MEDEF Actu-Eco de la semaine du 1 avril 2011

Cinq points :

-    Comptes des administrations publiques en 2010 : déficit et dette un peu inférieurs aux prévisions
-    Défaillances d’entreprises en 2010 : baisse de 1,7% mais niveau encore supérieur de 20% à la moyenne d’avant crise 1990-2008
-    Consommation des ménages en février 2011 : +2,6% au cours des trois derniers mois connus sur un an
-    Constructions de logements en février 2011 : +53% sur un an au cours des trois derniers mois connus
-    Climat des affaires en Allemagne en mars 2011 : indices toujours à des niveaux historiquement hauts


(*) « Dans les comptes nationaux, les organismes divers d’administration centrale (ODAC) regroupent des organismes auxquels l’Etat a donné une compétence fonctionnelle spécialisée au niveau national. » INSEE  Exemples : Pôle emploi, Météo France, CNRS, etc.

* L’INSEE vient de publier une estimation provisoire 1 des comptes nationaux 2010 des administrations publiques à partir des comptes trimestriels. Ces chiffres appellent quatre remarques :

  • le déficit public est passé de 7,5% du PIB en 2009 à 7% en 2010 (contre une estimation de 7,7% dans le Projet de Loi de Finances (PLF) 2011), soit un déficit de 137 milliards d’euros ;
  • cette évolution moins défavorable que prévue tient à une stabilisation du poids des dépenses publiques dans le PIB (fin du plan de relance) et à des recettes publiques plus importantes (taux de prélèvements obligatoires de 42,2% contre 41,9% dans le PLF 2011).
  • la dette  publique a atteint un nouveau sommet de 81,7% du PIB , soit 1 591 milliards d’euros (estimation de 82,9% du PIB dans le PLF 2011). Ainsi, entre 2009 et 2010, la dette s’est alourdie de 99 milliards d’euros, dont 77 milliards d’euros imputables à l’Etat.

[1] Les données peuvent être modifiées à l’occasion de la publication, en mai 2011, des comptes annuels de la Nation 2010

* Au-delà de la seule évolution 2009-2010, ces chiffres mettent en évidence l’ampleur du choc de la récession, entre 2008 et 2010, sur les comptes publics :

  • doublement du déficit public, passant de 65 milliards d’euros à 137 milliards d’euros ;
  • alourdissement de la dette publique de 272 milliards d’euros, passant de 1 319 milliards d’euros à 1 591 milliards d’euros, soit une hausse de 20%.

* Le nombre de défaillances d’entreprises en France s’est réduit de -1,7% en 2010, mais demeure à un niveau (63 422) très supérieur à sa moyenne 1990-2008 (avant crise).

* Cette légère réduction en 2010 recouvre des réalités très hétérogènes selon la taille, le secteur et la région des entreprises défaillantes.

Quatre observations :

  • la quasi-totalité des défaillances sont celles des entreprises de moins de 20 salariés ;
  • près de la moitié des défaillances sont le fait d’entreprise des secteurs de la construction et du commerce ;
  • les baisses les plus sensibles sont enregistrées dans le secteur de l’industrie et dans celui de l’immobilier ;
  • la carte des défaillances se caractérisent par une nouvelle progression dans les régions du nord et dans la région Midi Pyrénées, par une quasi-stabilité dans les régions du centre de la France et du pourtour méditerranéen et par une baisse dans les régions de l’est et de l’ouest, ainsi qu’en Corse et en Ile-de-France.

Selon les derniers chiffres de l’INSEE, les achats des ménages en produits manufacturés se sont accrus de 0,9% en février 2011 (après -0,3% en janvier). Sur un an, ils ont augmenté de 5,5% (+4,8% hors automobiles et produits médicaux). Cet accroissement tient à celui des achats dans le secteur du textile-cuir (effet soldes) (+8,9% sur un an).

En moyenne mobile sur trois mois (décembre, janvier, février), les achats de produits manufacturés ont progressé de +2,6% sur un an, du fait notamment du dynamisme des dépenses dans le secteur automobile ainsi que dans les équipements du logement, en corrélation avec la reprise du marché immobilier.


Les mises en chantier se sont fortement accrues fin 2010-début 2011 de sorte que les trois derniers mois connus (décembre, janvier, février) se sont inscrits en hausse de +53% sur un an (476 000 en rythme annualisé). Cette augmentation résulte de l’effet combiné du dispositif Scellier, de l’essor du logement social et du prêt à taux zéro.


Le dernier indicateur IFO (mars 2011) fait état d’un repli des perspectives à six mois, après neuf mois consécutifs de hausse. Ce léger repli tient probablement à la date de réalisation de l’enquête, juste après les catastrophes survenues au Japon.
Malgré ce retournement ponctuel, le climat des affaires en Allemagne reste toujours très bien orienté. Cet optimisme est à mettre en liaison avec le dynamisme de la conjoncture mondiale, d’abord tirée par la demande des pays émergents.