MEDEF Actu-Eco de la semaine du 12 au 16 décembre 2011

FRANCE

  • Emploi salarié dans le secteur marchand au 3ème trimestre 2011 : révision à la baisse des créations d’emploi qui auraient à peine augmenté
  • Production industrielle en octobre 2011 : le tassement se poursuit
  • Prix à la consommation en novembre 2011 : +0,3% sur un mois, +2,5% sur un an
  • Créations d’entreprise en novembre 2011 : net rebond
  • Financement des entreprises en décembre 2011 : des difficultés accrues

ZONE EURO

  • PIB par habitant dans la zone euro en 2010 : écart de 1 à 4 entre le plus faible et le plus élevé

MARCHÉS

  • Cours boursiers dans les pays développés au 15 décembre 2011 : +5 à 10% selon les zones par rapport à leur dernier point bas de fin novembre

La nouvelle estimation par l’INSEE de l’emploi salarié du secteur marchand non agricole montre :

  • une révision à la hausse des effectifs au 1er semestre 2011 (+137 000 contre +111 500 dans la 1ère estimation) ;
  • une forte révision à la baisse des effectifs au 3ème trimestre 2011 (+3 600 postes contre +7 400 dans la 1ère estimation).

Cette quasi-stagnation de l’emploi au 3ème trimestre recouvre :

  • une réduction des effectifs dans l’industrie (et non une augmentation comme annoncé dans la 1ère estimation) (-4 600 postes), après une quasi-stagnation au 2ème trimestre ;
  • une modeste progression dans la construction (+3 100) (réduction de 3 000 dans la 1ère estimation) ;
  • une réduction dans l’intérim : -16 000 (après +1 500 au 2ème trimestre et +14 300 au 1er trimestre) ;
  • une progression plus modérée des créations dans le commerce (+1 600 après +14 600 au 2ème trimestre) et dans les services (+19 400 après +41 800).

L’indice de production dans l’industrie manufacturière est resté stable entre septembre et octobre 2011, après la forte baisse de -2,1% en septembre.

En moyenne mobile sur trois mois (août – septembre – octobre), l’activité industrielle s’est légèrement réduite par rapport aux trois mois précédents (-0,6%), notamment en raison de la contraction de -4,3% de la production dans l’industrie automobile. Ces derniers chiffres confirment le tassement observé depuis le printemps 2011.

Sur un an, la production des trois derniers mois connus a augmenté de 3,1%. Elle reste néanmoins inférieure de 11% à son point haut du début 2008.

Toujours sur un an, cette hausse de la production industrielle en France est un peu moins bonne que celle de la moyenne de la zone euro, évolution qui recouvre des évolutions très diverses : forte croissance en Allemagne et en Irlande, progression modérée en France et aux Pays-Bas, baisse dans les pays de l’Europe méditerranéenne ainsi qu’en Finlande.


L’indice des prix à la consommation a augmenté de +0,3% en novembre 2011 comme en octobre. Sur un an, la hausse a été de +2,5%. L’INSEE explique cette hausse de l’indice par celle des prix de l’énergie, du tabac et de l’alimentation.

Sur trois mois, la hausse des prix a légèrement ralenti (+3,1% l’an après +3,4% l’an en octobre). Cette augmentation, qui reste néanmoins élevée, recouvre : une accélération des prix des produits pétroliers, une nette décélération des prix des produits alimentaires (avec même un repli des prix des produits frais), une accélération des prix des produits manufacturés, et une quasi-stagnation des prix des services.


Le fort accroissement des créations d’entreprise hors auto-entrepreneurs (données CVS) entre octobre et novembre 2011 (+44,4%) a plus que compensé la contraction de 25,1% entre septembre et octobre. Les créations totales, c’est-à-dire y compris auto-entrepreneurs (données brutes), ont augmenté de +20,6%.

Malgré ce rebond, les créations d’entreprise totales restent inférieures de 8,3% à leur niveau qui prévalait un an plus tôt (-1,1% hors auto-entrepreneurs). Cette baisse concerne tous les grands secteurs d’activité à l’exception de l’industrie manufacturière (+4,3%). Il reste que, hors auto-entrepreneurs, le niveau moyen des trois derniers mois connus (septembre – octobre – novembre) dépasse de 27% celui enregistré en 2000-2002.


L’enquête de décembre 2011, réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode auprès des trésoriers des « grandes » entreprises (500 salariés et plus), confirme l’accentuation des tensions financières subies par les entreprises.
Outre une situation de trésorerie jugée dégradée par une majorité de trésoriers, cette enquête souligne notamment des conditions de financement de l’activité de plus en plus préoccupantes :

  • difficultés accrues dans la recherche de financements bancaires (solde d’opinion retombé, là aussi, à son niveau de la rentrée 2008) ;
  • nouvel alourdissement des marges payées par les entreprises sur les crédits bancaires (indicateur revenu à son niveau élevé de la rentrée 2008).

Ces observations confirment la poursuite du durcissement des conditions d’octroi de crédit annoncée par l’enquête de la Banque de France auprès des établissements de crédit au 3ème trimestre 20111. Ceci est notamment la conséquence des tensions sur la situation actuelle des banques qui ont de plus en plus de difficultés à trouver des liquidités, en raison notamment de leur exposition aux dettes souveraines.


Eurostat vient de publier un classement des 17 pays de la zone euro en 2010 en fonction du niveau de leur Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant.

Il en ressort que le PIB par habitant diffère d’un pays membre à l’autre, l’écart allant de 1 (Estonie) à 4 (Luxembourg*).
*Le PIB par habitant du Luxembourg, en 2010, était deux fois et demi supérieur à celui de la zone euro. Selon Eurostat, ce niveau élevé est « en partie dû au pourcentage important de travailleurs frontaliers dans l’emploi total. Bien que contribuant au PIB, ils ne sont pas pris en compte dans la population résidente qui sert au calcul du PIB par habitant ».

Trois remarques :

  • les  « pays du nord » ont un niveau de vie supérieur à la moyenne de la zone euro ;
  • les  « pays du sud » ainsi que les derniers entrants dans la zone (Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008, Slovaquie en 2009, Estonie en 2011) ont un niveau de vie inférieur à la moyenne de la zone euro ;
  • la France occupe une position intermédiaire, avec un PIB par habitant identique à la moyenne de la zone euro. Il représentait 91% du PIB par habitant allemand en 2010.

A titre indicatif, en 2000, le PIB par habitant français dépassait de 2,5% la moyenne de la zone euro et représentait 95% du PIB par habitant allemand. Cette perte relative de terrain en termes de niveau de vie résulte d’une démographie nettement plus dynamique que dans la zone euro, et notamment qu’en Allemagne. C’est dire l’importance pour la France de retrouver une croissance durablement plus soutenue que la tendance récente et que la moyenne de la zone euro pour que le niveau de vie moyen ne se dégrade pas par rapport à celui des autres pays européens.


Malgré un léger fléchissement depuis début décembre, les marchés d’actions restent à un niveau sensiblement plus haut que celui de la fin novembre 2011. L’indice synthétique mondial s’inscrit en hausse de 3,6% (39 places boursières), hausse qui recouvre : +4,3% sur les places des pays développés et -1,3% sur celles des pays émergents. De façon plus précise, +4,9% pour l’indice Standard and Poor’s (Etats-Unis), +6,4% pour l’indice Eurostoxx 50 (Zone euro) (dont +10,7% pour l’indice Eurostoxx Banques), +6,2% pour la CAC 40 qui s’établit à environ 3 000 points.

Toutefois, les cours des actions restent largement inférieurs à leur niveau moyen de
l’année 2007, c’est-à-dire avant la crise financière de 2008
, mais là encore il y a des disparités entre pays émergents et pays développés. En outre, l’écart est également marqué entre le marché américain (-18% pour l’indice Standard and Poor’s) et le marché européen (-48% pour l’indice Eurostoxx 50). Une mention toute particulière peut être faite sur le secteur bancaire européen, toujours source d’inquiétudes pour les investisseurs et qui est à l’origine des mauvaises performances du marché européen : l’indice sectoriel Eurostoxx Banques est inférieur de 79% à sa moyenne de 2007. S’agissant du CAC 40, il a parfaitement suivi l’évolution de l’indice européen.


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