% pour les créations d’auto-entreprise. Cette baisse a été enregistrée dans tous les grands secteurs à l’exception de l’industrie manufacturière (+2,7%).

Malgré cette baisse, les créations hors auto-entrepreneurs des trois derniers mois connus dépassent encore de plus de 20% leur niveau moyen de 2000-2002.


Selon l’enquête de novembre 2011 réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode, les trésoriers des « grandes » entreprises (500 salariés et plus) font état :

  • d’un arrêt de la dégradation de leur situation de trésorerie d’exploitation ;
  • d’un impact négatif du taux de change euro-dollar sur les trésoreries (solde d’opinion à un plus bas historique). L’euro s’est apprécié de 5% au cours du mois d’octobre, passant de 1,33 dollar à 1,40 dollar ;
  • d’un alourdissement des marges payées sur les crédits bancaires (solde d’opinion revenu au niveau élevé du printemps 2008) ;
  • de difficultés accrues dans la recherche de financements bancaires (solde d’opinion retombé à son niveau atteint juste avant la faillite de Lehman Brothers) ;
  • de délais de paiement clients qui auraient cessé de s’allonger depuis septembre.


Une première estimation du PIB de la zone euro pour le 3ème trimestre 2011 vient d’être publiée par Eurostat : +0,15% (+0,6% l’an, rythme proche de celui du trimestre précédent). Sur un an, le PIB de la zone euro aurait ainsi progressé de 1,4%.

Deux remarques sur cette croissance au 3ème trimestre :

  • elle recouvre de fortes disparités entre les pays membres (ceux dont les chiffres sont disponibles) : de +2% l’an en Allemagne à -1,6% au Portugal ;
  • elle est nettement inférieure à la croissance américaine (+2,5% l’an) et à la croissance japonaise (+6% l’an). La zone euro continue de se faire distancer par les Etats-Unis : le PIB américain a retrouvé son niveau de 2007 depuis plusieurs trimestres, ce qui est encore loin d’être le cas pour la zone euro.


Les cours des matières premières oscillent autour d’une horizontale depuis fin septembre. Ils sont en baisse de 20-25% par rapport à leur niveau d’avril 2011, baisse bienvenue pour les pays consommateurs (ménages, entreprises). Mais ils restent supérieurs à la moyenne des trois années précédant la crise. De la même façon, le cours du Brent, en baisse de 10% par rapport à avril, dépasse, depuis la mi-octobre, 110 dollars le baril. Ces chiffres témoignent d’une certaine résilience de la demande mondiale.

Par ailleurs, le cours de l’or, qui avait baissé fin septembre pour des raisons techniques, a repris sa hausse, confirmant ainsi son rôle de valeur refuge dans un contexte mondial toujours empreint d’inquiétudes.


Les nominations récentes à la tête de la BCE (Mario Draghi), de la Grèce (Lucas Papademos) ou de l’Italie (Mario Monti) n’ont pas suffi à réduire les tensions sur les dettes souveraines des pays les plus vulnérables de la zone euro. Les taux de rendement des obligations d’Etat à 10 ans restent élevés : proches de 30% en Grèce et de 7% en Italie. Le taux espagnol, quant à lui, est passé de 5,35% fin octobre à 6,52% mi-novembre, dépassant ainsi son pic de juillet.

Depuis fin octobre, l’écart entre le taux français et le taux allemand s’est fortement accru, passant de 92 à 191 points de base mardi 15 novembre, son plus haut niveau depuis janvier 1990. Cette évolution résulte de la baisse du taux allemand à 1,9% et de la hausse du taux français à 3,7%. Depuis quelques jours, le spread s’est cependant légèrement réduit. La poursuite de cette baisse dépendra de la confiance des marchés dans la trajectoire d’assainissement des comptes publics français.