Inclure la biodiversité dans les facteurs de décision économique

« Quand on réfléchit quelques instants, on se dit que la biodiversité ce n’est pas secondaire et que c’est peut-être au contraire la chose la plus importante. Parler de la biodiversité, c’est parler du vivant tout simplement. Et nous, chefs d’entreprise, nous, entreprises collectivement, nous devons nous poser des questions face aux risques, aux menaces de disparition, d’extinction d’espèces, que ce soit les plantes, les végétaux sous toutes leurs formes mais aussi peut-être premièrement les animaux. »

« Juste quelques chiffres pour qu’on les ait en tête. C’est bien de les rappeler pour se faire peur et donc pour se mobiliser. Les experts estiment que d’ici un siècle, il y a un risque que 12 % des oiseaux, 25 % des mammifères et 32 % des poissons puissent disparaitre. Dans ce cadre-là, vous savez qu’il y a eu en 2010, une conférence tout-à-fait importante des Etats à Nagoya. J’avais moi-même fait délivrer un message au nom des entreprises françaises au cours de cette conférence. La ministre Nathalie Kosciusko-Morizet est sur le point de lancer le 19 mai, une stratégie en faveur de la biodiversité. Nous voulons, nous, Medef, jouer un rôle important dans cette stratégie pour mobiliser les chefs d’entreprise, les décideurs d’une manière générale et pour apporter le plus possible notre contribution à tout ce qu’il convient de faire pour préserver l’écosystème, pour le restaurer là où il a été gravement endommagé, et pour, je pèse mes mots, inclure la biodiversité dans les facteurs de décision économique. Inclure la biodiversité dans les facteurs de décision économique. Souvenez-vous, j’ai placé mon premier mandat de présidente du Medef sous un slogan qui était « l’entreprise, c’est la vie ». Et dans ce deuxième mandat, nous avons une autre ligne directrice, qui est la compétitivité équitable. Quand on parle de compétitivité équitable, nous disons bien l’importance de l’éthique. Et je relierais l’éthique au vivant assez facilement, ce qui veut dire que nous devons avoir cette préoccupation à chaque instant, c’est probablement des changements lourds dans les processus de production, mais ce que je voudrais dire, c’est que beaucoup d’entreprises sont déjà très engagées dans ce domaine. Je pourrais citer des entreprises comme Lafarge, EDF, Vinci ou des entreprises plus spécialisées dans les questions environnementales, comme Séché Environnement, Suez bien sûr. Il faut simplement donner une ampleur encore plus grande et si possible exhaustive à ce mouvement et faire en sorte que des choses significatives puissent changer.