Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,
1. Trésorerie des grandes entreprises en septembre 2011 : dégradation confirmée
2. Commerce extérieur en juillet 2011 : déficit record de -75 milliards d’euros en rythme annualisé, qui contraste avec l’excédent allemand de +138 milliards d’euros
3. Prix à la consommation en août 2011 : +1,4% l’an sur 3 mois, +2,2% sur un an
4. Tensions sur le marché du travail au 2ème trimestre 2011 : retour vers les plus hauts dans l’industrie
5. Heures supplémentaires au 2ème trimestre 2011 : 186 millions, dont 80% dans les entreprises de moins de 250 salariés
5. Des dettes souveraines comme valeur-refuge : Etats-Unis, Allemagne et France notamment…

* L’enquête de septembre réalisée par l’AFTE / Coe-Rexecode auprès des trésoriers des « grandes » entreprises (500 salariés et plus) montre une dégradation substantielle de la situation de trésorerie à la rentrée : désormais, les trésoreries ne sont considérées comme « aisées » que par une minorité d’entreprises, mais elles sont considérées comme normales par une majorité d’entre elles.
* Quatre enseignements ressortent de cette enquête :
. influence très défavorable du taux de change sur les trésoreries (la baisse de l’euro de plus de 1,40 dollar au mois d’août, parité très pénalisante, à 1,37 dollar mi-septembre n’a sans doute pas encore été intégrée dans l’enquête) ;
. nouvelles tensions sur les marges bancaires que les entreprises négocient sur leurs emprunts ;
. recherche de financements jugée plus difficile à la rentrée qu’avant l’été ;
. tension des délais de paiement qui s’est accrue en septembre, où l’indicateur est remonté à son niveau de septembre 2009.
* Les écarts entre certains de ces résultats et ceux plus favorables de l’enquête de la Banque de France (fin juin) tant du côté des établissements de crédit que des emprunteurs appellent à une vigilance sur leur interprétation : les données manquent encore pour savoir ce qui relève dans la dégradation enregistrée en septembre de difficultés effectives nouvelles, et ce qui relève d’une inquiétude des entreprises nourrie par la crise financière et bancaire.

* Les exportations ont à peine augmenté en juillet (+0,3%), alors que les importations ont bondi de 2,9% (après un recul de 2,9% en juin). En moyenne mobile sur trois mois, les exportations (+6,6% sur un an) plafonnent depuis le début du printemps à un niveau inférieur de 5% au point haut du début 2008, et les importations (+10,8% sur un an) cessent de se tasser, ayant quasiment retrouvé leur niveau atteint trois ans plus tôt.
* En moyenne mobile sur trois mois, la balance commerciale FAB-FAB consolide son déficit record annualisé autour de -75 milliards d’euros, contre -52 milliards d’euros un an plus tôt. Le contraste s’accentue avec l’excédent commercial allemand de +138 milliards d’euros en rythme annualisé, en dépit de sa contraction récente.
Ce creusement de 22 milliards d’euros du déficit commercial depuis un an tient autant à la dégradation des échanges de l’industrie manufacturière (hors IAA et produits pétroliers) que du solde énergétique, du fait d’une progression des exportations (+3,6%) moitié moindre que celle des importations (+7,2%).
Sur le plan géographique, la balance des échanges avec la zone euro s’est dégradée de 7 milliards d’euros depuis un an, (1/3 de la dégradation totale), pour atteindre un déficit de -38 milliards en rythme annualisé (-29 milliards avec l’Asie).

* L’indice des prix à la consommation a augmenté de +0,5% en août (+0,4% en CVS), après -0,4% en juillet (-0,1% en CVS). La hausse est de +2,2% sur un an, et de +1,4% l’an sur 3 mois.
* Cette hausse en août recouvre des évolutions contrastées :
.accroissement de+0,5% des prix des produits manufacturés, après les soldes de l’été, qui ne doit pas masquer une tendance toujours à la baisse (-0,1% sur 3 mois comme sur 12 mois) ;
.renchérissement de l’énergie (électricité, produits pétroliers à un moindre degré) ;
.forte poussée des prix des produits alimentaires frais (+0,7% sur un an, +5,4% sur 3 mois)
L’indice des prix servant au calcul de la revalorisation du SMIC1 a augmenté de 1,99% entre novembre 2010 (référence pour la dernière revalorisation légale du 1er janvier 2011) et août 2011. La hausse dépassera 2% en septembre, entraînant mécaniquement une nouvelle revalorisation du SMIC au 1er novembre.
1Indice des prix des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé hors tabac

* L’indicateur de tension sur le marché du travail calculé par la DARES (offres d’emploi collectées par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) s’est stabilisé au deuxième trimestre 2011, après un redressement sensible au premier. En progression de 7% sur un an, il demeure encore inférieur de 7% à son niveau de moyenne période.
Cette stabilité au deuxième trimestre 2011 résulte d’une baisse concomitante des offres d’emploi et des entrées à Pôle emploi.
* L’indicateur de tension a évolué différemment selon les secteurs, au deuxième trimestre 2011 comme depuis la mi-2008.
. stabilisation au deuxième trimestre 2011 pour les métiers de la construction, et progression de 10% sur un an, mais niveau très inférieur à ce qu’il était avant la crise et à sa moyenne de longue période ;
. nouvelle progression au deuxième trimestre dans les métiers du tertiaire (+3% sur un an), également inférieur à son niveau d’avant la crise et à celui de longue période ;
.baisse de l’indicateur pour les métiers de l’industrie, après huit trimestres de hausse ininterrompue, mais hausse de +27% sur un an. Comparable à son niveau de la mi-2008, il dépasse de 15% à celui de moyenne période, et a quasiment retrouvé celui atteint en 2000, au plus haut du cycle conjoncturel.
La montée du ratio entre 2003 et 2007, et de nouveau depuis l’été 2009 dans un secteur industriel où l’emploi continue de se réduire tendanciellement reflète des inadéquations persistantes entre offres et demandes d’emploi, aux causes multiples (coût du travail, conditions de travail, rémunérations, qualifications).

* Selon les derniers chiffres de l’ACOSS, 186,3 millions d’heures supplémentaires ont donné lieu à une exonération au titre de la loi TEPA au 2ème trimestre 2011 (+5,8% sur un an, soit +10,2 millions d’heures). Ce niveau est proche de celui qui prévalait avant la crise. Rapporté aux effectifs, le nombre d’heures supplémentaires a été de 10,2 heures par salarié au 2ème trimestre 2011.
80% de ces heures supplémentaires ont été effectuées dans les entreprises de moins de 250 salariés, dont 25,3% dans les micro-entreprises (72 % du total des entreprises ayant déclaré une exonération TEPA), et 54% dans les TPE et les PME (27% du total).
Ainsi 3 TPE et PME sur 4 et plus de 4 ETI sur 5 ont recouru aux heures supplémentaires au deuxième trimestre, confirmation qu’il s’agit d’un dispositif efficace qui permet aux entreprises de s’adapter à l’évolution d’une conjoncture difficile pour maintenir ou développer leur activité sans compromettre leur compétitivité.
* Sur le plan sectoriel, les heures supplémentaires ont augmenté de près de 10% sur un an dans l’industrie (19% du total), notamment dans la métallurgie, les matériels de transport et le secteur de l’équipement. La progression a été de 7% dans les services marchands (40% du total) toujours portée par l’intérim (60% de ces derniers) où les heures supplémentaires ont bondi de 40% depuis un an.
* Le montant de l’exonération TEPA des heures supplémentaires au deuxième trimestre 2011 a été de 779 millions d’euros (599 millions au titre de la seule exonération salariale), dont 39% dans les services marchands, 19% dans l’industrie, 18% dans la construction et 17,5% dans le commerce.

* La débâcle boursière se poursuit en Europe, profitant aux « valeurs refuges » que sont l’or, le franc suisse, mais aussi la dette des Etats jugés encore solvables par les investisseurs. Le taux de rendement des obligations d’Etat à 10 ans a cassé ses points les plus bas en passant sous la barre des 2%, aux Etats-Unis et en Allemagne. Il a baissé en France, jusqu’à 2,5%. Il oscille autour de 1% en Suisse et au Japon…
* Cette baisse des taux longs représente pour les économies concernées un double allègement :
. un allègement du coût de la dette publique, ce qui aide à réduire ou à contenir les déficits et à entretenir la confiance;
. un allègement du coût de financement des investissements en logement et des investissements productifs, en entraînant dans son sillage les taux hypothécaires et les taux « corporate » (obligations privées).
* La remontée des taux des obligations d’Etat à 10 ans américain, français et allemand au cours des tout derniers jours pourrait être, si elle se poursuit, l’indice d’un début de détente, les investisseurs revenant aux marchés d’actions qu’ils avaient quittés au plus chaud de la crise boursière. Et donc aussi l’indice de perspectives de croissance un peu moins sombres aux Etats-Unis et en Europe. Pour concrétiser cette hypothèse, les marchés ont besoin de voir des avancées politiques concrètes pour résoudre la crise de la dette en Europe et d’y voir plus clair sur la situation du secteur bancaire européen.
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MEDEF Actu-Eco de la semaine du 12 septembre 2011
Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,
1. Trésorerie des grandes entreprises en septembre 2011 : dégradation confirmée
2. Commerce extérieur en juillet 2011 : déficit record de -75 milliards d’euros en rythme annualisé, qui contraste avec l’excédent allemand de +138 milliards d’euros
3. Prix à la consommation en août 2011 : +1,4% l’an sur 3 mois, +2,2% sur un an
4. Tensions sur le marché du travail au 2ème trimestre 2011 : retour vers les plus hauts dans l’industrie
5. Heures supplémentaires au 2ème trimestre 2011 : 186 millions, dont 80% dans les entreprises de moins de 250 salariés
5. Des dettes souveraines comme valeur-refuge : Etats-Unis, Allemagne et France notamment…
* L’enquête de septembre réalisée par l’AFTE / Coe-Rexecode auprès des trésoriers des « grandes » entreprises (500 salariés et plus) montre une dégradation substantielle de la situation de trésorerie à la rentrée : désormais, les trésoreries ne sont considérées comme « aisées » que par une minorité d’entreprises, mais elles sont considérées comme normales par une majorité d’entre elles.
* Quatre enseignements ressortent de cette enquête :
. influence très défavorable du taux de change sur les trésoreries (la baisse de l’euro de plus de 1,40 dollar au mois d’août, parité très pénalisante, à 1,37 dollar mi-septembre n’a sans doute pas encore été intégrée dans l’enquête) ;
. nouvelles tensions sur les marges bancaires que les entreprises négocient sur leurs emprunts ;
. recherche de financements jugée plus difficile à la rentrée qu’avant l’été ;
. tension des délais de paiement qui s’est accrue en septembre, où l’indicateur est remonté à son niveau de septembre 2009.
* Les écarts entre certains de ces résultats et ceux plus favorables de l’enquête de la Banque de France (fin juin) tant du côté des établissements de crédit que des emprunteurs appellent à une vigilance sur leur interprétation : les données manquent encore pour savoir ce qui relève dans la dégradation enregistrée en septembre de difficultés effectives nouvelles, et ce qui relève d’une inquiétude des entreprises nourrie par la crise financière et bancaire.
* Les exportations ont à peine augmenté en juillet (+0,3%), alors que les importations ont bondi de 2,9% (après un recul de 2,9% en juin). En moyenne mobile sur trois mois, les exportations (+6,6% sur un an) plafonnent depuis le début du printemps à un niveau inférieur de 5% au point haut du début 2008, et les importations (+10,8% sur un an) cessent de se tasser, ayant quasiment retrouvé leur niveau atteint trois ans plus tôt.
* En moyenne mobile sur trois mois, la balance commerciale FAB-FAB consolide son déficit record annualisé autour de -75 milliards d’euros, contre -52 milliards d’euros un an plus tôt. Le contraste s’accentue avec l’excédent commercial allemand de +138 milliards d’euros en rythme annualisé, en dépit de sa contraction récente.
Ce creusement de 22 milliards d’euros du déficit commercial depuis un an tient autant à la dégradation des échanges de l’industrie manufacturière (hors IAA et produits pétroliers) que du solde énergétique, du fait d’une progression des exportations (+3,6%) moitié moindre que celle des importations (+7,2%).
Sur le plan géographique, la balance des échanges avec la zone euro s’est dégradée de 7 milliards d’euros depuis un an, (1/3 de la dégradation totale), pour atteindre un déficit de -38 milliards en rythme annualisé (-29 milliards avec l’Asie).
* L’indice des prix à la consommation a augmenté de +0,5% en août (+0,4% en CVS), après -0,4% en juillet (-0,1% en CVS). La hausse est de +2,2% sur un an, et de +1,4% l’an sur 3 mois.
* Cette hausse en août recouvre des évolutions contrastées :
.accroissement de+0,5% des prix des produits manufacturés, après les soldes de l’été, qui ne doit pas masquer une tendance toujours à la baisse (-0,1% sur 3 mois comme sur 12 mois) ;
.renchérissement de l’énergie (électricité, produits pétroliers à un moindre degré) ;
.forte poussée des prix des produits alimentaires frais (+0,7% sur un an, +5,4% sur 3 mois)
L’indice des prix servant au calcul de la revalorisation du SMIC1 a augmenté de 1,99% entre novembre 2010 (référence pour la dernière revalorisation légale du 1er janvier 2011) et août 2011. La hausse dépassera 2% en septembre, entraînant mécaniquement une nouvelle revalorisation du SMIC au 1er novembre.
1Indice des prix des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé hors tabac
* L’indicateur de tension sur le marché du travail calculé par la DARES (offres d’emploi collectées par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) s’est stabilisé au deuxième trimestre 2011, après un redressement sensible au premier. En progression de 7% sur un an, il demeure encore inférieur de 7% à son niveau de moyenne période.
Cette stabilité au deuxième trimestre 2011 résulte d’une baisse concomitante des offres d’emploi et des entrées à Pôle emploi.
* L’indicateur de tension a évolué différemment selon les secteurs, au deuxième trimestre 2011 comme depuis la mi-2008.
. stabilisation au deuxième trimestre 2011 pour les métiers de la construction, et progression de 10% sur un an, mais niveau très inférieur à ce qu’il était avant la crise et à sa moyenne de longue période ;
. nouvelle progression au deuxième trimestre dans les métiers du tertiaire (+3% sur un an), également inférieur à son niveau d’avant la crise et à celui de longue période ;
.baisse de l’indicateur pour les métiers de l’industrie, après huit trimestres de hausse ininterrompue, mais hausse de +27% sur un an. Comparable à son niveau de la mi-2008, il dépasse de 15% à celui de moyenne période, et a quasiment retrouvé celui atteint en 2000, au plus haut du cycle conjoncturel.
La montée du ratio entre 2003 et 2007, et de nouveau depuis l’été 2009 dans un secteur industriel où l’emploi continue de se réduire tendanciellement reflète des inadéquations persistantes entre offres et demandes d’emploi, aux causes multiples (coût du travail, conditions de travail, rémunérations, qualifications).
* Selon les derniers chiffres de l’ACOSS, 186,3 millions d’heures supplémentaires ont donné lieu à une exonération au titre de la loi TEPA au 2ème trimestre 2011 (+5,8% sur un an, soit +10,2 millions d’heures). Ce niveau est proche de celui qui prévalait avant la crise. Rapporté aux effectifs, le nombre d’heures supplémentaires a été de 10,2 heures par salarié au 2ème trimestre 2011.
80% de ces heures supplémentaires ont été effectuées dans les entreprises de moins de 250 salariés, dont 25,3% dans les micro-entreprises (72 % du total des entreprises ayant déclaré une exonération TEPA), et 54% dans les TPE et les PME (27% du total).
Ainsi 3 TPE et PME sur 4 et plus de 4 ETI sur 5 ont recouru aux heures supplémentaires au deuxième trimestre, confirmation qu’il s’agit d’un dispositif efficace qui permet aux entreprises de s’adapter à l’évolution d’une conjoncture difficile pour maintenir ou développer leur activité sans compromettre leur compétitivité.
* Sur le plan sectoriel, les heures supplémentaires ont augmenté de près de 10% sur un an dans l’industrie (19% du total), notamment dans la métallurgie, les matériels de transport et le secteur de l’équipement. La progression a été de 7% dans les services marchands (40% du total) toujours portée par l’intérim (60% de ces derniers) où les heures supplémentaires ont bondi de 40% depuis un an.
* Le montant de l’exonération TEPA des heures supplémentaires au deuxième trimestre 2011 a été de 779 millions d’euros (599 millions au titre de la seule exonération salariale), dont 39% dans les services marchands, 19% dans l’industrie, 18% dans la construction et 17,5% dans le commerce.
* La débâcle boursière se poursuit en Europe, profitant aux « valeurs refuges » que sont l’or, le franc suisse, mais aussi la dette des Etats jugés encore solvables par les investisseurs. Le taux de rendement des obligations d’Etat à 10 ans a cassé ses points les plus bas en passant sous la barre des 2%, aux Etats-Unis et en Allemagne. Il a baissé en France, jusqu’à 2,5%. Il oscille autour de 1% en Suisse et au Japon…
* Cette baisse des taux longs représente pour les économies concernées un double allègement :
. un allègement du coût de la dette publique, ce qui aide à réduire ou à contenir les déficits et à entretenir la confiance;
. un allègement du coût de financement des investissements en logement et des investissements productifs, en entraînant dans son sillage les taux hypothécaires et les taux « corporate » (obligations privées).
* La remontée des taux des obligations d’Etat à 10 ans américain, français et allemand au cours des tout derniers jours pourrait être, si elle se poursuit, l’indice d’un début de détente, les investisseurs revenant aux marchés d’actions qu’ils avaient quittés au plus chaud de la crise boursière. Et donc aussi l’indice de perspectives de croissance un peu moins sombres aux Etats-Unis et en Europe. Pour concrétiser cette hypothèse, les marchés ont besoin de voir des avancées politiques concrètes pour résoudre la crise de la dette en Europe et d’y voir plus clair sur la situation du secteur bancaire européen.
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