Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,
• en France :
1. Balance des services au début 2011 : une réduction de 42% de l’excédent en 10 ans
2. Prix à la consommation en mai 2011 : -0,1% sur avril, +2% sur un an
3. Hausse des salaires au 1er trimestre 2011 : +2,1% après +0,5%
4. Crédit Impôt Recherche en 2009 : près de 2 400 nouveaux déclarants dont 80% de PME indépendantes
• à l’étranger :
5. Croissance de la zone euro au 1er trimestre 2011 : une accélération qui traduit plus un rattrapage qu’une reprise

* L’excédent du solde des échanges de services s’est accru de +22,5% entre mars et avril 2011, passant de +1 milliard d’euros à +1,3 milliard d’euros. Sur un an, la hausse a été de 1,7%.
* Au-delà des aléas mensuels, en moyenne mobile sur douze mois, l’excédent annualisé du solde des services est passé de +18,2 milliards d’euros en avril 2001 à +10,5 milliards d’euros en avril 2011 (-42%). Cette baisse est imputable à hauteur de 83% à celle de l’excédent du poste « voyages », passé de +11,5 milliards d’euros à +5,1 milliards d’euros au cours de la même période. Ce poste, qui représentait 63% de l’excédent des échanges de services en avril 2001 (moyenne mobile sur douze mois), n’en représentait plus que 49% en avril 2011.
Cette dégradation de la balance des services est une nouvelle illustration de la perte de compétitivité de la France dans les années 2000.
* L’indice général des prix à la consommation (données CVS) a baissé de -0,1% en mai 2011 après +0,2% en avril 2011. Sur un an, il a augmenté de +2%.
* En moyenne mobile sur trois mois, la modération s’est poursuivie : la hausse a été de +2,6% l’an en mai 2011, après +3,1% l’an en avril et +3,7% l’an en mars. Elle résulte notamment de la contraction des prix des produits pétroliers, pour la première fois depuis août 2008 (-7,4% l’an après +14,2% l’an), et de celle des produits alimentaires frais (-7,6% l’an après +0,9% l’an).
Hors énergie et produit frais, la hausse de l’indice des prix (« inflation sous-jacente ») a été de +2,9% l’an en mai comme en avril. Sur un an, elle reste limitée à +1,2%.
* L’indice des prix à la consommation hors tabac pour les ménages urbains dont le chef de famille est ouvrier ou employé, qui sert de référence pour l’indexation du SMIC, a augmenté de +1,9%, en données brutes, par rapport à celui de novembre 2010, qui a servi de référence à la revalorisation du SMIC au 1er janvier 2011.
Autrement dit, la revalorisation automatique du SMIC, qui avait été envisagée dès le 1er juillet, est différée au 1er août puisque la hausse l’indice entre mai et juin dépassera +0,1%, conduisant ainsi à une hausse de plus de 2% par rapport à l’indice de novembre 2010.
* L’Acoss vient de publier les chiffres de la masse salariale du secteur concurrentiel pour le 1er trimestre 2011.
* La hausse de la masse salariale s’est fortement accélérée au 1er trimestre 2011 : +2,1%, après +0,5% au 4ème trimestre 2010. Sur un an, elle a atteint +3,9%. Cette accélération au début de l’année 2011 résulte de l’effet combiné de deux facteurs :
- un nouvel accroissement des effectifs (+0,4% après +0,2% au 4ème trimestre 2010), qui sont en hausse de +1,1% sur un an ;
- une forte hausse du salaire moyen par tête (SMPT) (+1,7% après +0,3%), en raison à la fois de la revalorisation du SMIC au 1er janvier, des augmentations de salaires et de primes, d’une hausse des heures supplémentaires et d’une baisse du chômage partiel. Sur un an, le SMPT s’est accru de +2,8%.
* Compte tenu de la hausse de 1,1% de l’indice des prix à la consommation (hors tabac) en glissement trimestriel, le pouvoir d’achat du SMPT s’est accrue de +0,6% au 1er trimestre 2011 (+0,9% sur un an)1.
1La hausse du pouvoir d’achat du SMPT au 1er trimestre contraste avec la légère baisse de celui du salaire mensuel de base (SMB) et du salaire horaire de base des ouvriers (SHBO). Ces deux derniers, en effet, ne prennent pas en compte la hausse des primes et des heures supplémentaires qui sont incluses dans le SMPT.
* Selon les derniers chiffres du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, le montant du CIR s’est élevé à 4,7 milliards d’euros en 2009 (+10% sur 2008). Cette hausse s’explique par celle du nombre de déclarants (+19% sur un an, +60% en deux ans), qui a atteint 15 749 entreprises, et par celle des dépenses de R&D déclarées (+9,3% sur un an), qui ont atteint 17 milliards d’euros.
Ces chiffres appellent trois observations :
- le nombre d’entreprises déclarantes s’approche ainsi progressivement du seuil critique des 20 000 entreprises impliquées dans le processus de R&D, seuil généralement considéré comme celui permettant un effort de R&D de la France au niveau de celui de ses concurrents ;
- le nombre de déclarants s’est accru de 2 388 entreprises entre 2008 et 2009, dont plus de 80% de PME indépendantes ;
- le CIR confirme ainsi son efficacité dans le soutien à l’effort privé de R&D puisque le niveau des dépenses de R&D des entreprises, en 2009, a augmenté de +1,1% par rapport à 2008, dans un contexte de forte contraction de l’activité (baisse en valeur de -2,3% du PIB et de -14,1% de la production manufacturière), et plus encore des investissements (baisse en valeur de -12,3% des investissements des sociétés non financières et de -21% dans la seule industrie).
Eurostat vient de publier sa deuxième estimation de la croissance du PIB au sein de la zone euro pour le 1er trimestre 2011 (+0,8%, soit +3,2% l’an). Sur un an, elle s’est accrue de 2,5%.
* Ces nouveaux chiffres appellent trois commentaires :
- une accélération de la croissance du PIB de la zone euro par rapport au 4ème trimestre 2010 (+0,8% après +0,3%), résultat probable d’un rattrapage (mouvements sociaux en France, conditions climatiques défavorables dans plusieurs pays) ;
- une forte hétérogénéité d’un pays à l’autre (+1,5% en Allemagne, -0,7% au Portugal, la France occupant une position intermédiaire avec +1%) ;
- une croissance soutenue de la zone euro au 1er trimestre qui contraste avec un ralentissement aux Etats-Unis (+0,5% au 1er trimestre 2011 après +0,8% au 4ème trimestre 2010) et un nouveau recul au Japon (-0,9% après -0,8%).
* Cette performance de la zone euro ne doit pas masquer les risques de ralentissement de la croissance au cours des tout prochains trimestres en raison d’une accélération de l’inflation suite à la hausse des cours des matières premières, qui pourrait peser sur une consommation, qui n’est déjà pas très vigoureuse, d’un marché international qui serait moins porteur et d’un euro qui pourrait rester encore élevé.
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MEDEF Actu-Eco de la semaine du 13 juin 2011
Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,
• en France :
1. Balance des services au début 2011 : une réduction de 42% de l’excédent en 10 ans
2. Prix à la consommation en mai 2011 : -0,1% sur avril, +2% sur un an
3. Hausse des salaires au 1er trimestre 2011 : +2,1% après +0,5%
4. Crédit Impôt Recherche en 2009 : près de 2 400 nouveaux déclarants dont 80% de PME indépendantes
• à l’étranger :
5. Croissance de la zone euro au 1er trimestre 2011 : une accélération qui traduit plus un rattrapage qu’une reprise
* L’excédent du solde des échanges de services s’est accru de +22,5% entre mars et avril 2011, passant de +1 milliard d’euros à +1,3 milliard d’euros. Sur un an, la hausse a été de 1,7%.
* Au-delà des aléas mensuels, en moyenne mobile sur douze mois, l’excédent annualisé du solde des services est passé de +18,2 milliards d’euros en avril 2001 à +10,5 milliards d’euros en avril 2011 (-42%). Cette baisse est imputable à hauteur de 83% à celle de l’excédent du poste « voyages », passé de +11,5 milliards d’euros à +5,1 milliards d’euros au cours de la même période. Ce poste, qui représentait 63% de l’excédent des échanges de services en avril 2001 (moyenne mobile sur douze mois), n’en représentait plus que 49% en avril 2011.
Cette dégradation de la balance des services est une nouvelle illustration de la perte de compétitivité de la France dans les années 2000.
* L’indice général des prix à la consommation (données CVS) a baissé de -0,1% en mai 2011 après +0,2% en avril 2011. Sur un an, il a augmenté de +2%.
* En moyenne mobile sur trois mois, la modération s’est poursuivie : la hausse a été de +2,6% l’an en mai 2011, après +3,1% l’an en avril et +3,7% l’an en mars. Elle résulte notamment de la contraction des prix des produits pétroliers, pour la première fois depuis août 2008 (-7,4% l’an après +14,2% l’an), et de celle des produits alimentaires frais (-7,6% l’an après +0,9% l’an).
Hors énergie et produit frais, la hausse de l’indice des prix (« inflation sous-jacente ») a été de +2,9% l’an en mai comme en avril. Sur un an, elle reste limitée à +1,2%.
* L’indice des prix à la consommation hors tabac pour les ménages urbains dont le chef de famille est ouvrier ou employé, qui sert de référence pour l’indexation du SMIC, a augmenté de +1,9%, en données brutes, par rapport à celui de novembre 2010, qui a servi de référence à la revalorisation du SMIC au 1er janvier 2011.
Autrement dit, la revalorisation automatique du SMIC, qui avait été envisagée dès le 1er juillet, est différée au 1er août puisque la hausse l’indice entre mai et juin dépassera +0,1%, conduisant ainsi à une hausse de plus de 2% par rapport à l’indice de novembre 2010.
* L’Acoss vient de publier les chiffres de la masse salariale du secteur concurrentiel pour le 1er trimestre 2011.
* La hausse de la masse salariale s’est fortement accélérée au 1er trimestre 2011 : +2,1%, après +0,5% au 4ème trimestre 2010. Sur un an, elle a atteint +3,9%. Cette accélération au début de l’année 2011 résulte de l’effet combiné de deux facteurs :
- un nouvel accroissement des effectifs (+0,4% après +0,2% au 4ème trimestre 2010), qui sont en hausse de +1,1% sur un an ;
- une forte hausse du salaire moyen par tête (SMPT) (+1,7% après +0,3%), en raison à la fois de la revalorisation du SMIC au 1er janvier, des augmentations de salaires et de primes, d’une hausse des heures supplémentaires et d’une baisse du chômage partiel. Sur un an, le SMPT s’est accru de +2,8%.
* Compte tenu de la hausse de 1,1% de l’indice des prix à la consommation (hors tabac) en glissement trimestriel, le pouvoir d’achat du SMPT s’est accrue de +0,6% au 1er trimestre 2011 (+0,9% sur un an)1.
1La hausse du pouvoir d’achat du SMPT au 1er trimestre contraste avec la légère baisse de celui du salaire mensuel de base (SMB) et du salaire horaire de base des ouvriers (SHBO). Ces deux derniers, en effet, ne prennent pas en compte la hausse des primes et des heures supplémentaires qui sont incluses dans le SMPT.
* Selon les derniers chiffres du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, le montant du CIR s’est élevé à 4,7 milliards d’euros en 2009 (+10% sur 2008). Cette hausse s’explique par celle du nombre de déclarants (+19% sur un an, +60% en deux ans), qui a atteint 15 749 entreprises, et par celle des dépenses de R&D déclarées (+9,3% sur un an), qui ont atteint 17 milliards d’euros.
Ces chiffres appellent trois observations :
- le nombre d’entreprises déclarantes s’approche ainsi progressivement du seuil critique des 20 000 entreprises impliquées dans le processus de R&D, seuil généralement considéré comme celui permettant un effort de R&D de la France au niveau de celui de ses concurrents ;
- le nombre de déclarants s’est accru de 2 388 entreprises entre 2008 et 2009, dont plus de 80% de PME indépendantes ;
- le CIR confirme ainsi son efficacité dans le soutien à l’effort privé de R&D puisque le niveau des dépenses de R&D des entreprises, en 2009, a augmenté de +1,1% par rapport à 2008, dans un contexte de forte contraction de l’activité (baisse en valeur de -2,3% du PIB et de -14,1% de la production manufacturière), et plus encore des investissements (baisse en valeur de -12,3% des investissements des sociétés non financières et de -21% dans la seule industrie).
Eurostat vient de publier sa deuxième estimation de la croissance du PIB au sein de la zone euro pour le 1er trimestre 2011 (+0,8%, soit +3,2% l’an). Sur un an, elle s’est accrue de 2,5%.
* Ces nouveaux chiffres appellent trois commentaires :
- une accélération de la croissance du PIB de la zone euro par rapport au 4ème trimestre 2010 (+0,8% après +0,3%), résultat probable d’un rattrapage (mouvements sociaux en France, conditions climatiques défavorables dans plusieurs pays) ;
- une forte hétérogénéité d’un pays à l’autre (+1,5% en Allemagne, -0,7% au Portugal, la France occupant une position intermédiaire avec +1%) ;
- une croissance soutenue de la zone euro au 1er trimestre qui contraste avec un ralentissement aux Etats-Unis (+0,5% au 1er trimestre 2011 après +0,8% au 4ème trimestre 2010) et un nouveau recul au Japon (-0,9% après -0,8%).
* Cette performance de la zone euro ne doit pas masquer les risques de ralentissement de la croissance au cours des tout prochains trimestres en raison d’une accélération de l’inflation suite à la hausse des cours des matières premières, qui pourrait peser sur une consommation, qui n’est déjà pas très vigoureuse, d’un marché international qui serait moins porteur et d’un euro qui pourrait rester encore élevé.
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