MEDEF Actu-Eco de la semaine du 11 juillet 2011

Au sommaire de l’actualité économique de cette semaine,

• en France :

1. Production industrielle en mai 2011 : redressement après deux mois de tassement
2. Hausse des prix à la consommation en juin 2011 : +0% sur un mois, +2,1% sur un an
3. Déficit commercial en mai 2011 : le creusement s’accentue

• à l’étranger :

4. Politique monétaire de la BCE : remontée du taux directeur de 25 points de base le 7 juillet 2011
5. Crise du surendettement en juillet 2011 : une Europe toujours sous tensions
6. Marché du travail américain en juin 2011 : l’emploi peine à redémarrer

Production industrielle en mai 2011 : redressement après deux mois de tassement

 
  * La production manufacturière française a enregistré, en mai 2011, un net rebond après une quasi-stagnation : +1,5% après +0,1% en avril et -0,8% en mars. Ce rebond est un peu supérieur à celui enregistré en Allemagne (+1,2% après -0,3%). Cette hausse se retrouve dans la quasi-totalité des secteurs.

  * En moyenne mobile sur trois mois, l’activité industrielle française s’est accrue de 3,6% l’an par rapport aux trois mois précédents (+4,8% sur un an) en dépit d’une baisse de 15-20% l’an dans la « Cokéfaction et raffinage », suite à la fin du rattrapage consécutif aux mouvements sociaux d’octobre, et dans l’industrie automobile, suite à la fin de la prime à la casse.

  * La production manufacturière poursuit donc son redressement, mais reste encore inférieure de 6,2% à son niveau de l’été 2008, alors que celle de l’Allemagne ne lui est plus inférieure que de 1,6%.
 Cette tendance haussière devrait se poursuivre dans les prochains mois au vu de la dernière enquête de conjoncture dans l’industrie : les carnets de commandes s’étoffent et sont jugés bien garnis.


Hausse des prix à la consommation en juin 2011 : +0% sur un mois, +2,1% sur un an

  * L’indice général des prix à la consommation (données CVS) est resté stable en juin 2011 (+0,03%), après un recul de -0,1% en mai. Sur un an, la hausse a été de +2,1%, chiffre confirmant la stabilisation enregistrée depuis avril. S’agissant des seuls produits de grande consommation, représentant 16,9% de la consommation des ménages, les prix se sont accrus de +2,2% sur un an, poursuivant l’accélération en cours depuis mars dernier.

  * En moyenne, sur les trois derniers mois connus (avril-mai-juin), le net ralentissement de l’indice général des prix se poursuit (+0,6% l’an en juin après +2,6% en mai, 3,1% en avril et 3,7% en mars). Il résulte de la forte baisse des prix dans le secteur de l’énergie (-15% l’an). Hors énergie et produits frais, la hausse s’est également modérée : +2,2% l’an en juin après +2,9% en mai et en avril (+1,2% sur un an).

le net ralentissement de l’indice général des prix se poursuit

  * Par ailleurs, les prix à la consommation hors tabac pour les ménages urbains dont le chef de famille est ouvrier ou employé1 se sont accrus de moins de 2% entre novembre 2010 et juin 2011 (+1,96% en données brutes). Autrement dit, la revalorisation du SMIC anticipée n’aura pas lieu au 1er août, mais reste toujours probable.

1Indice qui sert de référence pour l’indexation du SMIC


Déficit commercial en mai 2011 : le creusement s'accentue

  * Le déficit commercial FAB-FAB s’est de nouveau creusé en mai 2011, passant de -7,1 milliards d’euros en avril à -7,4 milliards d’euros, du fait du tassement des exportations pour le deuxième mois consécutif alors que les importations ont continué de croître.

   En moyenne, sur les douze derniers mois, le déficit s’est élevé à -64 milliards d’euros en rythme annualisé, contre -46,5 milliards d’euros un an plus tôt, représentant une hausse de 38%.

   * En données CAF-FAB2 , le déficit moyen des douze derniers mois dépasse 80 milliards d’euros en rythme annualisé, contre 62 milliards d’euros un an plus tôt.

   Sur le plan sectoriel, cette dégradation de près de 19 milliards d’euros est imputable à hauteur de 14 milliards d’euros à la dégradation de la balance commerciale. Ces derniers chiffres confirment donc l’impact des échanges industriels sur l’évolution du total des échanges.

   Sur le plan géographique, la dégradation du solde commercial vis-à-vis des autres pays européens se confirme. En effet, en moyenne sur douze mois, le déficit de nos échanges avec l’Union Européenne s’est élevé à -34,3 milliards d’euros en rythme annualisé, contre -30 milliards d’euros concernant nos échanges avec l’Asie. Il est supérieur à ce dernier depuis 2008.

2Seule nomenclature dans laquelle sont détaillés les échanges par secteur et par zone géographique.


Politique monétaire de la BCE : remontée du taux directeur de 25 points de base le 7 juillet 2011

  La Banque Centrale Européenne a relevé le 7 juillet 2011, une nouvelle fois, son taux d’appels d’offre refi de 25 points de base, à 1,5% (hausse de la même ampleur que celle intervenue le 7 avril dernier). Cette décision appelle trois commentaires :

- elle répond à la volonté de la BCE de contrer les pressions inflationnistes au sein de la zone euro (hausse des prix de 2,7% sur un an en juin, soit supérieure à l’objectif de 2%) ;

- elle creuse l’écart avec le taux directeur américain qui reste inchangé à 0,125% depuis décembre 2008, la Fed donnant la priorité au soutien à l’activité économique plutôt qu’à la lutte contre l’inflation ;

- ce différentiel de taux peut constituer un facteur de raffermissement de l’euro par rapport au dollar.


Crise du surendettement en juillet 2011 : une Europe toujours sous tensions

  
  Après la Grèce et le Portugal, c’est désormais au tour de l’Italie d’être dans l’œil du cyclone.

Ce graphique appelle trois remarques :

- Sans atteindre les taux record de la Grèce, le rendement des obligations d’Etat à 10 ans s’est nettement tendu en Italie. Avec un endettement élevé et une situation politique incertaine, les perspectives économiques italiennes inquiètent les marchés, redoutant un effet « boule de neige » : le taux d’intérêt payé sur la dette est plus élevé que le taux de croissance nominale des ressources qui servent à la rembourser, c’est-à-dire du PIB, ce qui entraîne une hausse mécanique de la dette publique.

- A contrario, les taux allemands sont passés de 3,01% à 2,75% en dix jours et continuent de jouer un rôle de valeur refuge. L’écart avec les taux italiens s’est donc creusé atteignant 282 points de base le 14 juillet.

- L’écart se creuse également entre les taux français et les taux allemands. Ceci résulte non pas d’une hausse des taux français mais de la poursuite de la détente des taux allemands alors que les taux français se maintiennent depuis 15 jours, après avoir baissé entre début avril et fin juin. A 0,71 point, ce spread est plus élevé que le plus haut atteint pendant la crise (0,67 point en mars 2009).


Marché du travail américain en juin 2011 : l’emploi peine à redémarrer

  * Les créations de poste se sont élevées à 18 000 emplois salariés non agricoles en juin 2011, recouvrant des créations d’emploi dans le secteur privé (+57 000) et des suppressions de postes dans le secteur public (-39 000). Ce chiffre confirme le coup d’arrêt donné en mai à la reprise des créations d’emploi : +25 000 postes, après +160 000 postes par mois en moyenne depuis octobre 2010.

   * Ce mauvais chiffre confirme également le fait que le taux le taux de chômage américain se soit inscrit en hausse pour le troisième mois consécutif, atteignant 9,2% en juin 2011.

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